vendredi 21 novembre 2014

Bientôt un 3ème drone Reaper dans l'Armée de l'air

Les 2 Reaper français, dans leur hangar, au Niger
©photo Armée de l'Air

La France va recevoir un troisième drone MQ-9 Reaper en cette fin d'année. Trois autres modèles de ce célèbre drone MALE américain pourraient suivre en 2015.

Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense, l'avait annoncé: "L'achat d'un deuxième jeu de trois drones est une priorité". Les apports stratégiques du drone de General Atomics sont-ils si déterminants pour nos armées ?

La réponse est... oui, cent fois oui ! Selon les données de l'EMA, au 8 septembre de cette année, les 2 Reaper ont effectué depuis leur mise en service en décembre 2013 la bagatelle de 1500 heures de vol, soit plus de 100 missions. De plus, en lieu et place des 2000 heures de vol/an prévues, l'Armée de l'air en planifie désormais 5000.
Endurance, disponibilité, qualité de l'imagerie... sur tous les terrains, le MALE américain satisfait très largement à ses missions, même dans l'urgence comme l'a démontré le repérage du site du crash du vol d'Air Algérie cet été dans l'immensité du Mali.

D'autant qu'avec l'opération Chammal contre l'EI, l'activité de nos aviateurs s'intensifie. Il n'est cependant pas encore question de déployer des Reaper français dans le ciel irakien (déjà très encombré de drones !).
Je lis par ailleurs que le CEMA plaide également pour l'acquisition rapide de drones tactiques Watchkeeper, tandis que certains politiques insistent sur l'augmentation de la flotte de MALE.

Un jour armés ?

La doctrine française, très respectueuse du droit international (ou souvent du moins), ne se prononce pas vraiment pour un recours aux drones armés. Au contraire, l'idée dérange, la "deshumanisation", l'éloignement du champ de bataille surtout. Mais une école de pensée peut très vite se retrouver sans argument face à un raisonnement plus... pragmatique.

Experts comme opérationnels sont conformes, frapper directement depuis un drone économise une intervention de chasseurs ou d'hélicoptères, donc du carburant, du matériel, ET le risque de pertes humaines. Cela permet aussi d'être réactif. Je n'aborde même pas la question du coût tant l'argument est sans cesse entendu.

Certes, des industriels français et européens travaillent sur cette question, mais le Reaper n'est pas en voix de francisation et n'en prend d'ailleurs pas le chemin. Cette "présence" américaine par dessus l'épaule des français limite l'utilisation des MQ-9 à des opérations dont les données sont partagées au minimum au niveau bilatéral avec les USA (il en va de même pour les autres pays utilisateurs). 

La France (et son armée) étant traditionnellement très attachée à son indépendance stratégique, il est à mon humble avis, peu probable que nos futurs Reaper soient armés, sauf réel et urgent besoin opérationnel. Ceci dit, l'idée est d'intégrer un MALE "national" dans les années 2020 (Dassault prépare par exemple le sien), et il n'est pas impossible que le discours sur l'utilisation de drones armés ait largement évolué d'ici là...

Rappel: c'est l'escadron "1/33 Belfort", basé à Cognac qui est en charge de l'emploi de nos Reaper (qui n'ont toujours pas le droit à notre espace aérien)

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