mardi 11 novembre 2014

D'Interstellar à Rosetta: L'heure de reprendre la conquête spatiale

Image tirée du film Interstellar, de Christopher Nolan
Droits Warner Bros

Quelque chose d'un peu différent aujourd'hui, appelons ça un billet de bonne humeur. En ces temps que tout le monde s'accorde à qualifier de moroses, il nous faut réapprendre à rêver, et quoi de mieux que les étoiles pour nous aider ? De quoi susciter des vocations en physique quantique... Et parce que cela fait du bien d'être optimiste.


Quand Hollywood nous renvoie vers les étoiles

Un an après le vertigineux (je choisis mes mots) Gravity d'Alfonso Cuaròn, voici qu'un des grands réalisateurs du moment, Christopher Nolan (la trilogie Dark knight, Inception), nous livre sa fresque spatiale, le bien nommé Interstellar.

Synopsis: 

Alors que la vie sur Terre touche à sa fin, un groupe d’explorateurs s’attelle à la mission la plus importante de l’histoire de l’humanité : franchir les limites de notre galaxie pour savoir si l’homme peut vivre sur une autre planète…

Etant donné que Pax Aquitania n'a pas la prétention (là encore je choisis mes mots) d'un blog de critique cinéma , nous nous contenterons d'un compte rendu très succinct (sans spoiler), histoire de poser l'idée directrice de ce billet.
Là où Gravity "se contentait" de montrer le combat pour la survie de Sandra Bullock dans un environnement terrifiant et à la fois magnifique, l'orbite terrestre, Interstellar va lui plus loin, littéralement beaucoup plus loin, pour prendre une dimension métaphysique.

Le film développe plusieurs thématiques, mais je ne traiterai que la plus en accord avec le thème de ce blog, pour le reste... je vous encourage à aller au cinéma. La thématique qui nous intéresse donc: Dans Interstellar, les changements climatiques provoqués par l'homme ont pris une tournure cataclysmique, l'humanité se voit condamnée à se consacrer à une agriculture pauvre et intensive pour subsister. L'humanité a perdu foi en la science et attend tristement son heure, entre deux tempêtes de poussière. C'est là qu'intervient le postulat du film, "L'homme est né sur Terre, rien ne l'oblige à y mourir".

L'humanité, si elle veut prospérer doit regarder vers les étoiles, et agir comme elle l'a toujours fait, en pionnière. C'est ce que nous rappelle Christopher Nolan dans son film, avec le soutien bienvenu de l'industrie lourde hollywoodienne.

Or, ma génération a grandi avec les VHS de Star Wars, et pourtant, dans l'ère de la mondialisation, avec le sentiment d'avoir raté celle des explorateurs, des grandes découvertes.


Le paradoxe de l'an 2000

L'an 2000, le passage au 21ème siècle. Cette étape était dans l'imaginaire du siècle précédent un symbole, celui des intelligences artificielles, voitures volantes et autres voyages galactiques... Pourtant si je devais qualifier cette décennie en terme d'avancées de l'humanité, je serais tenté d'utiliser le terme d'obscurantisme.

La fin de la Guerre Froide a sonné le glas du duel entre USA et URSS, lequel avait vu la course aux étoiles, ou plutôt la lune, comme point culminant (rappel que recherches nucléaires et spatiales ont toujours été intimement liées). Sous la présidence G.W.Bush, les crédits de la NASA ont fondu, ceux du Pentagone ont explosé. L'exploration de Mars par l'Homme a été repoussée sine die, et le terrible crash de la navette Columbia lors de son retour sur Terre en 2003, avec 7 membres d'équipage à son bord, a mis un terme à ce programme mythique.

L'équipage de la navette Columbia, qui a explosé en vol le 1er Février 2003.

A la place, nous avons eu le 11 septembre, la guerre contre le terrorisme incarnée par G.W.Bush, des violations des Droits de l'Homme (Guantanamo, Abu Graïb), tout cela sur fond d'échec de la lutte mondiale contre le réchauffement climatique. Voilà comment je justifie le terme d'obscurantisme.
Après tout, la France est le pays le plus pessimiste du monde n'est ce pas ? Pour exemple, on m'a déjà reproché de louer les programmes spatiaux européens, mon interlocuteur préférant lui que cet argent du contribuable soit utilisé à meilleur escient... pour lutter contre la délinquance et l'immigration. Joie !

Ne nous y trompons pas, nous vivons une époque technologiquement galopante, mais comme le déclarent souvent de grands chercheurs, nous manquons d'ambition, et surtout de rêves. Ce ne sont pas les tablettes, smartphones et autres montres connectées qui feront avancer le monde. Nous manquons de CERN, d'ISS et de Rosetta...

... mais il est temps de recommencer à rêver.


Un nouvel espoir 

Le titre de ce paragraphe fait volontairement référence au premier épisode de la saga Star Wars (le 4 donc !), pour faire dans le symbolique, car un vent nouveau souffle sur le monde de l'aérospatial.
Et si je devais incarner cet espoir dans un homme, ce serait le milliardaire Elon Musk. Ce milliardaire sud africain est derrière les projets TESLA, HYPERLOOP, SOLAR CITY, et surtout SPACE X, cette société de lanceurs privés dont je cite régulièrement l'actualité depuis qu'elle est entrée dans les bonnes grâces de la NASA.




Elon Musk fait partie de ces nouveaux pionniers, cette génération Star Wars comme je la citais, qui innove aujourd'hui dans la Silicon Valley, et envisage différents programmes d'envergure révolutionnaire. Sa dernière idée, offrir l'internet à la planète entière via un réseau de satellites.

Ces aspirations scientifiques, technologiques, semblent avoir donné un nouveau coup de fouet au secteur, et ce en plein cœur de la locomotive, la Maison Blanche. Barack Obama a ainsi délaissé le programme "Constellation", destiné à revoir l'homme se poser sur la Lune d'ici à 2020, pour quelque chose de bien plus ambitieux et facteur de rêves, Mars évidemment. La cible est désormais 2035, et l'enthousiasme a enfin regagné la NASA.


Au tour de l'Europe

Mais demain est un grand jour, ce 12 novembre 2014, après un voyage de 10 ans, la sonde Rosetta, en orbite depuis 3 mois autour de la comète "67P", larguera son robot Philae (sorte d'astrodroïde à ses débuts), qui viendra se poser en douceur sur le corps céleste. Une première mondiale, européenne qui plus est. On applaudit !

L'événement sera à suivre en direct sur Pax Aquitania.


Tout n'est pas perdu donc ! Demandez à Pluton qui s'est vue en l'espace de quelques années retirer puis réattribuer le statut de planète.


Pour les amateurs d'espace d'ailleurs, et pour recentrer définitivement le débat sur le cœur du blog, j'annoncerai dans les jours qui viennent la tenue d'une conférence sur les liens entre le spatial et le militaire. Celle-ci, organisée par l'AQUI-IHEDN, se tiendra dans les locaux d'Herakles, vers la mi décembre.

Et pour les plus aventuriers et rêveurs d'entre nous, point d'inquiétude, il y a un nouvel épisode de Star Wars dans un an !


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