jeudi 12 février 2015

L'A400M ne pourra finalement pas ravitailler les hélicoptères Caracal


Trop dangereux. C'est ainsi que la DGA a jugé la procédure de ravitaillement en vol pour hélicoptères de l'A400M. Le transporteur militaire d'Airbus n'est décidément pas sorti de la zone de turbulences...

Lors de sa présentation du bilan 2014, le délégué général de l'armement, Laurent Collet-Billon , a égratigné l'A400M Atlas et Airbus Group. Finis les compliments pour cet avion qui, malgré "des défauts de jeunesse" comme on aime les qualifier dans l'Armée de l'air, remplit pour le moment ses missions avec brio.
Airbus subit actuellement une salve de critiques de la part de ses clients, en Allemagne notamment, où l'armée aurait trouvé à l'A400M plus de 800 défauts !

Mais restons du côté français. L'intérêt d'un avion comme l'A400M est de permettre un grand panel de missions: transport de fret (ravitaillement, véhicules, hélicoptères..) sur une longue distance, parachutage (voir plus bas), atterrissage sur piste de terre... le compromis idéal en quelques sortes. Toutefois, il faut selon le DGA enlever à ses capacité la possibilité de ravitailler en vol des hélicoptères.
En effet, en raison des turbulences provoquées par les hélices contracycliques du moteur TP400, que vous pouvez voir ci dessous sur un banc d'essai tel qu'il se présente à l'AIA de Bordeaux, la procédure de ravitaillement en vol devient beaucoup trop dangereuse.

Le moteur TP400, coupable désigné !
Le seul hélicoptère français apte à opérer une procédure de ravitaillement en vol est l'EC725 Caracal d'Airbus Helicopters (ex-Eurocopter). Ces appareils sont pour la plupart basés à Cazaux, sur la BA 120 qui jouxte le bassin d'Arcachon. Ils servent au sein du très souvent cité sur ce blog escadron "1/67 Pyrénées". Leurs missions impliquent les forces spéciales, la pénétration en profondeur du territoire ennemi (ex: le raid de la DGSE en Somalie en janvier 2013), ou encore la RESCO. Hors de question donc de risquer un équipage avec un ravitaillement en vol périlleux.

Autres soucis, d'après Laurent Collet-Billon, le parachutage par les portes latérales "n'est pas encore satisfaisant", et "concernant la production et le développement, nous ne sommes pas satisfaits dans les deux cas". Ambiance...

La DGA a reçu 6 A400M Atlas depuis 2013, et en attend 4 cette année.



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