mercredi 29 avril 2015

Budget: hausse de 3,8 Mds et 18 500 postes épargnés pour la Défense

Photo STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Un conseil de défense qui fera date. Ce mercredi 29 avril au matin, François Hollande, via une communication très maîtrisée, a annoncé son arbitrage s'agissant de l'avenir du budget de la défense: « 3,8 milliards de crédits supplémentaires » et 18 500 postes sauvés afin de pouvoir répondre à toutes les missions qui se présentent.
Chose inhabituelle, les ministres de l'économie et des finances, Emmanuel Macron et Michel Sapin, étaient présents...

Décidément, s'il y a bien un domaine où l'esprit du 11 janvier perdure c'est la défense. François Hollande a été clair: « La sécurité, la protection, l'indépendance sont des principes qui ne se négocient pas ». Ce seront donc des crédits budgétaires "à l'ancienne" qui viendront au secours d'un Ministère de la Défense qui commence à être submergé par le nombre de missions et l'ampleur des besoins. Exit donc les sociétés de projet, dont Bercy ne voulait pas.
La loi de programmation militaire 2014/2019 va être réactualisée, et sera présentée en conseil des ministres le 20 mai. 

Noël avant l’heure pour l’armée. A l’issue d’ un Conseil de défense ce mercredi matin, François Hollande a annoncé que les crédits de la loi de programmation militaire allaient bénéficier d’un effort « considérable » pour tirer tous les enseignements des attentats de janvier et du très haut niveau de déploiement des forces en opération extérieure. Au total, ce sont 6 milliards d’euros supplémentaires que le chef de l’Etat a décidé d’allouer à la grande muette et, ce, malgré les impératifs de réduction des déficits publics.
François Hollande a d’abord rappelé que les 31,4 milliards prévus en 2015 seraient bien au rendez-vous. Mais, et l’inflexion est notable, tout proviendra de crédits budgétaires en bonne et due forme. « Le ministère de la Défense est sûr de pouvoir disposer de ces crédits », a promis le chef de l’Etat. Autrement dit, adieu - au moins pour cette année - au très controversé projet de location de matériel à l’étude depuis plus de six mois.
Défendu par la Défense, faute de mieux, mais combattu par Michel Sapin, pour ses effets nocifs sur l’endettement , ce projet devait permettre de récupérer 2,2 milliards initialement attendus de la cession des fréquences de la TNT, la télévision numérique terrestre. L’idée était de créer une ou deux sociétés spéciales (« SPV » en anglais), capitalisées grâce à la cession par l’Etat de quelques participations publiques, et qui auraient acheté à l’armée des matériels pour les lui re-louer aussitôt, avion de transport A400M ou frégate multi-missions. D’où une rentrée d’argent frais.

18.500 postes préservés

Deuxième annonce majeure : pour financer la prolongation dans la durée de l’opération Sentinelle - c’est-à-dire pouvoir déployer 7.000 hommes affectés à la surveillance des points sensibles du territoire - autant que pour poursuivre le haut niveau de déploiement des troupes à l’extérieur (Sahel, Irak, Centrafrique...), ce sont 3,8 milliards supplémentaires qui vont être alloués sur la période 2016 à 2019, en tenant compte des économies dégagées sur l’inflation ou le prix du pétrole.
François Hollande n’est par rentré dans les détails, déclarant seulement que cette somme recouvre « pour beaucoup des crédits de personnes et d’équipements ». L’armée a fait ses comptes : elle estime qu’il fait sauver 18.500 postes sur les 34.000 promis à la suppression dans la loi de programmation militaire pour mener à bien toutes les missions qu’on lui assigne. Ce qui lui a été accordé lors du Conseil de défense, selon l’AFP. Compte tenu de ce qui a déjà été fait, les effectifs de la grande muette ne diminueront donc « que » de 7.300 postes d’ici à 2019. C’est un allégement majeur de son plan social.

Pour l’UMP, le compte n’y est pas

Les 3,8 milliards de crédits supplémentaires serviront aussi à financer la maintenance des matériels, qui sont très éprouvés par les Opex, mais aussi à en acquérir de nouveaux. Là encore pas de détail, le chef de l’Etat évoquant juste l’aéronautique, la cyberdéfense ou encore le renseignement. Les choses ne vont par traîner puisque la loi de programmation actualisée sera présentée au Conseil des ministres du 20 mai, a ajouté François Hollande.
A droite, les premières réactions critiques n’ont pas tardé. Pour le député UMP de Paris Jean-François Lamour, « le compte n’y est toujours pas ». Ces 3,8 milliards d’euros de crédits budgétaires supplémentaires, estime-t-il, « permettent de financer soit la moindre déflation des effectifs, soit la poursuite des programmes d’armement (...) mais certainement pas les deux, ce qui aurait nécessité environ 4 milliards d’euros de plus sur la période. »
S’il salue, comme Jean-François Lamour, l’abandon du projet de location de matériel, François Cornut-Gentille (UMP, Meuse), met en avant le caractère « plus évasif » de François Hollande quand il s’agit d’expliquer d’où va provenir l’argent promis. Qualifiée de « sanctuarisation de papier », la garantie apportée au budget 2015 ne tient pas car, justifie-t-il, « les dépenses ont considérablement augmenté par rapport aux prévisions à la suite des attentats de janvier. Les armées devront se serrer la ceinture et sans doute reporter l’acquisition d’équipements militaires. »

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/economie-france/budget-fiscalite/02138502215-le-budget-de-la-defense-sanctuarise-en-2015-1115445.php?yS8c2Be4xITLEKsS.99
Noël avant l’heure pour l’armée. A l’issue d’ un Conseil de défense ce mercredi matin, François Hollande a annoncé que les crédits de la loi de programmation militaire allaient bénéficier d’un effort « considérable » pour tirer tous les enseignements des attentats de janvier et du très haut niveau de déploiement des forces en opération extérieure. Au total, ce sont 6 milliards d’euros supplémentaires que le chef de l’Etat a décidé d’allouer à la grande muette et, ce, malgré les impératifs de réduction des déficits publics.
François Hollande a d’abord rappelé que les 31,4 milliards prévus en 2015 seraient bien au rendez-vous. Mais, et l’inflexion est notable, tout proviendra de crédits budgétaires en bonne et due forme. « Le ministère de la Défense est sûr de pouvoir disposer de ces crédits », a promis le chef de l’Etat. Autrement dit, adieu - au moins pour cette année - au très controversé projet de location de matériel à l’étude depuis plus de six mois.
Défendu par la Défense, faute de mieux, mais combattu par Michel Sapin, pour ses effets nocifs sur l’endettement , ce projet devait permettre de récupérer 2,2 milliards initialement attendus de la cession des fréquences de la TNT, la télévision numérique terrestre. L’idée était de créer une ou deux sociétés spéciales (« SPV » en anglais), capitalisées grâce à la cession par l’Etat de quelques participations publiques, et qui auraient acheté à l’armée des matériels pour les lui re-louer aussitôt, avion de transport A400M ou frégate multi-missions. D’où une rentrée d’argent frais.

18.500 postes préservés

Deuxième annonce majeure : pour financer la prolongation dans la durée de l’opération Sentinelle - c’est-à-dire pouvoir déployer 7.000 hommes affectés à la surveillance des points sensibles du territoire - autant que pour poursuivre le haut niveau de déploiement des troupes à l’extérieur (Sahel, Irak, Centrafrique...), ce sont 3,8 milliards supplémentaires qui vont être alloués sur la période 2016 à 2019, en tenant compte des économies dégagées sur l’inflation ou le prix du pétrole.
François Hollande n’est par rentré dans les détails, déclarant seulement que cette somme recouvre « pour beaucoup des crédits de personnes et d’équipements ». L’armée a fait ses comptes : elle estime qu’il fait sauver 18.500 postes sur les 34.000 promis à la suppression dans la loi de programmation militaire pour mener à bien toutes les missions qu’on lui assigne. Ce qui lui a été accordé lors du Conseil de défense, selon l’AFP. Compte tenu de ce qui a déjà été fait, les effectifs de la grande muette ne diminueront donc « que » de 7.300 postes d’ici à 2019. C’est un allégement majeur de son plan social.

Pour l’UMP, le compte n’y est pas

Les 3,8 milliards de crédits supplémentaires serviront aussi à financer la maintenance des matériels, qui sont très éprouvés par les Opex, mais aussi à en acquérir de nouveaux. Là encore pas de détail, le chef de l’Etat évoquant juste l’aéronautique, la cyberdéfense ou encore le renseignement. Les choses ne vont par traîner puisque la loi de programmation actualisée sera présentée au Conseil des ministres du 20 mai, a ajouté François Hollande.
A droite, les premières réactions critiques n’ont pas tardé. Pour le député UMP de Paris Jean-François Lamour, « le compte n’y est toujours pas ». Ces 3,8 milliards d’euros de crédits budgétaires supplémentaires, estime-t-il, « permettent de financer soit la moindre déflation des effectifs, soit la poursuite des programmes d’armement (...) mais certainement pas les deux, ce qui aurait nécessité environ 4 milliards d’euros de plus sur la période. »
S’il salue, comme Jean-François Lamour, l’abandon du projet de location de matériel, François Cornut-Gentille (UMP, Meuse), met en avant le caractère « plus évasif » de François Hollande quand il s’agit d’expliquer d’où va provenir l’argent promis. Qualifiée de « sanctuarisation de papier », la garantie apportée au budget 2015 ne tient pas car, justifie-t-il, « les dépenses ont considérablement augmenté par rapport aux prévisions à la suite des attentats de janvier. Les armées devront se serrer la ceinture et sans doute reporter l’acquisition d’équipements militaires. »

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/economie-france/budget-fiscalite/02138502215-le-budget-de-la-defense-sanctuarise-en-2015-1115445.php?yS8c2Be4xITLEKsS.99
De plus, 18 500 postes sur les 34 000 suppressions prévues par cette même LPM seront préservés. C'est bien plus que ce que l'on espérait en janvier après les attentats !
La mission Sentinelle, OPINT (opération intérieure) et véritable Vigipirate survitaminée, justifie un tel retour en arrière. En effet, le Président assure que celle-ci est installée dans la durée, avec 7000 hommes déployés en permanence sur le territoire métropolitain.

Les équipements ne sont pas en reste. Le soutien financier ira en partie à la maintenance des matériels; on pense notamment aux hélicoptères qui souffrent sur tous les théâtres (ex: une turbine de Puma tient 200H dans le désert du Sahara, contre 2000H en temps normal..) Des annonces sont attendues sur ce sujet précis.

Mais malgré ce déluge de bonnes nouvelles, des questions demeurent: Comment finance t-on cet "effort de guerre" ? Pour l'instant, la conjoncture est favorable en raison des taux d'intérêt très bas voire nuls, et du prix du pétrole.

Du côté de l'opposition, qui depuis peu est passée à l'attaque sur les questions de défense, on rétorque que la mesure est insuffisante, argumentant qu'il faudrait le double de crédits pour pouvoir assurer les missions de façon normale. Pour Jean-François Lamour, député UMP de Paris , ces 3,8 milliards « permettent de financer soit la moindre déflation des effectifs, soit la poursuite des programmes d’armement (...) mais certainement pas les deux. (...) En voulant donner l’impression de trancher, François Hollande se place une nouvelle fois dans l’entre-deux et dans l’incertitude. Et laisse nos armées au milieu d’un gué de plus en plus instable. »


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