lundi 11 mai 2015

Malgré le drame, la France n'a plus le luxe de se priver de l'A400M


Au lendemain du terrible crash d'un A400M lors son premier vol d'essai à Séville, qui a coûté la vie à quatre personnes, le Ministre français de la défense a publiquement déclaré ce dimanche que seuls "les vols prioritaires en opérations" seraient maintenus s'agissant des A400M Atlas de l'Armée de l'air.

Contrairement aux armées de l'air britannique (2 avions), allemande (1) et turque (2) qui ont annoncé une suspension totale des vols de leurs Airbus A400M, ce n'est donc pas le cas de la France, où l'on justifie que les appareils ne présentent aucun signe inquiétant. En vérité, la France semble déjà tellement compter sur sa nouvelle bête de somme qu'il lui serait difficile de s'en passer, même temporairement.

Soyons honnêtes (ou réalistes), sous le couvert de ce "choix politique" de laisser voler les six A400M français, il n'y a en réalité pas vraiment le choix, stratégiquement parlant. Depuis l'entrée en service de l'appareil, nos rares et vieux C160 Transall et C130 Hercules sont de moins en moins disponibles et tout a désormais tendance à passer par l'A400M Atlas qui a déjà servi sur tous les continents et dans toutes les opérations en cours. 
Mais contrairement à la Royal Air Force, qui dispose d'un monstre comme le C17 Globemaster, l'Armée de l'air n'a pas le luxe de clouer au sol ses A400M et leur capacité d'emport de 36 tonnes sur presque 8000 Km ! Rappelons par exemple comment nos alliés ont dû nous aider au lancement de l'opération Serval en janvier 2013. 

Laisser voler nos A400M donc, une décision curieuse, voire dangereuse par principe qui fait déjà grincer des dents... 
Nous payons là simplement le fait, et c'était à redouter, d'avoir laisser vieillir nos flottes de transporteurs (il est vrai cependant que le programme A400M a pris quatre années de retard chez Airbus). Une situation qui pourrait toucher dans le futur nos ravitailleurs, même si l' A330 MRTT va pour le moment très bien.  

4 des 6 membres d'équipage ont été tués dans le crash
En tout état de cause, cet accident arrive au pire moment pour Airbus, alors que l'appareil avait récemment montré ses lacunes, tant capacitaires que dans la production. D'où la nécessité en France, peut être, d'acquérir d'autres avions de transport comme des C130J pour les forces spéciales. Un avion plus tactique capable d'assumer les missions de largage ou de posé d'assaut. La rumeur existe depuis quelques temps, elle risque de devenir plus concrète.

Du côté de Séville, les 2 boîtes noires ont été retrouvées et confiées à l'instruction. Le monde de l'aéronautique et les armées de l'air concernées sont donc dans l'attente des premiers résultats de l'enquête.

Le programme ­A400M, le plus important programme militaire européen en coopération, s'élèverait à 31 milliards d’euros, pour un coût unitaire de 130 millions à ce jour. 174 appareils ont été commandés par 8 pays, dont 50 par la France.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire