jeudi 10 octobre 2013

Review (suite): Exercice CJPRSC à Cazaux (RESCO) - Sud Ouest

Le sauvetage des équipages perdus


La base girondine de l’armée de l’air accueille des aviateurs de 12 pays pour une série d’exercices de sauvetage parmi les plus complexes.

L’hélicoptère Caracal, spécialisé dans le sauvetage, largue ses commandos sur le terrain. Cible des tirs ennemis, il bénéficie d’une protection large et rapprochée.

L’hélicoptère Caracal, spécialisé dans le sauvetage, largue ses commandos sur le terrain. Cible des tirs ennemis, il bénéficie d’une protection large et rapprochée. (photos Laurent Theillet/« so »)


Ils sont six soldats tombés dans une embuscade et sur des mines derrière les lignes ennemies. L’un est mort, deux sont blessés dont un grièvement, les trois autres sont indemnes. Pour les récupérer, une opération d’envergure s’organise. Des commandos embarquent à bord de deux hélicoptères Caracal. Objectif : larguer les sauveteurs sur la clairière où les hommes en danger attendent leur exfiltration et hélitreuiller le groupe le plus vite possible à la barbe de l’ennemi pour regagner la base.
Sur le papier, le but est simple « En réalité, c’est une des opérations les plus difficiles à monter car elle implique une chaîne complexe et doit s’adapter en temps réel aux renseignements recueillis sur le terrain et triés par la cellule de planification », témoigne Philippe Brochu. En combinaison de vol, au milieu de la ruche où se prépare la mission, le pilote de l’escadron « 01/67 Pyrénées » - spécialisé dans la recherche et le sauvetage au combat - passe en revue tous les éléments techniques.

Nous sommes à la BA 120 de Cazaux. Sur le tarmac, des hélicoptères Apache néerlandais sont prêts à décoller. Ces mitrailleuses volantes auront la charge de la protection rapprochée des Caracal. Au-dessus d’eux, des chasseurs italiens vont tâcher d’assurer la maîtrise du ciel, et toutes les transmissions vont être coordonnées en haute altitude par un avion Awacs de l’Otan.

« La coordination doit être très élevée car, si le plan n’est pas bon, la mission peut vite tourner à la catastrophe », explique Aaron Croft dans un français fluide. Jeune mais expérimenté, issu du 41e escadron « rescue » de l’US Air Force, ce commandant américain, intégré dans l’escadron français, joue les moniteurs et s’assure du respect scrupuleux des procédures par les aviateurs de 12 armées différentes et qui communiquent en « anglais de l’Otan ». Car, à l’heure fatidique, chaque détail comptera. « Cette mission en terrain découvert est difficile, avec des menaces à neutraliser, comme des missiles à courte portée équipés de détecteurs infrarouges », souligne Aaron Croft.

La croix en Afghanistan

Au pied du Caracal, les pilotes français n’ignorent rien des difficultés qui les attendent : « Il faut du sang-froid et la parfaite connaissance des procédures car on gère un environnement très dense avec prise de décision instantanée », dit le jeune capitaine Mickaël Martin en détaillant ce qui fait du Caracal, mis en service en 2006, avec ses deux pilotes, ses deux mécanos navigants et son plongeur-sauveteur-mitrailleur, l’outil idéal pour ces missions un peu kamikazes : « Fenêtres et sièges blindés, réservoir auto-obturant, autonomie de 3 h 30 et ravitaillement en vol, armé de mitrailleuses et de deux treuils pour le largage et la récupération des hommes. »

Les commandos du CPA-30 ont déjà chargé leur équipement - valises de transmissions, gilets pare-balles, armement léger, lunettes de vision nocturne, etc. - prêts à s’engager à fond dans un exercice qui pourrait vite devenir réel en cas de conflit. « Chacun de nous sait ce qu’il doit faire au détail près, car de la précision de la préparation dépend notre capacité à s’adapter sur le terrain », souligne un de ces soldats d’élite, un œil sur la corde lisse qui leur permettra tout à l’heure de prendre pied en terrain hostile.

En Afghanistan, l’escadron Pyrénées a déjà montré de quoi il est capable, décrochant deux citations et la croix de la valeur militaire, notamment pour l’évacuation des blessés après l’embuscade de la vallée de l’Uzbin en août 2008. Les sauveteurs de l’air étaient présents en Libye, au Mali et, demain, ils seront de toutes les opérations, franco-françaises ou alliées, où il faudra extraire à tout prix des soldats ou des civils des griffes de l’ennemi…

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