mardi 23 avril 2013

Thales investit 200 millions d'euros à Bordeaux - Par Les Echos - 22/04




L’équipementier aéronautique va regrouper ses deux principaux sites de la région bordelaise (Pessac et Le Haillan) au sein de l’Aéroparc de Mérignac. Objectif  : gagner en productivité et se rapprocher de ses principaux clients et sous-traitants. 



C'est la première grande décision industrielle de Jean-Bernard Levy à la tête de Thalès depuis le début de l'année et elle pèse 200 millions d'euros. C'est aussi le plus important pour le secteur dans une région qui emploie 40.000 personnes dans l'aéronautique et le spatial depuis l'inauguration de l'usine du fabricant de moteurs d'hélicoptères Turbomeca à Bordes à coté de Pau dans laquelle la filiale de Safran a investi plus de 100 millions d'euros en 2010. Considérable à l’échelle de l'industrie aéronautique en général, ce sera le plus gros investissement consenti en France par Thales pour les années à venir depuis son emménagement dans son nouveau siège de Gennevilliers en Ile de France  "C'est la plus grosse opération en France pour les trois ou quatre ans à venir", confirme aux "Echos" Jean-Bernard Levy.

Présent depuis une quarantaine d’années dans l’agglomération, le groupe aéronautique va en effet investir dans la construction d’un nouveau « campus » de 55.000 mètres carrés que rejoindront, d’ici à 2016 ou 2017, les salariés de l’entreprise aujourd’hui basés au Haillan et à Pessac.
Au Haillan, on trouve les spécialistes des interfaces hommes machine qui travaillent sur la conception et la fabrication des cockpits d’aéronef destinés à la fois au marché militaire (A400 M, Mirage, Rafale, Sukhoi) mais également civil (Airbus, ATR). Avec des concepts parfois futuristes à l’image d’Odicis un concept de cockpit mettant en œuvre un seul écran tactile reconfigurable à volonté par l’équipage. A Pessac en revanche, on se concentre sur le seul marché militaire, mais avec des spécialités très diverses comme les radars aéroportés, les calculateurs de missions et depuis quelques années sur les drones.
Toutefois, bien des projets sont menés en collaboration entre les deux sites et obligent à de « fréquents déplacements avec à la clé des pertes de temps », note un responsable de site. Si bien que le regroupement des activités sur l’un des deux sites était envisagé depuis des années et figurait sur le haut de la pile des dossiers que devait traiter Jean-Bernard Levy : « une fois prise la décision de rester à Bordeaux étant donné la proximité de nos grands clients, tous les scénarios ont été regardés. Celui de la modernisation a été écarté à cause des difficultés et de la moindre efficacité que nous aurions obtenue. »


Face à l’usine Dassault


Le choix s’est donc porté sur un terrain d’une quinzaine d’hectares situé sur la zone de l’Aéroparc en face de l’immense usine de Dassault mais aussi de certains sous-traitants. Alain Rousset, président du Conseil régional mais également ancien maire de Pessac, qui investit beaucoup dans le soutien à la filière aéronautique s’est félicité de cette décision et s’est immédiatement proposé pour établir un partenariat avec Thalès afin d’accompagner « un redéploiement industriel du site de Pessac [dont Thalès est propriétaire] pour favoriser l’accueil d’activités innovantes. »
Après la décision, en 2009, de Thalès de délocaliser en Asie la fabrication des systèmes de visualisation destinés au Airbus A320 et jusqu’alors fabriqués au Haillan et à Meudon, cet investissement confirme la monté en puissance de l’agglomération bordelaise pour les activités aéronautiques et spatiales. Il y a trois ans le gouvernement a décidé d’installer à Mérignac l’essentiel de la Simmad, autrement dit la Structure intégrée du maintien en condition opérationnelle des matériels aéronautiques du ministère de la Défense. Une structure de plus de 700 personnes qui gère un budget de 2 milliards d’euros. La Région ayant pour sa part racheté un ancien établissement de la DGA consacré à la formation aux métiers de la maintenance aéronautique, l’Aérocampus, avec lequel Thales manifeste sa volonté de collaborer.


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