vendredi 13 juin 2014

Dassault Aviation: Les plans d'Eric Trappier (PDG)

Eric Trappier, PDG du groupe Dassault Avation

La semaine dernière on pouvait trouver dans le journal Sud Ouest une interview d'Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation. L'occasion d'en apprendre plus sur les espoirs du groupe concernant le Rafale, la gamme Falcon, et une "nouveauté", les drones.

Eric Trappier était présent mercredi 4 juin à Mérignac pour un dîner avec les principaux élus de la ville, dont Alain Anziani, sénateur et surtout maire de Mérignac, et sa première adjointe, Marie Récalde, députée de la 6ème circonscription de la Gironde et membre de la commission de la défense nationale et des forces armées.

Un vent d'optimisme porte le Rafale

Je le répète souvent ces derniers temps, mais le Rafale semble atteindre le bout du tunnel. Le porte étendard de l'aéronautique militaire national peut enfin, après dix ans d'échecs, espérer la signature de contrats à l'export.
Dans son entretien, Eric Trappier évoque principalement l'Inde, appuyant le fait que les négociations n'ont jamais cessé, et que les parties œuvrent à boucler le contrat pour la fin de cette année.
Et de rappeler que 18 Rafale sur les 126 prévus par le contrat indien seront assemblés sur la chaîne de Mérignac, avant un transfert progressif del a production. C'était une exigence de l'Inde. Selon lui toutefois, "l'ensemble du tissu industriel français qui contribue aujourd'hui au Rafale y trouvera son intérêt. Nous préférons signer ce contrat avec des transferts de licence que de ne pas le faire".

Le Rafale

Pour fermer le dossier Rafale, Eric Trappier a rappelé l'action nécessaire du "Groupe des 7" (conglomérat des 7 principaux industriels de l'armement français, Dassault-EADS-Safran-Thales-MBDA-Nexter-DCNS), qui ont su peser de tout leur poids ces dernières semaines auprès de François Hollande (en menaçant de délocaliser) afin d'éviter une refonte de la LPM, et donc les nouvelles coupes dans le budget que demandaient Bercy et Matignon.


La gamme Falcon s'étoffe

Dassault dévoilait fin mai son nouveau Falcon 8X, déjà en cours d'assemblage sur la chaîne de Biarritz. Le Falcon 8X, plus long d"environ 1m que le 7X, étend l’offre de Dassault sur le segment des avions d’affaires à très long rayon d’action. Selon Dassault Aviation, l’appareil est capable de parcourir une distance de 11 945 km (6 450 nm) avec 8 passagers à Mach .80. D’une autonomie de 14 heures de vol, l’avion pourra relier Los Angeles à Pékin, Pékin à New York ou Paris à Singapour sans escale.

L'aviation d'affaire représente près de 70% du CA du groupe Dassault, et Eric Trappier affiche ses espoirs pour une sortie de crise rapide sur ce secteur, chiffre à l'appui, avec en ligne de mire le marché américain, historique pour Dassault. L'objectif est de produire 100 avions de la gamme Falcon par an. 

Falcon, Rafale et nEUROn, réunis en vol
Élaborer les drones du futur

Revenons au volet militaire avec les drones. Eric Trappier rappelle bien evidemment le succès du démonstrateur de drone de combat furtif NEURON, élaboré par 5 pays européens, mais évoque surtout un autre projet de drone européen.
En effet, David Cameron et François Hollande ont annoncé récemment vouloir lancer un programme commun pour un drone de combat Dassaut est donc en négociation avec BAE Systems, ou encore Thales.

De plus, avec Airbus et Alenia, Dassault a proposé aux états français, allemand et italiens le lancement d'un programme de drone de surveillance, ou MALE (moyenne altitude, longue endurance, comme le Predator ou le Reaper), énorme lacune des européens jusqu'à aujourd'hui. Le PDG de Dassault regrette ici ouvertement le choix de la France d'acheter dans l'urgence des Reaper américains.
(En matière de drone, au moment où j'écris ces lignes, on apprend qu'un appel d'offre sera lancé cet été par la DGA pour une quinzaine de drones tactiques. L'élu pourrait être le Watchkeeper de Thales ou le Patroller de Sagem)


Dassault Aviation emploie 2800 personnes en Aquitaine.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire