samedi 23 novembre 2013

Rencontres "Défense et Territoires" de Mérignac : Un optimisme tempéré - Sud Ouest

[ Vendredi 22 novembre, avait lieu pour la première fois les "Rencontres européennes Défense et Territoires de Mérignac, sur le thème « L’industrie de défense et de haute technologie : innovation et développement régional ».
Ce colloque a été l'occasion de présenter les enjeux d'un pôle de compétitivité régional dans le domaine de l'aéronautique, de l'espace et de la défense, et ce, un mois avant le Conseil européen de décembre 2013 consacré à la défense. 
Vous pouvez toujours consulter pour information le programme et la liste (impressionnante) des intervenants, sur le site internet de l'IRIS, qui organisait ce colloque.
N'ayant malheureusement pas pu m'y rendre moi même, voici un compte rendu paru dans la presse.. ]


De gauche à droite : Philippe Coq, Pierre-Eric Pommellet, Jean-Paul Herteman, le modérateur Alain Ruello, Éric Trappier et Pierre Dagois (2 MORO).

De gauche à droite : Philippe Coq, Pierre-Eric Pommellet, Jean-Paul Herteman, le modérateur Alain Ruello, Éric Trappier et Pierre Dagois (2 MORO). (photo Stéphane Lartigue )


Le colloque sur la défense a mis en évidence les atouts du territoire mais a révélé les incertitudes sur l’actionnariat de Sabena technics.

BERNARD BROUSTET
b.broustet@sudouest.fr

Le tissu aéronautique et spatial de Mérignac et de l’agglomération est très solide. Mais une trop forte baisse des budgets militaires lui nuirait. Et des questions se font jour sur l’avenir de l’actionnariat de Sabena Technics (maintenance, aménagement d’avions), qui est une des pièces maîtresses de cette industrie dans le territoire. Ainsi pourrait-on résumer la table ronde finale du colloque sur « L’industrie de défense et de haute technologie » organisé hier par l’Institut de recherche internationale et stratégique (Iris) avec le concours notamment de la ville de Mérignac et des principaux groupes du secteur présents sur le territoire girondin.

Les dits groupes étaient bien représentés : Jean-Paul Herteman et Éric Trappier, respectivement PDG de Safran (Herakles, Snecma...) et de Dassault Aviation étaient là, ainsi que Pierre-Eric Pommellet, patron de la division Systèmes de défense chez Thales, et Philippe Coq, directeur adjoint des affaires publiques chez EADS. Tous ces intervenants se sont montrés optimistes quant à l’ancrage territorial de leur groupe en France et dans la région. « Un arbre qui est coupé de ses racines ne porte pas de fruits », a ainsi souligné Jean-Paul Herteman. Il est vrai que Safran qui, à travers ses filiales, exporte l’immense majorité de sa production, emploie plus de 60 % de ses 66 000 salariés en France, dont 6 000 en Aquitaine. Il est vrai aussi que Thales se prépare à investir 200 millions à Mérignac pour construire une nouvelle usine.

Tous les grands groupes participants hier à ce débat de clôture travaillent à la fois pour le civil et le militaire, à commencer par EADS, dont le représentant Philippe Coq est au demeurant resté discret, pour des raisons juridiquement compréhensibles, sur la restructuration qui est annoncée dans les branches défense-espace du géant européen (notre édition d’hier).

Mais, compte tenu du caractère dual de leurs activités, tous, à commencer par le PDG de Dassault Aviation, ont plaidé pour que les budgets et les programmes militaires ne soient pas trop rabotés. Et, si le marché du Rafale indien, principal enjeu à venir dans l’immédiat pour Dassault ne dépend pas de Paris ni de l’Europe, Éric Trappier a rappelé qu’il n’en allait pas de même pour les drones.

Le devenir de Sabena

Dans cette ambiance, plutôt consensuelle et optimiste, l’intervention d’Alain Bortolussi (1), secrétaire (CFE/CGC) du comité de groupe européen de Sabena Technics (ex-Sogerma services) est venue jeter un certain froid. L’intéressé s’est en effet interrogé sur l’avenir de l’actionnariat de son entreprise, aujourd’hui contrôlée par Rodolphe Marchais. Sabena Technics avait en 2006 repris le site de Mérignac, avec l’aide puissante de son ex-propriétaire EADS ; il avait d’abord décidé de le fermer, puis s’était ravisé sous la pression des pouvoirs publics. Alain Bortolussi a affirmé que les aides d’EADS alors accordées ont été consommées. Et il a demandé à Philippe Coq s’il n’était pas envisageable qu’EADS ou Airbus le reprenne. Décidément condamné à la prudence, le représentant d’EADS a déclaré qu’à sa connaissance, le site n’était pas à vendre, ce qui n’a pas forcément convaincu son interlocuteur.


(1) Alain Bortolussi était déjà intervenu dans la matinée pour que le marché de la maintenance des avions C 130, aujourd’hui confié au portugais OGMA, revienne à Mérignac.


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