vendredi 23 mai 2014

Craintes pour le budget de la défense: Clap de fin ?



"Il est temps de tourner la page de ce débat, de ces rumeurs". C'est ainsi que Manuel Valls, Premier Ministre a assuré vendredi 23 mai que la loi de programmation militaire 2014-2019 serait "totalement préservée" d'éventuels efforts budgétaires.

Ces déclarations arrivent à première vue comme un soulagement après l'escalade de ces deux dernières semaines

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a écrit le 9 mai une lettre, dont Le Figaro s'est procuré un exemplaire, pour lui faire part des inquiétudes des armées devant d'éventuelles nouvelles coupes budgétaires.
Dans son courrier,  également adressé au ministre des Finances Michel Sapin, Jean-Yves Le Drian rappelle le "niveau de nos engagements militaire extérieurs" et souligne l'"exercice extrêmement tendu" de la loi de programmation militaire (LPM, 2014-2019). Les "efforts seront difficiles à réaliser, dans un contexte social proche de l'exaspération", insiste le ministre.

Outre sociales (les industriels parlent de 50 000 suppressions d'emplois), les conséquences seraient également désastreuses sur le plan militaire, d'une part car les armées doivent souvent faire face à des pénuries d'équipements ou un matériel vieillissant (surtout l'Armée de Terre), mais aussi car elles sont engagées sur deux opérations extérieures de grande envergure, le Mali et la Centrafrique. Autant dire qu'avec de nouvelles coupes dans le budget, il en serait fini des ambitions stratégiques de la France, sans compter les risques réels encourus par nos soldats sur le front. Ce n'est clairement pas le moment de repousser le programme SCORPION par exemple, qui doit doter l'Armée de Terre d'une nouvelle génération de blindés.

Le ministre n'est pas le seul à être monté au créneau. Nombre de personnalités politiques de la majorité concernées se sont ainsi exprimées, comme Patricia Adam, présidente de la commission de la Défense de l’Assemblée nationale, ou en ce qui concerne l'Aquitaine, Marie Recalde, membre de cette commission et députée de la 6ème circonscription de la Gironde, rassemblant le fleuron de l'industrie d'armement locale. 
S'ajoute à cela la rumeur persistante selon laquelle les chefs d'état-major des trois armées envisageraient de démissionner en bloc si la LPM devait être remise en cause dans sa forme actuelle dite "sanctuarisée".


Il était donc temps que la pression soit relâchée. Maintenant, peut on vraiment croire Manuel Valls, alors que ce matin même, l'Elysée annonçait un arbitrage de François Hollande sur la question dans les prochaines semaines. C'est bien le problème, pourquoi un arbitrage présidentiel pour une histoire (de rumeurs) soit disant tranchée ..? 

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