jeudi 15 mai 2014

Les industriels de la défense redoutent le couperet de Bercy

Dans le sillage de l'article précédent concernant la menace d'une nouvelle réduction du budget de la défense nationale, et après les politiques donc, je continue sur ce thème, car en effet,  plusieurs grands groupes de l'armement ont fait entendre leur voix hier, mercredi 14 mai.

Il s'agit principalement d' Airbus Group et Thales Group. Ce dernier était d'ailleurs réuni en Assemblée Générale hier.

Thales tire la sonnette d'alarme

Jean Bernad Levy, PDG de Thales Group (Photo Thales group)

Jean-Bernard Lévy, le PDG de Thales Group, s'est dit inquiet, jugeant indispensable le respect intégral de la Loi de Programmation Militaire.
 Thales, dont l'Etat est le premier actionnaire avec 27% du capital, tire la moitié de son chiffre d'affaires de sa division défense et sécurité.
 "Toute remise en cause de la LPM entraînerait des conséquences potentiellement très dommageables (..) sur l'emploi, mais aussi quant à la poursuite de la capacité que nous avons, nous industriels, à maintenir et à développer des technologies de très haut niveau au service de nos forces armées", a-t-il déclaré aux actionnaires du groupe lors de cette AG.

Du coté d'Aibus Group, plusieurs personnalités se sont exprimées ce 14 mai, d'autant plus que le groupe négocie actuellement avec la Direction générale de l'armement la vente à la France de 12 avions-ravitailleurs dont il espère la conclusion cette année, le fameux programme MRTT dont l'Armée de l'Air a tant besoin.

Inutile de rappeler aux lecteurs de ce blog que Thales compte également injecter 200 millions d'euros dans son nouveau campus de Mérignac, avec à la clé 2000 emplois.

Airbus résigné ?

Le directeur de la stratégie d'Airbus Group Marwan Lahoud (et également président du GIFAS) a déclaré mercredi que l'industrie de la défense saurait s'ajuster à d'éventuelles coupes supplémentaires dans le budget français de la défense,... "Notre job c'est de nous adapter au marché... mais pour s'adapter il faut du temps, il faut de la visibilité", a t-il reconnu en conférence de presselaissant paraître une certaine résignation ?

Marwan Lahoud s'est notamment félicité du pilotage du développement de l'A350. (BFM Business)
Marwan Lahoud, d'Airbus Group (photo BFM Business)

Puis ce fut au tour de François Auque, responsable de l'activité spatiale dans le pôle Airbus Defence & Space, d'annoncer que le groupe saurait s'adapter: "Nous sommes vulnérables à l'évolution des budgets de la défense, mais dans une certaine mesure certaines coupes peuvent être une opportunité pour nous" sous entendu la possibilité d'une "une expérience unique en matière de partenariat public-privé". L'idée sous-jacente est en effet pour Airbus Group de proposer à la France des satellites de communications sous forme de service, évitant à cette dernière leur financement complet. C'est ce système qui prévaut actuellement entre Airbus Group et le Royaume Uni.

Au sein du groupe Airbus, les coupes dans les budgets de la défense en Europe ont déjà entraîné un plan de réduction d'effectifs portant sur un total de 5.800 postes, dont 5.300 dans la seule division défense et espace. En France, le groupe envisage de supprimer 1.700 postes, sur un total de 52.000. Là encore, le pôle défense et espace, qui emploie 11.000 personnes, supportera l'essentiel des réductions d'effectifs, avec 1.400 suppressions de postes envisagées (voir moins selon les dernières informations).


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire