mardi 21 mai 2013

Libre échange USA/UE : Paris veut exclure l'industrie de défense - Le Parisien (AFP)

20.05.2013 Le Parisien (AFP)

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a affirmé lundi au Parlement européen à Strasbourg l'opposition de Paris à l'inclusion du secteur de la défense dans les négociations de libre-échange entre l'Union européenne et les Etats-Unis.
"Nous ne sommes pas favorables à ce que l'industrie de la défense entre dans l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et les Etats-Unis", a déclaré M. Le Drian devant la sous-commission Défense du Parlement européen.
"D'abord parce qu'on crée un précédent difficilement gérable. La Commission (européenne) n'a jamais inclus le secteur de la défense dans le périmètre des négociations commerciales avec des pays tiers. Ce serait une première", a-t-il expliqué.
De plus, "les affaires commerciales sont suivies dans le cadre du Conseil (européen) du Commerce et échappent donc à la compétence des ministres de la Défense", a-t-il ajouté.
Enfin, l'inclusion dans les négociations d'un accord de libre-échange porterait "atteinte à l'acquis que constitue le +paquet défense+ de 2009, qui n'est pas encore solidifié", selon le ministre. Ce paquet est un ensemble de directives prises au niveau européen dont l'un des objectif est l'élimination des barrières à la libre circulation des équipements de défense dans l'espace de l'UE.
Courant juin, la Commission doit demander aux Etats-membres un mandat pour ouvrir les négociations . Mais la , appuyée par d'autres pays, menace de ne pas accorder de mandat si l'exception culturelle n'était pas respectée.
Devant les euro-députés, M. Le Drian a de nouveau justifié l'achat par la France de deux drones aux Etats-Unis, une décision qui fait polémique.
"Il fallait trouver une réponse immédiate" à la "nécessité" pour la France de posséder des drones d'observation, dont le manque "a été constaté" lors de la récente intervention au Mali, a-t-il expliqué.
Le ministre a souhaité que les pays et industriels européens se mobilisent pour "élaborer ce que pourra être demain le drone de nouvelle génération". "Il y a des industriels capables de le faire", a-t-il ajouté.
Le PDG de Dassault Aviation, Eric Trappier, a déploré lundi l'achat des drones américains, en affirmant que les industriels attendaient toujours le lancement d'un programme européen.

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