mercredi 29 janvier 2014

La filière aéronautique attend des explications - Sud Ouest

La suppression de 213 emplois chez Astrium inquiète les élus concernés. La « vigilance » est de mise avant le comité d’entreprise prévu demain.

La filière aéronautique attend des explications
L’usine Astrium est désormais intégrée dans la branche Airbus Défense et Espace.
© PHOTO 
ARCH.

Par Michel Monteil (m.monteil@sudouest.fr) 

Demain se tiendra aux Mureaux, en région parisienne, le comité central d'entreprise (CCE) d'Airbus Defense and Space, l'ex-Astrium. On en saura alors davantage sur les répercussions des décisions présentées lundi par Airbus Group sur le site de Saint-Médard-en-Jalles. Ce CCE devrait notamment préciser la forme que prendra la suppression de 213 emplois dans la filiale girondine.

Même si les mesures annoncées ne font que confirmer la tendance affichée en décembre par le groupe aéronautique, elles suscitent des interrogations. Serge Lamaison, maire de Saint-Médard-en-Jalles, s'interroge par exemple sur « la stratégie de l'entreprise » qui a atteint « une complexité sans pareil ».

Le bond des actions

Moins diplomatiquement, des élus et des syndicalistes pointent du doigt la nouvelle architecture du groupe européen Airbus, qui a promis de reverser 30 à 40 % des bénéfices aux actionnaires sous forme de dividendes. Le cours de l'action, qui était à 12 euros en 2009, est passé à 35 euros début 2013 et s'affichait hier à plus de 55 euros. Des analystes le voient à plus de 60 euros d'ici quelques mois.

Le poids des marchés ? « Je pense qu'il y a un peu de ça », lâche Serge Lamaison. Un fleuron de l'industrie qui n'a « pour seul déterminant que le profit », enchaîne Gérard Chausset (EELV). Sous certains aspects, « on a l'impression qu'Airbus est dans une logique de court terme », note Marie Récalde, députée PS de la Gironde, en notant que la recherche et le développement dans le secteur de la défense « ont besoin de temps long ». Sur ce point, elle rappelle que la loi de programmation militaire « a donné des garanties » à Astrium, notamment sur le missile M 51.

L'élue, qui avait récemment reçu les syndicats, dit partager leur crainte d'une perte de compétences à terme dans l'agglomération bordelaise. Pour Gérard Chausset, président du groupe EELV à la CUB, cette annonce « met en évidence la trop forte dépendance de nos emplois bordelais vis-à-vis du système militaro-industriel lié à l'espace, à l'aéronautique civile et militaire ». Pour lui, c'est l'occasion d'envisager une reconversion vers des industries de transition écologique et les énergies renouvelables.

Limiter la casse

La suggestion est transmise à Arnaud Montebourg. Le ministre du Redressement productif et son collège de la Défense « sont mobilisés » sur le dossier Airbus, assure Marie Récalde, en rappelant que l'État est toujours actionnaire du groupe Airbus.

En attente du CCE de jeudi, les élus des communes concernées misent d'abord sur la « vigilance ». Contrairement à ce que redoute la CFE-CGC, il n'y aurait pas de licenciement à Saint-Médard-en-Jalles. « J'attends plutôt sereinement », poursuit Serge Lamaison, qui mise sur une casse sociale limitée sur sa commune où, compte tenu de ses secteurs de compétences, « Astrium reste dans une perspective d'évolution favorable ».

612
C'est le nombre d'entreprises travaillant directement et indirectement pour la filière aéronautique et spatiale en Aquitaine.

6 %
C'est le taux de progression de l'emploi dans la filière et dans le Grand Sud-Ouest en 2012. En 2013, le secteur a accru ses effectifs de 6 000 salariés pour un total de 32 433 en Aquitaine.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire