lundi 13 janvier 2014

Jean-Yves Le Drian éclaircit l'avenir du Rafale pour Dassault Aviation et ses sous-traitants - L'Usine Nouvelle

Rafale - Merignac

© D.R. - Dassault Aviation


  Contrat de modernisation pour plus d'un milliard d'euros, confirmation d'une cinquième tranche de commande nationale, lancement d'un programme de démonstration pour un successeur du Rafale... Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, a donné à Dassault Aviation et ses partenaires des garanties pour l'avenir de l'avion de combat français.

Elles sont loin les paroles menaçantes de Gérard Longuet de 2011, alors ministre de la Défense, évoquant un possible arrêt de la fabrication du Rafale après les échecs à répétition pour le vendre à l'étranger. Désormais, l'avenir de l'avion de combat français semble éclairci pour de nombreuses années. Le 10 janvier dernier à Mérignac (Gironde), dans le hall d’assemblage des avions de combat de l'usine de Dassault Aviation, l’actuel ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a rappelé l’importance de ce secteur stratégique : "La France attache une importance stratégique au secteur industriel de l’aviation de combat. Le niveau d’excellence qui est aujourd’hui le nôtre est le fruit d’efforts continus. C’est celui des programmes successifs dont le programme Rafale. Cet effort nous devons le préserver et le renforcer".
ACTIVITÉ JUSQU'À 2018
Pour faire bonne mesure, le ministre n’est pas venu les mains vides en Aquitaine. Il a remis le contrat de modernisation du Rafale pour 1,1 milliard d’euros (études et travaux déjà engagés inclus) à Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation devant les principaux acteurs de la filière Rafale : les compagnons de la ligne d’assemblage mais également les sous-traitants, les partenaires industriels majeurs (le motoriste Snecma, l'électronicien Thales) ainsi que le délégué général de l'armement et le chef d’état-major de l’armée de l’air.
De quoi mettre du baume au coeur à une communauté Rafale inquiète. Soutenu uniquement par les commandes de l'armée française, l'avion est produit à sa cadence minimale, soit un appareil par mois. D'ailleurs, un signe ne trompait pas lors cette cérémonie: la chaîne d'assemblage était à moitié vide. Forcément, cette décision de moderniser l'appareil redonne le sourire. "Ce contrat va générer de l’activité au niveau de nos bureaux d’études pour plus d’un millier de nos salariés", s'est réjoui Pierre-Eric Pommellet, le directeur général adjoint de Thales qui va fournir le nouveau système de désignation laser de l'appareil. Au global, la mise à niveau du Rafale devrait assurer une charge de travail significative aux différents bureaux d'études de Dassault Aviation et de ses partenaires jusqu'en 2018.
UN SUCCESSEUR AU RAFALE EN 2030
Jean-Yves le Drian a tenu également à apporter des garanties pour la supply chain du Rafale. La seule production de l'appareil mobilise 7000 personnes, de 500 entreprises, dont certaines fragilisées par le faible niveau des cadences. Parmi elles, le sous-traitant Fresson, une PME basée dans la commune voisine de Pessac qui fournit des ferrures pour l'avion de combat. "Aujourd'hui, la cadence de production pour notre activité Rafale est dangereusement faible. En dessous, on risque de perdre nos compétences", explique son PDG Julien Dubeq. Ainsi, au-delà du contrat indien pour 126 appareils pour lequel le ministre a indiqué qu'une conclusion en 2014 était "tout à fait réaliste", Jean-Yves Le Drian a précisé que la France continuerait à commander des Rafale. "L'avenir de la production nationale est assuré", a-t-il précisé à Mérignac. Non seulement la quatrième tranche de commande nationale sera atteinte mais il y aura en outre une cinquième tranche.
Cerise sur le gâteau, il a même évoqué l'après Rafale ! Son successeur devrait entrer en service à l’horizon 2030 et serait le fruit d'une coopération avec les Britanniques. Le lancement d'un programme de démonstration pourrait avoir lieu dès cette année. "Ce programme débouchera au début de la décennie 2020, sur le développement du futur système opérationnel qui entrera en service vers 2030", a précisé le ministre.
Pour Dassault Aviation et la filière Rafale, Noël est tombé un 10 janvier.
A Mérignac, Hassan Meddah


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