vendredi 6 mars 2015

Aviation militaire: Dassault au top ! Airbus proche du flop...

Airbus A400M et Rafale de Dassault côte à côte
Copyright Reuters 2013
François Hollande visitait ce mercredi l'usine d'assemblage du Rafale de Dassault à Mérignac (photos officielles ici). Une venue qui, s'il n'y a pas eu d'annonce surprise, a eu le mérite de dénouer les langues... Le travail de Dassault a été loué, pendant qu'Airbus essuyait les plâtres.

Comme un symbole, le Président est arrivé en Falcon de la République. Après avoir pu assister à une impressionnante démonstration du Rafale au dessus du site, François Hollande a visité les installations, rencontrant les employés, et prononcé un discours, dont l'export fut le principal leitmotiv: "C'est vraiment plus simple de vendre à un acheteur qui voulait vraiment acheter...(...) Depuis la signature de ce contrat, Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense passe beaucoup de temps à rencontrer et répondre aux demandes de pays intéressés, de longue date parfois, par le Rafale, mais qui se montrent beaucoup plus attentifs... C'est un très bon signe !"

Et de souligner l'exemple du secteur aéronautique pour l'ensemble de l'industrie française: "Les grandes filières industrielles comme l'aéronautique génèrent 23 Md€ d'excédent commercial. La vente du Rafale est un bon présage pour l'avenir de l'industrie. J'y vois aussi le signe d'une reprise économique française."


© PHOTO QUENTIN SALINIER
Eric Trappier, PDG du groupe, en a profité pour rappeler que "7.000 personnes travaillent sur ce programme, 500 PME et ETI interviennent en sous-traitance sur le Rafale, dont 50 % sont implantées en Aquitaine". Celui espère ouvertement qu'un second contrat export sera conclu cette année, avec pour priorité l'Inde. "L'armée de l'air indienne est extrêmement satisfaite avec les définitions techniques. Nous avons finalisé nos accords industriels avec le grand partenaire industriel HAL qui doit fabriquer une grande partie des avions localement, assure le dirigeant. Nous avons un partage contractuel des tâches sur lequel nous nous sommes mis d'accord. Maintenant il nous faut finaliser le contrat avec le ministère indien de la défense."

L'occasion aussi de rassurer en annonçant la pérennisation de la chaîne d'assemblage, et même une éventuelle augmentation des cadences en cas de nouveau contrat.


Airbus dans la mire du DGA...

Parmi les nombreuses personnalités présentes, politiques, industrielles ou militaires, une en particulier s'est faite remarquer. Il s'agit du Délégué Général de l'Armement, Laurent Collet-Billon , qui s’en est violemment pris à Airbus, sau sujet des troubles qui touchent le programme A400M d'Airbus, et par ricochet, les armées françaises.

Ce dernier, visiblement fatigué par ces péripéties, a lâché un cinglant "Qu’ils viennent voir comment on travaille chez Dassault à Mérignac !".

L'avion de transport militaire d'Airbus traverse une forte zone de turbulences*. Depuis plusieurs semaines, problèmes et critiques des clients s'enchaînent. Domingo Ureña-Raso, le directeur du programme, a même été remplacé le mois dernier par Fernando Alonso.Selon le DGA, "Depuis le départ de Domingo Ureña-Raso, nous n’avons plus d’interlocuteur chez Airbus !".

Tom Enders, qui dirige Airbus Group, entend proposer très rapidement des solutions drastiques. 

*Supply chain, ravitaillement des hélicoptères, livraisons moins rapides que prévu en 2015... Cliquez sur le libellé #A400M du blog pour découvrir les récents articles abordant les soucis du programme. L'A400M reste néanmoins un avion "bien né" comme le rappelle souvent l'Armée de l'air.


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