mercredi 7 mai 2014

Rafale : Etat des lieux et avenir de la politique d'armement en Inde selon Narendra Modi

Comme vous le savez sûrement, Dassault est dans une phase de négociations exclusives avec New Delhi depuis janvier 2012 pour vendre 126 avions de combat Rafale. D'une valeur d'environ 11 milliards d'euros, ce contrat a gagné le surnom de "contrat du siècle" dans le milieu de l'aéronautique militaire.

Cependant, l'Inde a par ailleurs annulé en janvier l'achat de 12 hélicoptères à l'italien AgustaWestland en raison de soupçons de versement de pots-de-vin. Et ce n'est pas un cas isolé.
"Les 10 dernières années ont vu un affaiblissement de nos capacités militaires en raison de procédures d'approvisionnement freinées par d'importants retards qui ont conduit à un manque d'armes et d'équipement", a déclaré Narendra Modi, le leader du Bharatiya Janata Party (BJP) au Times of India, ce mardi 6 mai.
Et en effet, l'Inde, premier importateur mondial d'équipement militaire conventionnel, a retardé ou annulé depuis une vingtaine d'années plusieurs grands contrats militaires pour des soupçons de corruption ou en raison d'une bureaucratie trop lourde.

Au cours de cet entretien, Narendra Modi, candidat du parti nationaliste hindou et favori pour l’élection au poste de Premier ministre en Inde, promet d'améliorer l'approvisionnement en matériel militaire de l'Inde et de favoriser la fabrication d'armes sur le sol national..

Narendra Modi, leader du BJP

"La situation idéale est un système d'achat efficace permettant un approvisionnement en équipement de défense dans les délais, à un coût juste et de façon transparente", ajoute M. Modi.
Le chef du BJP plaide en particulier pour un renforcement de la production nationale et le développement de partenariats public-privé.
"Nous avons le savoir-faire technique et scientifique mais le lobby des armes a empêché l'équipement national en matériel militaire. Cela doit changer et rendre la défense indienne plus autosuffisante, ce qui permettra en outre d'économiser des devises". 

Ces déclarations permettent à elles seules de comprendre la complexité du dossier Rafale pour Dassault, qui a dû négocier âprement d'importants transferts de technologies. L'Inde est LE marché majeur du moment certes, mais elle cherche désormais en premier lieu à sauvegarder sa souveraineté, et surtout, gagner en indépendance.

Les élections législatives en Inde, dont le résultat définitif ne sera pas connu avant le 16 mai ,ne devraient toutefois pas ralentir la finalisation du contrat de vente des Rafale selon Eric Trappier, le PDG de Dassault Aviation: « Je reste sur la conviction que compte tenu de la volonté des indiens d’aller vite. Le travail se poursuit sur le terrain malgré la période électorale ».
Le dossier est entre les mains de l’administration qui le présentera au nouveau gouvernement en juin.
L’avionneur français, sans parler de ses sous-traitants, et surtout du gouvernement qui compte sur cet inespéré premier contrat d'export du Rafale pour justifier sa LPM, peuvent raisonnablement espérer une signature du contrat avant la fin 2014, ou début 2015.


1 commentaire:

  1. "Nous avons le savoir-faire technique et scientifique..."
    Mais oui bien sûr! Ca sera fait "à l'indienne", comme on dit "à l'arrache" et comme ils tiennent leurs sous-marins à flot ou se prennent les pieds dans leur fumeux chasseur T50, dit de 5ème génération, avec les russes.

    Sinon, vendre des armes à un pays bientôt dirigé par une sorte de nazi hindou, est-ce bien raisonnable? On peut se dire qu'on ne risque pas trop de les avoir en face vu ou ils opèreront, mais j'espère qu'on gardera quand même un kill-switch (à l'américaine)...

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