mercredi 8 mai 2013

Tir raté du missile M51: La "gueule de bois" d'Herakles

Missile  M51
« On a la gueule de bois. » C’est en ces termes qu’un salarié de la société girondine Herakles, en charge de la propulsion des missiles balistiques de la force de dissuasion, évoquait lundi l’échec intervenu la veille lors du tir du M51. 






Pour rappel, dimanche 5 mai, vers 9H30, le sous marin nucléaire lanceur d'engin (SNLE)  « Le Vigilant », outil suprême de la dissuasion nucléaire française, procédait dans la baie d’Audierne (Finistère) à un test de lancement du missile balistique de dernière génération M51.
Mais, après une minute de vol environ, « il s’est autodétruit dans la première phase de propulsion, pour une raison inconnue », selon le ministère de la Défense, qui évoque un « premier échec » du genre « depuis 1996.

L’incident a des répercussions dans l’agglomération bordelaise : en effet, l’établissement EADS Astrium de Saint-Médard-en-Jalles assure l’assemblage des étages des engins sur son site, puis sur celui de l’île Longue, près de Brest, où les missiles sont embarqués à bord des quatre sous-marins stratégiques de la force océanique. Herakles, qui emploie plus de 2 000 salariés, fabrique pour sa part les moteurs qui arrachent le missile du sol et le propulsent dans l’espace. Par ailleurs, c’est dans l’unité girondine du Commissariat à l’énergie atomique, au Barp, que sont conçues les têtes nucléaires de ces engins. Mais, à l’occasion du tir de dimanche, comme de tous les autres tests, le M51 qui s’est abîmé en mer n’en était pas pourvu.

Après cet incident très rare (seulement 3 échecs en 40 ans), la Marine nationale a immédiatement engagé des recherches dans la baie où gisent les débris du missile. Le capitaine de Corvette Lionel Delort a admis que "l'essai balistique était un échec et qu'une enquête allait être conduite" pour en déterminer les raisons. Les conclusions de cette enquête seront classées secret défense.
La DGA, la Marine et les industriels concernés vont dans un premier temps récupérer toutes les données de l'essai raté, puis les analyser.

Le M51 est un concentré de haute technologie. Ses tuyères doivent affronter de très hautes températures. Son propergol (carburant solide), hautement énergétique, doit être produit et coulé dans le missile d’une façon très homogène pour éviter les déséquilibres lors du lancement. Et l’électronique est d’une redoutable complexité. Autant dire qu’il y a de multiples causes possibles à l’accident...

En attendant, cet échec jette un voile sur la dissuasion nucléaire française, qui se de doit d'être infaillible. Rappelons de plus que le coût d'un missile M51 avoisine les 150 millions d'euros...



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