vendredi 3 mai 2013

Période cruciale pour le Rafale

Rafale © Dassault Aviation - A. Février.
Alors que le Livre Blanc de la Défense et de la Sécurité Nationale (LBDSN) vient d'être rendu public ce lundi 29 avril, le Rafale de Dassault Aviation entre dans une phase cruciale pour l'avenir du groupe. Le contrat indien s'avère désormais déterminant.
Explications.






225 avions de chasse. C'est l'objectif que fixe le nouveau Livre Blanc, armée de l'air et aéronavale comprises. Le précédent Livre Blanc de 2008 préconisait une flotte avoisinant les 300 avions. Les forces aériennes françaises vont donc payer le prix fort ces prochaines années. « C'est une cible qui permet de pouvoir toujours faire les missions demandées : dissuasion, protection du territoire français ou frappes en opérations », assure-t-on au ministère de la défense. 
Ce choix stratégique a une conséquence directe et c'est Dassault Aviation qui va devoir en supporter le choc. En effet, la défense n’ira donc probablement pas au bout de la cible de 286 Rafale, et pourrait se contenter des 180 appareils déjà commandés, le solde étant constitué de Mirage 2000 modernisés pour des missions qui ne nécessitent pas l'emploi de Rafale.

Le LBDSN dictant plus des objectifs qu'un véritable programme définitif, il faudra attendre la prochaine loi de programmation militaire pour en savoir plus. Celle ci devrait être présentée devant l'Assemblée Nationale au mieux à la rentrée.

L'avenir du Rafale se joue donc à l'export, et justement, le "contrat du siècle" avec l'Inde entre dans une phase cruciale !

De l’aveu d’Eric Trappier, le PDG de Dassault Aviation, les discussions sont récemment devenues plus lourdes entre Paris et New Delhi, s'agissant de l'implementation en Inde de l’assemblage du chasseur. 
Comme pour le Brésil, le contrat ne se concluera pas sans transferts de technologie... il s'agit désormais d'une clause éliminatoire pour qui veut signer des grands contrats industriels avec les puissances en devenir. Le groupe aéronautique public Hindustan Aeronautics Ltd exige l'assemblage sur le sol indien de 108 appareils sur les 126 prévus dans l'accord initial.

Les transferts de technologie réunissent donc les problématiques les plus délicates à l'heure actuelle, et avec eux, la question du partage des responsabilités concernant les Rafale assemblés par HAL. Dassault Aviation n’entend pas assumer la responsabilité de ces appareils, alors que l’indien exige pour sa part des garanties.
Toutefois, malgré ces difficultés, les négociations semblent avancer dans la bonne voie.

Cependant, une autre épine pourrait venir noircir l'horizon. En effet, la situation politique actuelle en Inde laisse à penser que des élections générales anticipées vont devoir être organisées, et ce dès la fin de l'année 2013.
En marge des festivités organisées par Dassault pour le cinquantenaire de sa famille de jets d'affaires Falcon, Eric Trappier l’a assuré, des élections générales anticipées ne changeraient pas la donne à ce stade des négociations. Côté indien, les médias et commentateurs ne cessent pourtant de rappeler que si elles sont avancées à novembre prochain au lieu du printemps 2014, les négociations avec Dassault pourraient être encore prolongées. Sans parler d'une remise en cause pure et simple de l'appel d'offres remporté par l'industriel français en cas de victoire d'une nouvelle majorité politique...




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