samedi 14 décembre 2013

Astrium réduit ses effectifs - Sud Ouest

La filiale d’EADS supprimera 1 070 postes en France d’ici à 2017. Les unités de Saint-Médard-en-Jalles et de Toulouse seront touchées.


Sur le site de Toulouse spécialisé dans les satellites de télécommunications.


Sur le site de Toulouse spécialisé dans les satellites de télécommunications. (photo archives afp )



JEAN-BERNARD GILLES

Le chiffre a été annoncé hier en comité central d’entreprise d’Astrium, leader de l’industrie spatiale européenne. Entre 2014 et 2017, cette filiale d’EADS spécialisée dans les satellites, les lanceurs d’engins et les missiles supprimera 1 070 postes de travail, sur un effectif total de quelque 6 300 salariés, soit quelque 15 % de ses effectifs en France.

D’ores et déjà, le siège d’Astrium à Suresnes sera fermé à la fin de l’année, et ses 80 salariés transférés sur les sites des Mureaux et d’Élancourt. Il est encore trop tôt pour savoir quels autres sites français d’Astrium seront concernés par ces réductions d’effectifs. Aucune information n’a filtré à ce sujet lors de la réunion direction-syndicats d’hier. Mais, du côté des représentants du personnel, on ne se fait guère d’illusions : « Il y a fort à parier que toutes les usines françaises de l’entreprise paieront socialement leur contribution à ce plan. »

Tous les sites affectés

Dans le Sud-Ouest, les deux principaux établissements d’Astrium sont celui de Toulouse (3 000 salariés), spécialisé dans les satellites de télécommunications, et celui de Saint-Médard-en-Jalles (1 350 salariés en Gironde), qui fabrique les missiles de la force de frappe française (M 51) et travaille pour les programmes Ariane. Ils seront très probablement affectés par les décisions présentées hier.

C’est au mois de janvier, à l’occasion d’un nouveau comité central d’entreprise, que la direction d’Astrium, qui représente, avec un peu moins de 6 milliards d’euros, environ 10 % du chiffre d’affaires total d’EADS, précisera ses intentions. « Nous ne comprenons pas ces décisions compte tenu de la bonne tenue de nos plans de charge à moyen terme », indique Thierry Préfol, du syndicat CFE-CGC, majoritaire dans l’entreprise. « Les salariés d’Astrium sont d’autant plus amers que la rentabilité de leur entreprise est supérieure à celle d’Airbus, épargné par ce plan », poursuit-il.

Ces suppressions de postes font partie du vaste plan de réorganisation de la branche spatiale et militaire présenté en début de semaine par Tom Enders.

Baisse des crédits militaires

Le PDG d’EADS a en effet annoncé 5 800 suppressions de postes dans la branche militaire et spatiale du géant européen. Les budgets militaires sont en décroissance, ceux du spatial plutôt stables et de plus en plus concurrencés. Les revenus d’Eurocopter pourraient baisser d’ici à 2020 d’environ 1 milliard d’euros. 

L’avion de combat européen Eurofighter, concurrent du Rafale de Dassault, n’a toujours pas convaincu à l’export. « Nous avons un problème de coût », a indiqué le patron de la stratégie du groupe. Le PDG allemand d’EADS impose un traitement de choc pour restaurer la productivité du groupe. Les fonctions supports (direction, finances, ressources humaines…) sont particulièrement visées par ce plan. Mais tous les sites y contribueront.

Tom Enders a annoncé son intention de négocier avec les syndicats des accords de compétitivité, sur le modèle de celui engagé par Renault en France. Des accords de modération salariale seraient de nature à limiter le nombre de licenciements secs. Des reclassements seront aussi proposés à l’intérieur du groupe, notamment chez Airbus, dont les carnets de commandes sont au plus haut. Au lendemain de l’annonce de ce plan d’envergure, le titre EADS a clôturé en hausse de 7,5 %.


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