mardi 18 mars 2014

Le Rafale a t-il sa chance au Canada ?

Les concurrents en lice pour l'appel d'offre canadien


Alors que l'avenir s'est éclairci en Inde avec l'annonce du bouclage du volet industriel du contrat qui devrait doter, si tout va bien, l'armée de l'air indienne de 126 Dassault Rafale pour 12 milliards d'euros, on parle désormais de l'appel d'offre du Canada pour 65 avions de chasse.

Initialement, le Canada avait annoncé, en 2010, l’achat de 65 exemplaires du fameux F-35 Ligthning II de Lockheed-Martin, pour rempacer ses CF-18 Hornet. L'implication de l’industrie aéronautique canadienne à hauteur de 168 millions de dollars dans ce programme américain avait alors justifié le non-recours à un appel d'offre.
Retards, surcoûts, problèmes techniques et surtout facture très élevée ont aboutie à la décision prise par Ottawa de suspendre le processus d’acquisition et d’ouvrir une procédure d’appel d’offres. 5 constructeurs aéronautiques sont concernés, dont Lockheed-Martin pour le F-35, Boeing (F-18 Super Hornet), le consortium Eurofighter (Typhoon), Saab (Gripen) et Dassault Aviation (Rafale). 
Les concurrents habituels en somme, sauf que traditionnellement, le Canada est une chasse gardée des industriels américains de la défense. Le F35 trop cher ? Le F18 hériterait donc de la pôle position, car il ne faut pas se leurrer, les chances pour les européens en Amérique du Nord sont minimes...

Cependant, le dossier canadien a été évoqué lors de la conférence de presse organisée le 13 mars pour présenter les résultats pour l’année 2013 du constructeur français: “Malheureusement, malgré les surcoûts, peu de pays vont annuler leur commande de JSF. Notre seul espoir, c’est le Canada. S’ils abandonnent le JSF, le Rafale a de bonnes chances”, a ainsi affirmé Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation. On ne peut pas parler d'optimisme béat donc.

Dassault compte bien toutefois jouer son va-tout. Son vice-président principal, Yves Robins, a été interviewé sur Radio-Canada. Il a tout d'abord annoncé “qu’il est indispensable d’ouvrir cette compétition de manière à ce que chacun des concurrents puisse faire la meilleure proposition, la plus compétitive et la plus avantageuse pour le Canada”.
Un argument mis (très) en avant fut celui du transfert de technologie, avec en toile de fond l'exemple indien : “Nous proposons de transférer l’intégrité de l’entretien, de la maintenance, de la modernisation de l’avion ici au Canada auprès des industries canadiennes, avec les droits de propriétés intellectuelles et tous les transferts de technologie pour lesquels nous avons l’autorisation du gouvernement français, sans aucune restriction”.

Ce détail est important aux yeux des canadiens car en effet, suite aux polémiques suscitées par les dérapages budgétaires de plusieurs programmes d’équipements des forces armées, le gouvernement fédéral annonçait une nouvelle stratégie d’approvisionnement et insistait sur la nécessité d’optimiser les retombées économiques des futurs achats. 

Afin d'appuyer l'effet d'annonce, Yves Robins a même été jusqu'à envisager un assemblage final du Rafale sur le sol canadien

Pour info, la ligne d'assemblage du Rafale en Gironde est occupée, au rythme d'un avion sorti d'usine par mois (11 par an), jusqu'à 2016. A compter de là, il faudra se reposer sur les exportations. Le contrat indien permettra de remettre 18 Rafale (sur les 126 du contrat) sur la chaîne, soit un an et demi de répit seulement.

MAJ : Dans une mise à jour publiée sur son site Internet, Travaux publics et services gouvernementaux Canada indique que désormais, la première livraison d’avions chasseurs prévue est passée de 2017 à 2018. La décision est donc repoussée d'un an.


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