mercredi 12 février 2014

Ariane 6 avance... malgré les doutes

L'arrivée des satellites à propulsion électrique bouscule les projets de l'Europe pour sa fusée Ariane, leader mondial, et pourrait repousser à 2025 l'avènement d'un nouveau lanceur Ariane 6, au vu des positions des principaux acteurs.
Lancement d'une fusée Ariane 5 depuis Kourou en Guyane le 7 février 2014

Ariane 6 est en bonne voie ! Le futur lanceur européen est au cœur d'un nouveau contrat d'une valeur de 60 millions d'euros entre L'ESA, l'Agence Spatiale Européenne, et Airbus Defence & Space (ex Astrium). L'annonce a été faite aujourd'hui par le groupe Airbus (ex EADS).
"Ces études doivent permettre de préciser l'architecture détaillée retenue et de consolider les principales caractéristiques de ce lanceur" précise le communiqué officiel.

Deux lanceurs en développement

Il s'agit là du 3ème contrat concernant le lanceur Ariane 6. En effet, l'ESA avait déjà confié deux missions à Astrium, s'agissant de lancer les études préliminaires.

Des concepts du lanceur Ariane 6. Crédits ESA.


Il existe en réalité deux projets. Le futur lanceur, Ariane 6 donc, mais aussi un lanceur "hybride" censé faire le lien et compléter ce dernier. Il s'agit de Ariane 5 ME (pour Midlife Evolution). Ariance 5 ME doit augmenter les performance de l'actuel Arianne 5 de 20% d'ici à 2018, les amenant à 11 tonnes d'emport ! 


Comparatif entre les concept d'Ariane 5ME et Ariane 6

Ariane 6, lui, jouera dans une autre catégorie puisqu’il s'agit de la prochaine génération de lanceur. Son but est d''être surtout plus économique que l'actuelle génération. Cette fusée devrait pouvoir assurer la mise en orbite d'un satellite de 6 tonnes pour un coût de 70 millions d'euros, contre 100 actuellement, la rendant de ce fait plus compétitive.

De nouvelles interrogations...

Hier cependant, un rapport de la Cours des comptes mettait l'accent sur le fait que financer la conception de deux lanceurs n'était pas viable, et suggérait l'abandon du programme Ariane 5ME.
Au contraire, en Allemagne, grand partenaire de la France au sein de l'ESA, on milite en faveur de ce dernier, prétextant qu'Ariane 6 arrivera trop tôt sur un marché en plein changement. Le courant y est donc plutôt au pragmatisme (surpris ?) : rentabilisons au maximum Ariane 5ME, en portant jusqu'à 3 satellites par lancement par exemple, avant de lancer une Ariane 6 mieux adaptée à ce que sera le marché dans 15 ans.

En effet, le développement de satellites à propulsion électrique permettrait théoriquement de les soulager de la moitié de leur poids. Or,  le marché des satellites lourds (6 tonnes) est la cible privilégiée d'Ariane 6, qui devrait alors rechercher automatiquement des "paires" de satellites pour programmer ses lancements.

Enfin, l'arrivée de lanceurs privés "low cost" comme l'américain SpaceX (comme déjà traité sur ce blog) représente encore une menace marginale pour Arianespace, mais pourrait à terme exercer une certaine pression concurrentielle. SpaceX s'est d'ailleurs directement placé sur le marché des satellites à propulsion électrique et réalisera un lancement dès la fin de l'année.

Rendez-vous fin 2014

Les prochaines avancées sur le dossier sont attendues pour décembre 2014, lors du prochain conseil ministériel de l'ESA. Les plus optimistes voient Ariane 6 arriver pour 2020, mais le projet ne pourrait voir le jour que vers 2025.

Rappelons que le secteur spatial revêt une importance majeure dans l'industrie française, notamment en Aquitaine, en ce qui concerne les lanceurs principalement.


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