vendredi 22 août 2014

Inde : l'Allemagne tente un coup de poker dans le dossier Rafale

 
Si tout va bien, le Rafale de Dassault, après un processus de sélection de 11 ans (voir ci-dessous) remplacera les MiG-21 vieillissants de l'armée de l'air indienne. C'est un peu le fil rouge de l'industrie aéronautique de défense depuis 2012 et l'annonce de l'entrée en négociations exclusives de l'Inde avec Dassault Aviation pour un achat de 126 appareils. Il y peu encore, ce blog annonçait que tous les voyants étaient au vert pour une signature prochaine, possiblement à la fin de cette année. 

Un Eurofighter Typhoon allemand
Mais nous ne sommes pas à l'abri de rebondissements dans ce milieu, il vous suffit pour preuve de cliquer sur le libellé "Rafale" de ce blog pour voir que ce contrat énorme nourrit une actualité constante. 
Dernier soubresaut, le quotidien Indian Today révèle aujourd'hui que le consortium "German-led European", proposant l'Eurofighter Typhoon de BAE et EADS, classé second dans la course, a tenté dernièrement un véritable coup de poker en mettant sur la table une nouvelle offre, moins chère. L'offre allemande est évaluée à 10,5 milliards d'euros, soit un peu moins que l'offre française. 

Le Gouvernement indien a annoncé qu'il étudiait la proposition allemande... alors même que Hindustan Aeronautics Ltd (HAL) est actuellement en pourparlers avec Dassault s'agissant des transferts de technologie et de la future production sur le territoire indien. 

Chronologie de l'appel d'offres indien depuis 2001, par Indian Today

Cette manœuvre, essentiellement politique et diplomatique peut choquer, mais pour les habitués du milieu, elle était à prévoir. L'Allemagne (avec le soutien des britanniques, espagnols et italiens) profite des récentes élections en Inde et la redistribution des cartes pour jouer la sienne, tentant d'insinuer le doute dans l'esprit des dirigeants locaux, notamment en ce qui concerne le prix, le nerf de la guerre.... 
Outre le coût du contrat, on estime au double les retombées pour l'économie du pays vendeur, soit une vingtaine de milliards d'euros ! On comprend alors mieux l’opiniâtreté de ces Etats européens.

Cependant, à ce stade, Dassault Aviation a pris énormément d'avance dans ses négociations exclusives et il est désormais quasi inconcevable pour les industriels et politiques de deux pays de faire marche arrière. D'autant plus que le projet a déjà deux ans de retard et que l'armée de l'air indienne réclame ses nouveaux avions.

Pas d'inquiétude donc. Jusqu'au prochain épisode....


Plus de détails sur ces manœuvres politiques sur l'article en ligne d'Indian Today (en anglais)



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