samedi 15 juin 2013

Soutenir la bonne santé des aéronefs de l’armée - Sud Ouest

Par Olivier delhoumeau
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Le général de corps aérien Michel Pinaud est le directeur central de la Simmad.

Le général de corps aérien Michel Pinaud est le directeur central de la Simmad. (Photo Thierry )


La Simmad finance le maintien en condition opérationnelle des avions et hélicoptères de l’armée française. Installée sur la BA 106, elle recevait hier ses fournisseurs.


Il y a un an, son déménagement de Brétigny-sur-Orge (Essonne) n’était pas passé inaperçu. En débarquant à Mérignac, la Simmad (Structure intégrée de maintien en condition opérationnelle des matériels aéronautiques du ministère de la Défense) avait conduit au transfert d’environ 850 emplois, dont l’essentiel sur la base aérienne 106.

Organisme interarmées, la Simmad veille à assurer la disponibilité de 1 320 aéronefs (avions et hélicoptères) de 46 types différents, appartenant aux trois armées, à la gendarmerie et à la Direction générale de l’armement (DGA).


1,8 milliard d’euros

Hier, elle organisait pour la première fois en Gironde une rencontre avec ses fournisseurs industriels, en présence des autorités civiles et militaires. L’occasion pour le général de corps aérien Michel Pinaud, directeur central de la Simmad, de dresser un premier bilan de l’année écoulée.

A priori, le déménagement de la Simmad n’a pas perturbé son fonctionnement. Il n’y a pas eu d’interruption de service. « L’optimisation de la disponibilité des matériels aéronautiques de la défense sur les théâtres d’opérations extérieures a été supérieure à 80 %. Ce résultat est meilleur que celui de nos partenaires européens », a-t-il expliqué devant plus 900 personnes. En métropole, la disponibilité a permis aux armées de réaliser 90 % de l’activité prévue dans le cadre de la préparation des forces.

Bien qu’évoluant dans un contexte financier contraint, la Simmad gère un budget annuel de 1,8 milliard d’euros. Quelque 500 millions sont alloués à l’industrie étatique via le Service industriel de l’aéronautique (SIAÉ), réparateur d’une grande partie des moteurs. Parallèlement, elle passe ou renouvelle près de 250 marchés publics par an et dispose d’un portefeuille de plus de 300 entreprises privées, dont plusieurs grands groupes. Ces contrats servent à l’achat de pièces de rechange et d’actes techniques.

Délai de paiement


« En Gironde, nous travaillons notamment avec Sabena Technics pour la maintenance, Dassault ou encore Thales dans le domaine des systèmes avioniques et de communication », explique le général de corps aérien.
L’implantation de la Simmad en Gironde a-t-elle accru l’activité du tissu économique local ? Les effets sont difficilement mesurables. « Une chose est sûre, le changement sera progressif car nos contrats sont conclus en général sur une période de 5 à 6 ans. » Et le responsable militaire d’ajouter : « Un contrat traduit toujours la rencontre d’une offre et d’un besoin. Les besoins de l’armée, on les connaît, l’offre industrielle, pas forcément dans le détail, d’où l’intérêt de cette proximité géographique avec les industriels. »

S’agissant du délai global de paiement, autre élément important, celui-ci reste stable à 62 jours depuis 2011. « Nos services financiers mettent en œuvre des processus pour limiter les impacts de ce délai sur la trésorerie des entreprises, en particulier celle des PME pour lesquelles ce délai est ramené à 42 jours. » De nouvelles actions seront bientôt mises en œuvre pour raccourcir encore ce temps d’attente, sachant que les PME ne profitent directement que de 30 millions sur les marchés publics passés.

La future loi de programmation militaire va-t-elle affaiblir la puissance financière de la Simmad ? « On sait selon le Livre blanc de la Défense que les ressources seront grosso modo constantes. Le problème, c’est que les aéronefs d’aujourd’hui (le Rafale, l’A 400 et l’hélicoptère NH 90) n’ont plus rien à voir avec ceux d’autrefois. Ils sont plus coûteux en termes de soutien. »

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