vendredi 30 août 2013

Une brigade très spéciale - sudouest.fr


Le nouveau patron de la brigade des forces spéciales Terre de Pau lève un peu le voile sur cette unité discrète forte de 2 000 hommes.





Le général Pierre Liot de Nortbecourt, 50 ans, a pris les rênes de la brigade des forces spéciales Terre (BFST) de Pau le 1er août. « Une fierté », dit cet homme qui a exercé à la direction du renseignement militaire, au 13e régiment de dragons parachutistes et au cabinet du ministre de la Défense, sous Alain Richard et Michèle Alliot-Marie.


Le général Pierre Liot de Nortbecourt dirige la BFST de Pau depuis le 1er août. (photo luke laissac)




« Sud Ouest ». Le secret qui entoure les actions de la BFST rend cette unité assez mystérieuse. Qui la compose et de qui dépend-elle ?


Pierre Liot de Nortbecourt. Nos employeurs sont le Commandement des opérations spéciales et la Direction du renseignement militaire : ils décident et nous leur fournissons les moyens d’intervention. Pour cela, nous avons un état-major situé à Pau, qui fédère et organise l’ensemble ; une compagnie de commandement et de transmissions, également à Pau ; et une force de frappe composée de trois régiments : le 4e Régiment d’hélicoptères des forces spéciales à Pau, le 1er Régiment de parachutistes d’infanterie de marine à Bayonne et le 13e Régiment de dragons parachutistes à Souge (33). Le premier est adossé au 5e RHC, avec qui nous mutualisons la maintenance des appareils. Nos procédures sont en revanche spécifiques, comme la formation de nos pilotes qui ne s’entraînent qu’avec des commandos des forces spéciales. Au total, le 4e RHFS, ce sont environ 400 hommes. Le 1er RPIMa, lui, est composé de 800 personnes et intervient sur des actions choc, comme la libération d’otages. Enfin, le 13e RDP (800 personnes), a pour vocation le renseignement. Par exemple, il peut envoyer une équipe de trois personnes dans une grande capitale où la situation est incertaine.

Vous faites donc de l’espionnage ?

Oui, mais c’est un espionnage à fin d’action. C’est pourquoi, même si elles sont soumises au secret défense, certaines de nos interventions sont révélées, et même revendiquées, par le politique.

Il arrive aussi que l’on apprenne votre présence par la mort de soldat, comme au Mali où deux hommes de la BFST ont été tués (1). Comment gérez-vous ces drames ?

On agit comme une famille, en soutenant les proches moralement et financièrement. Il existe des cellules d’aide aux familles et d’importantes amicales qui les suivent et interviennent en cas de difficulté. Quant à nous, nous sommes préparés à ce risque.

Un Caracal du COS - Photo Armée de Terre

Où sont vos unités en ce moment ?

Pour des raisons de sécurité, je peux simplement dire que nous sommes présents dans une dizaine de pays. Environ 500 personnes sont sur le terrain. Nous sommes partout où il y a une opération un peu pointue, partout où il y a des otages et partout où il y a un ennemi non conventionnel. Nous avons également des détachements prépositionnés en Afrique.

Vous préparez-vous à une intervention en Syrie, à moins que vous n’y soyez déjà ?

Vous avez entendu comme moi la radio ce matin (2) : il n’y a pas de forces spéciales françaises en Syrie. Bien entendu, nous suivons avec attention l’évolution de la situation et sommes en contact constant avec notre commandement.

23 500 postes seront supprimés dans l’armée selon le projet de loi de programmation militaire 2014-2019. Les forces spéciales, elles, ont des chances d’être bien loties avec 1 000 personnels supplémentaires. Vous savez déjà combien arriveront à la BFST ?

Non, car la loi est encore en préparation. Quoi qu’il en soit, on ne va pas crier « Cocorico ! », car l’ensemble des armées est soumis à une cure d’amaigrissement liée au contexte budgétaire difficile. D’ailleurs, si les forces spéciales sont finalement dotées de 1 000 personnels supplémentaires, je ne suis pas certain qu’ils viendront de créations de postes.

Il est question de regrouper tous les Caracal sur un seul site : Pau et Cazaux sont en concurrence. Si la base aérienne girondine l’emporte, cela signifierait la perte de huit appareils et d’hommes pour le 4e RHFS. Où en est-on ?

La question n’est pas tranchée. Pau a de solides arguments. C’est la plus grosse plateforme d’hélicoptères d’Europe. L’université d’été de la Défense, organisée ici début septembre, en présence du ministre, sera l’occasion de les rappeler. Je me suis d’ailleurs entretenu de ce sujet avec la députée-maire de Pau, qui suit de près ce dossier.


(1) Le lieutenant Damien Boiteux, du 4e RHFS, et le sergent Stéphane Duval, du 1er RPIMa. (2) Cette interview a été réalisée lundi 26 août

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