mardi 24 février 2015

Dernière ligne droite pour le Rafale en Inde

Le porte avions CDG et ses Rafale rendront visite aux indiens d'ici 8 semaines
© Marine nationale
Passée l'euphorie du premier contrat export en Egypte, il faut reprendre le travail de lobbying pour décrocher d'autres contrats. On annonce un accord proche au Qatar, mais c'est du côté de l'Inde que les choses semblent progresser ces derniers jours. Jean-Yves Le Drian est sur place.

Alors que se déroulait du 18 au 22 février à Bangalore le salon Aero India 2015, plusieurs déclarations peuvent laisser penser que l'horizon pourrait s’éclaircir s'agissant du super contrat impliquant 126 Rafale.

Depuis plusieurs mois, la concurrence (russe puis britannique) était revenue tenter un travail de sape, voire d'intox, tandis que des blocages apparaissaient sur les questions de responsabilité, HAL, l'assembleur local désigné, ne voulant pas assumer la responsabilité des 108 avions sur 126 fabriqués en Inde. La presse nationale a même un temps annoncé la mort clinique du contrat.

De plus, un nouveau rapport du Contract Negotiations Committee (CNC) sur le coût à long terme du chasseur français est attendu début mars. Celui-ci est censé donner une indication définitive quant à la conclusion rapide, dans un sens ou dans l'autre, du contrat.

Clairement, la partie indienne, qui tente de porter à 70% d'ici 2020, contre 40% actuellement, la part d'équipements militaires fabriqués sur son sol via une campagne intitulée "Make in India" (l'Inde est en effet le premier importateur mondial d'armement), semble abattre ses dernières cartes dans le but d'obtenir un rabais ou divers avantages sur ce contrat estimé à 10 milliards d'euros, sans compter le suivi.

Du côté français, en pleine confiance depuis la vente égyptienne, le ton n'a jamais été à l'alarmisme ,au Ministère de la Défense comme à l'Elysée. Hier encore, Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation, ne se déclarait "pas particulièrement inquiet".
Enfin, le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, actuellement le meilleur atout de notre industrie de défense, rencontre en ce début de semaine son homologue, Menohar Parrikar, afin de régler certaines questions.


L'Inde au pied du mur ?

Car malgré ces accrocs politico-industriels, l'Inde n'a plus vraiment le choix, et c'est son chef d'Etat Major de l'Armée de l'air, Arup Raha, qui le reconnaît devant les journalistes présents à Bangalore. Le Rafale ne peut être remplacé par des SU-30 russes par exemple, comme ces derniers le suggéraient récemment: "Ils sont complémentaires et ne peuvent pas se substituer, (...) il n'y a pas de plan B".

Concernant la question des responsabilités dans la construction de l'appareil, l'Air Chief Marshall n'a pas vraiment aidé ses dirigeants politiques... "Nous sommes responsables de l'organisation du programme (...). Après, celui qui prend le marteau et qui tape sur la tôle, c'est un indien. S'il tape à côté, il sera responsable, c'est normal".
Il a enfin rappelé l'urgence de la situation, "Il est important que nous ayons le MMRCA (Medium Multi-Role Combat Aircraft) et nous en avons besoin le plus vite possible". Ces déclarations, véritables soutiens au camp français, ne sont pas étonnantes, l'Armée de l'air indienne s'étant toujours déclarée fortement enthousiaste à l'idée de recevoir le Rafale.

La "deadline" est toujours prévue pour la visite d'Etat en France du Premier Ministre Narendra Modi au mois d'avril. D'ici là, le rapport du CNC aura été rendu, et le porte avions Charles De Gaulle (avec ses Rafale) se sera rendu sur place pour le grand exercice franco-indien "Varuna". En d'autres termes, le sprint a commencé !


MAJ: le journal Times of India annonce qu'un contrat de vente de 24 Rafale serait signé. L'intérêt serait double pour l'Inde qui pourrait s'assurer la livraison rapide des premiers avions (avant les potentiels autres acheteurs), et ainsi avoir un aperçu des capacités d'intégration de l'appareil dans ses forces.
Information directement démentie en France, où l'on signale que la négociation avance normalement, et que le contrat ne sera pas "découpé".


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire