mardi 24 septembre 2013

Dassault Aviation : le contrat de modernisation des Atlantique 2 bientôt notifié - LaTribune.fr


La direction générale de l'armement devrait notifier à Dassault aviation et Thales un contrat pour moderniser la flotte d'Atlantique 2 de la Marine nationale. / MARINE NATIONALE Jacques Tonard
Michel Cabirol | 23/09/2013
Le contrat portant sur la modernisation de quinze Atlantique 2 doit être notifié de façon imminente par la direction générale de l'armement à Dassault Aviation et Thales. Il est évalué à près de 400 millions d'euros. Le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian pourrait l'annoncer dans les prochains jours.

C'est une bonne nouvelle pour la marine et… pour les industriels (Dassault Aviation et Thales), qui vont enfin signer le contrat très attendu portant sur la modernisation de quinze avions de patrouille maritime Atlantique 2 (ATL 2) sur les 27 exemplaires livrés entre 1989 et 1997. Une opération qui permettra de maintenir cette capacité dans la marine jusqu'à 2032… faute de pouvoir acquérir actuellement un autre avion "sur étagère" plus performant. La cible de 15 avions rénovée sera atteinte post 2019 alors que la marine souhaitait en moderniser 22 exemplaires. Au total, le contrat est évalué à près de 400 millions d'euros à partager à trois : Dassault Aviation, Thales et le service industriel de l'aéronautique (SIAé).
Les Atlantique 2 appuient entre autre discrètement la force océanique stratégique française (dissuasion). Selon des sources concordantes, la direction générale de l'armement (DGA) doit rapidement notifier - vraisemblablement dans la première quinzaine du mois d'octobre - le contrat à Dassault Aviation (autour de 200 millions d'euros), le concepteur de l'avion et responsable de sa navigabilité, et Thales (130 millions) comme principal équipementier ainsi que DCNS, en tant que sous-traitant de l'avionneur, et le SIAé. Le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian pourrait l'annoncer dans les prochains jours. 
Fourchette financière basse retenue
C'est donc la fourchette basse de l'évaluation de la modernisation, qui a été retenue par la DGA. Cette dernière avait estimé cette première phase entre 330 et 700 millions d'euros. La seconde reste encore à déterminer et devra  être engagée à partir de 2016. « Une rénovation de l'ATL 2 était aujourd'hui indispensable, mais présente des difficultés, notamment dans la définition des travaux souhaitables au vu des ressources financières disponibles », expliquait récemment un rapport du ministère de la Défense.
La modernisation concerne le traitement des obsolescences et la mise en place d'un nouveau système de mission et de nouveaux équipements. Ce qui permettra à ces appareils de s'adapter à l'évolution de la menace avec la prolifération de sous-marins classiques performants et discrets, mis en opération dans les pays émergents, notamment.
Un programme à 12 milliards d'euros sur 40 ans
Le retrait du service de l'ATL 2 est prévu à partir de 2032 après plus de 40 ans d'activité au cours desquels les cellules et les moteurs auront été constamment maintenus, tandis que le système de combat faisait l'objet de nombreuses modifications. Le coût annuel du maintien en condition opérationnelle (MCO) de ces appareils est estimé à près de 140 millions d'euros et le coût d'utilisation à près de 30 millions d'euros. 
Ainsi, pour les quarante ans de vie de ces avions, dont la fabrication a débuté à Toulouse (usine Bréguet), le coût global de possession serait de l'ordre de 12 milliards d'euros (5,6 milliards pour l'acquisition : 5,6 milliards et 6,4 milliards pour l'utilisation). Soit plus de 50 % consacrés à l'entretien, au fonctionnement et au soutien. « Celui-ci est particulièrement élevé, car pour préserver le capital opérationnel irremplaçable représenté par ces avions, de multiples ajouts d'équipements ou améliorations ont été nécessaires », ont expliqué les auteurs de ce rapport.
Un coût unitaire en hausse de 35 %
Par rapport aux évaluations initiales, le coût unitaire moyen d'un appareil a augmenté de près de 35 %, pour des causes techniques ou technico-opérationnelles et industrielles, souligne le rapport du ministère de la Défense. Le développement (930 millions d'euros), sous-estimé au lancement de l'opération - la définition très rapide avait ensuite nécessité de revenir sur certains choix initiaux  - a grimpé de 55 %, tandis que la production a diminué de près de 20 %, notamment du fait de la réduction de la cible d'appareils.
Il faut également ajouter l'ensemble des opérations complémentaires, qui ont, entre autres, permis l'installation de la liaison 11, une liaison de données tactiques autorisant des échanges automatiques de données entre des unités de surface, aériennes ou sous marine (norme Otan) et, enfin, l'adaptation de la torpille MU 90. Leur développement et leur production ont coûté 380 millions d'euros.
A quoi sert l'ATL 2 ?
L'ATL2 assure son activité principale de combat au profit de la force océanique stratégique (FOS). Ils sont prioritairement destinés à la lutte contre les sous-marins et les navires de surface. Ils servent également pour des missions de surveillance des côtes pour lutter contre les narco-trafiquants, la pêche illicite, les navires pratiquant le déballastage. Faute de pouvoir utiliser des drones de surveillance au Sahel, les Atlantique 2 ont également été déployés pour localiser les otages. Facilement déployables hors du territoire métropolitain, ces appareils disposent d'une grande autonomie de vol à basse altitude et nécessitent une grande cohésion de l'équipage, qui exige une formation et une régénération permanente.
C'est un programme ancien, étudié à partir de 1977 et dont l'entrée en service opérationnel a eu lieu en 1991. Il a connu des réductions de cibles successives, passant de 42 à 28, puis 22 appareils. Sa clôture a été prononcée en janvier 1998, soit plus de vingt ans après la phase de définition. La dernière modernisation est prévue à l'horizon 2016.

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