lundi 2 février 2015

Grands chamboulements autour de l'A400M

VIDEO  : essais du système d'autoprotection de l'A400M
Un A400M testant ses leurres défensifs ©Airbus DS
Cela devait arriver. A force de retards dans le programme A400M, Domingo Ureña-Raso, qui dirigeait la division Military Aircraf d'Airbus Defence & Space, a été débarqué. C'est Fernando Alonso qui reprendra la fonction au 1er mars.

Tom Enders, le PDG d’Airbus Group, l'a lui même reconnu. Des «défaillances» touchent le programme A400M, le transporteur tactique militaire d'Airbus, et le constructeur n’est pas en mesure de tenir ses engagements. Après les retards*, l'explosion du coup de développement ou encore les défauts de l'appareil**, cette annonce a provoqué une inquiétude (supplémentaire) chez les clients.

Exit donc Domingo Ureña-Raso, l’espagnol Fernando Alonso, directeur des essais en vol d’Airbus, et qui «connaît parfaitement l'appareil», reprend le poste de directeur de la section des avions militaires.

Un A400M Atlas de l'Armée de l'air. © Pax Aquitania 
Mais ce n'est pas tout. Afin de rassurer les 8 clients concernés ( France, Allemagne, RU, Belgique, Luxembourg, Turquie, Espagne et Malaisie) Airbus Group a annoncé la mise en place d'un comité de surveillance pour l'A400M sous la responsabilité de Bernhard Gerwert, qui dirige Airbus DS. Selon ce dernier, « nous n’avons pas été à la hauteur des attentes en ce qui concerne l’intégration des capacités 
militaires et la montée en cadence industrielle. Ceci n’est pas acceptable et nous allons résoudre ce problème. Nous sommes parfaitement conscients que les nations clientes ont besoin de ce nouvel aéronef et nous prenons donc leurs craintes très au sérieux ».

Le problème se situe au niveau de la chaîne de production. En effet, les sous-traitants n'arriveraient pas à suivre la cadence imposée. S'ajoute à cela le fait que chaque pays ne demande pas un modèle de "série", mais plutôt des spécifications précises... des exigences qui compliquent et ralentissent la production. Une situationsurtout mal appréhendée par Airbus dès l'origine.
L’A400M, baptisé Atlas dans l'armée française, sera donc désormais intégré à la direction des opérations d’Airbus DS, elle-même confiée à Pilar Albiac-Murillo, qui a justement intégré Airbus dès 2007 pour améliorer l'efficacité opérationnelle du groupe, grâce à son expérience dans l'industrie... automobile !

D'autres mesures ainsi qu'un nouveau calendrier de livraison seront prochainement annoncés, peut-être à la fin du mois. Après une grossesse compliquée, un accouchement difficile donc pour un bébé qui devra rapidement trouver sa maturité.

L'A400M devrait à terme permettre le largage ou encore le ravitaillement en vol© Airbus DS
* De 4 à 5 ans de retard pour la France, qui a reçu à ce jour 6 appareils et en attend 4 en 2015.
** Les contrôles réalisés par la Luftwaffe ont détecté «875 défauts» ! Côté français, on parle seulement de défauts de jeunesse, et l'on est conscient du bond technologique et stratégique que représente cet appareil.

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