jeudi 7 août 2014

Dassault publie ses chiffres pour le 1er semestre 2014

Falcon/Rafale/Neuron, la famille Dassault Aviation

Vendredi 25 juillet Dassault Aviation organisait une conférence de presse pour présenter ses résultats et son activité pour le premier semestre 2014. Des prises de commande en forte hausse (1,87 milliards contre 1,41 en 2013, +32%), mais cependant un chiffre d'affaires en baisse (1,51 milliards d'euros contre 1,83 milliards d'euros pour le premier semestre 2013, -17%). 

Le civil en fer de lance

Les commandes du jet Falcon, toutes gammes confondues (38 appareils commandés), représentent 86% du carnet de commandes. 
Le marché de la défense pour la France représente 7% des commandes tout comme le marché défense à l'export. 
Contrairement aux idées reçues, Dassault Aviation fait de son activité défense une vitrine technologique, et ne repose en aucun cas son chiffre d'affaire sur ce secteur. Le groupe se classe toutefois à la 50ème place des entreprises d'armement au niveau mondial (soit une progression de 6 places depuis 2013, Thales est elle en dixième position).

Concernant le Falcon donc, 38 appareils ont été commandés au premier semestre 2014 contre 27 au premier semestre 2013. La reprise du marché de l'aviation d'affaires aux USA se fait donc sentir. 25 appareils ont été livrés au premier semestre 2014 contre 29 à la même période en 2013. L'objectif est de livrer 70 appareils sur l'ensemble de l'année 2014.

Coté nouveautés, le premier Falcon 8X est actuellement en cours de finalisation à Mérignac, son premier vol est prévu pour début 2015 pour une entrée en service programmée pour fin 2016. Le 5X, lui, est également en cours de montage mais à un stade moins avancé. Le premier vol de l'appareil est prévu pour le premier semestre 2015 pour une entrée en service pour la mi-2017.

Fuselage d'un Falcon 8X à Biarritz

Défense : Enthousiasme autour du Rafale

Dassault à livré cinq Rafale aux forces armées françaises au premier semestre 2014. Six appareils doivent encore être livrés d'ici la fin de l'année. Au total 131 machines ont été réceptionnées dont 91 par l'armée de l'Air et 40 par la Marine Nationale. 

Le groupe a annoncé la poursuite du développement du standard F3-R. Celui-ci comprend l'intégration du missile air-air longue portée Meteor de MBDA, du pod de désignation Tailos (ex PDL-NG ou Damocles XF) de Thales et de l'AASM (Armement Air-Sol Modulaire) à guidage terminal laser de Sagem (Safran). Ce standard devrait être disponible à partir de 2018.

En ce qui concerne les dossiers export, Eric Trappier, PDG du groupe, a expliqué que les négociations se poursuivaient normalement en Inde. La signature est attendue pour la fin de l'année. Autant dire qu'avec un contrat à plus de 11 milliards d'euros, le CA défense du groupe risque d'exploser au second semestre!
Pour le Canada, Dassault attend une décision des autorités locales. Si Ottawa devait renoncer au F-35, dont les problèmes s'accumulent, une candidature du Rafale serait à l'étude.
Le Qatar, dont les rumeurs font état d'une possible commande pour remplacer ses Mirage, n'était pas à l'ordre du jour. Rien non plus concernant la Belgique, qui réfléchit au remplacement de ses F16.

La modernisation des Atlantique-2  se poursuit (ces avions de patrouille maritime, vieux de 20 ans, ont été très utiles dernièrement pour la surveillance dans le Sahel, et ont même été utilisés par le largage de bombe guidées GBU-12). Eric Trappier a d'ailleurs annoncé que des réflexions sont en cours sur un éventuel successeur de l'ATL-2. 

Un ATL-2 au Mali
Un deuxième Falcon-50 Surmar a été livré à la DGA au premier semestre 2014. Le premier appareil est lui opérationnel depuis quelques mois. 
A ce sujet, Eric Trappier affirme que la demande en matière de patrouille maritime évolue vers des jets et les versions dérivées du Falcon-50 Surmar pourraient trouver leur marché à l'export.

Un Falcon 50 Surmar de la Marine Nationale
Dassault estime cependant que le drone MALE 2020 pourra remplir ces missions de façon idéale. 

Un avenir tourné vers les drones

Le premier semestre 2014 a été marqué par la signature d'un accord de coopération franco-britannique sur le système de Combat Aérien Futur (SCAF) le 15 juillet au cours du salon de Farnborough. Dassault Aviation et BAE Systems seront chefs de file d'une étude de faisabilité d'une durée de 24 mois.  La signature des contrats est attendue pour le second semestre 2014. 

De plus, les essais du Neuron  (en tête de formation sur la photo en Une) se poursuivent. La validation du domaine de vol est achevée. Des vols de mise au point du capteur optronique ont eu lieu. Sont en préparation les tests de furtivité. Le démonstrateur va poursuivre son programme d'essais en Italie et en Suède où des des tirs d'armement sont prévus.

Dassault a également proposé récemment (en collaboration avec Airbus Defence & Space et Alenia-Aermacchi) aux gouvernements français, allemand et italien une offre de phase de définition pour le drone MALE 2020. Les réponses des gouvernements sont attendues pour septembre 2014. Ce projet de drone se place sur un segment largement déficitaire en Europe.

Maquette du MALE 2020 présentée au salon Eurosatory en juin

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