mardi 10 février 2015

8 Mds € à l'export pour l'armement français en 2014. Et de l'optimisme.



La Délégation Générale pour l'Armement (DGA), premier investisseur de l'Etat, présentait ce lundi 9 février son bilan pour l'année 2014. Le moins que l'on puisse dire, c'est que malgré quelques couacs, le petit monde français de l'armement se porte bien.

La France a enregistré en 2014 pour 8,06 milliards € de prises de commandes à l'export soit 17,8% de plus que l'année précédente, déjà jugée comme un bon cru. Des chiffres bien aidés par l'énorme contrat de réarmement des forces libanaises, qui à lui seul représente 3 Mds $ (il est financé par l'Arabie Saoudite) !
Laurent Collet-Billon, délégué général pour l'armement, s'est donc présenté devant la presse avec de bonnes nouvelles. Et le climat est à l'optimisme pour 2015, d'autant plus qu'on semble se rapprocher à grand pas d'une première vente du Rafale à l'étranger. Cela devrait être l'Egypte (24 avions et 1 frégate), ou le Qatar (36)... sinon l'Inde (126) !

On attend énormément du Rafale en 2015...

Au niveau national, la DGA a passé 11,5 Mds € de contrats pour l’équipement des armées et investi 782 millions dans la recherche de Défense en 2014. 
4 avions de transport A400M, 11 Rafale, 3 hélicoptères de combat Tigre HAD, 9 hélicoptères NH90, 212 systèmes d’armement air sol AASM, 77 véhicules blindés VBCI, 4036 équipements du fantassin Félin, 13 lances roquettes unitaires LRU, ainsi que les 20 premiers équipements de communication par satellite COMCEPT associés au satellite Athena Fidus, ont été reçus par les armées françaises. Sans parler du lancement du programme SCORPION ou de la commande d'avions ravitailleurs MRTT...

Côté PME, le dispositif RAPID d'aide au développement a atteint 45 millions d’euros, et soutient fortement deux secteurs en particulier, la photonique et la cyberdéfense.

Enfin, la coopération franco-britannique avec le lancement des études de faisabilité du futur drone de combat FCAS (Future Combat Air System), qui associent entre autres Dassault Aviation et BAE System, a été mise en valeur et est présentée comme "un pas majeur pour l’industrie européenne de l’aviation de combat".



L'A400M: le maillon faible ?

Ceci dit, tout n'est pas blanc, loin de là. Et c'est surtout vers Airbus que se sont tournées les critiques. Alors que contrairement à ses voisins anglais ou allemands, la France avait été plutôt indulgente à propos des soucis que connaît l'avion, le discours a été un peu plus ferme:"Concernant la production et le développement -de l'A400M- , nous ne sommes pas satisfaits dans les deux cas", a déclaré Laurent Collet-Billon. 
Deux nouvelles fonctionnalités de l'ATLAS (nom français), très attendues d'un point de vue stratégique, poseraient encore problème, à savoir le largage de matériel par les portes latérales et le ravitaillement en vol des hélicoptères. Le DGA rencontrera bientôt Fernando Alonso, le nouveau responsable d'Airbus Military, à ce sujet.



Autre préoccupation, et non des moindres; entre 2,3 et 2,4 milliards d’euros de report de charges sont à déplorer du côté de la DGA. Autrement dit des impayés !
On le sait, le problème des finances du Ministère de la Défense revient régulièrement sur le devant de la scène, mais en l’occurrence, c'est du côté des PME que l'on en ressent vraiment les effets.

Un problème de logiciel est évoqué... mais ce qui est attendu désormais, dans le nouveau contexte sécuritaire, c'est non pas la sanctuarisation des budgets, sorte de bouée de sauvetage, mais véritablement une hausse. Les industriels l'espèrent, les armées en rêvent ! Réponse avant l'été.


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