mardi 16 juillet 2013

Restructurations dans la défense : ce qui pourrait changer en Aquitaine

Le Livre Blanc paru en Avril et la toute prochaine Loi de Programmation Militaire 2014/2019 ont ouvert la voix à des ajustements dans les budgets des armées, qui se traduiront par des réductions d'effectifs et diverses restructurations.
Voici donc un avant goût de ce qui pourrait attendre la région Aquitaine...

La Patrouille de France lors du défilé du 14 juillet 2013


Les armées vont bientôt devoir organiser la disparition de 24 000 postes d'ici à 2019, une nouvelle cure d'amaigrissement prévue par le Livre Blanc de la Défense et de la Sécurité Nationale rendu public à la fin du mois d’avril. Ces suppressions de postes font suite aux 54 000 déjà programmées à partir de 2008 par le précédent Livre Blanc et la Révision générale des politiques publiques (RGPP).

La région avait été relativement épargnée par la précédente réforme de la carte militaire. Elle avait notamment perdu le 519e régiment du train de La Rochelle et le 503e régiment du train de Martignas-sur-Jalle. En revanche, la base aérienne de Mont-de-Marsan était montée un peu plus en puissance, le 13e régiment de dragons parachutistes, précédemment à Dieuze, était venu prendre la place laissée vacante par le 503e RT au camp de Souge, et la base 106 de Mérignac avait accueilli la SIMMAD ( Structure Intégrée de maintien en condition opérationnelle des matériels aéronautiques de la défense). Au final, le bilan s’était révélé plutôt positif.

Alors qu'en sera-il des conséquences pour les bases de la région cette fois-ci ? Seule certitude, les forces spéciales de l’armée de terre, qui sont toutes regroupées en Aquitaine, devraient sortir renforcées de la réforme (un article y sera d'ailleurs consacré prochainement sur le blog).

Pour les autres, des rumeurs commencent à circuler..

À Agen, notamment, les élus locaux se sont déjà emparés du sujet. Jean Dionis du Séjour, maire UDI de la ville, a appelé à une « mobilisation non partisane » pour empêcher un éventuel départ du 48e régiment de transmissions et de ses 1 100 hommes et femmes. Le régiment avait déjà été menacé lors de la précédente réforme. 

À Saintes, la disparition future de la base 722 (l'école d'enseignement technique de l'armée de l'air) est aussi à nouveau évoquée, au conditionnel, sans qu’aucune autorité ne puisse confirmer ou infirmer ces menaces.

Les informations les plus pertinentes à l'heure actuelle concernent la base de Cognac, qui devrait accueillir l’école de chasse et ses Alpha Jet, actuellement située à Tours. Cognac pourrait aussi héberger des avions de surveillance, et surtout, la future flotte de drones MALE, qui sera constituée d'une douzaine de MQ9 Reaper américains (le congrès US vient d'approuver le marché). En espérant que ceux-ci reçoivent les certifications pour voler dans l'espace aérien français, et ne connaissent donc pas les déboires de l'Eurohawk en Allemagne...


Un drone  MQ9 Reaper de Northrop Grumman bientôt utilisé par la France


La BA 118 de Mont-de-Marsan doit engager la rénovation de sa ligne de hangars, soit plus de 1.500 mètres de linéaire pour trois escadrons de chasse, là où il n'en restait plus qu'un seul en 2005.

Enfin, les avions des forces spéciales, indissociables des CPA (Commandos Parachutistes de l'Air), semblent se destiner à choisir entre la BA 106 de Mérignac (plate-forme civile ouverte 24 heures sur 24) et Cazaux, plus discrète... Cette dernière, qui accueille actuellement 6 hélicoptères EC725 Caracal, outil de prédilections des opérations spéciales, hébergera à terme 16 aéronefs du même type. 



Un Caracal déposant des éléments du 13e RPD


Bilan: 

Comme annoncé précédemment, la seule certitude à l'heure actuelle concerne les forces spéciales. Le Président de la République, comme le Ministre de la défense, ont annoncé tour à tour que le COS (Commandement des Opérations Spéciales) verrait ses moyens renforcés. L'opération SERVAL au Mali a d'ailleurs démontré son rôle déterminant dans les "conflits de basse intensité" ou "micro conflits" (j’hésite encore...) modernes.
En ce sens la région Aquitaine se trouvera nécessairement bénéficiaire de la réforme puisque qu'elle concentre en son sein toutes les ressources des forces spéciales terre, y compris les hélicoptères.

De plus, l'armée de l'air n'est pas en reste, Mont de Marsan va monter en puissance avec ses escadrons de Rafale, les moyens aériens des forces spéciales se destinent à la Gironde, et surtout, la future flotte de drones, si populaire dans les médias, a de fortes chances de rejoindre Cognac (si ce n'est pas l'Aquitaine, au moins le sud ouest !).

L'optimisme est donc de rigueur, mais il y a fort à parier que de mauvaises nouvelles puissent intervenir, notamment en ce qui concerne des unités plus traditionnelles, comme celles d'Agen.
L'imminente LPM 2014/2019 qui devrait être présentée à la rentrée nous donnera les enseignements définitifs.

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