lundi 1 juin 2015

Export du Rafale: la Région Aquitaine va aider les PME sous-traitantes


Alors que les récents succès à l'export du Rafale de Dassault laissent augurer une pérennisation de la chaîne d'assemblage de Mérignac, ainsi qu'une cadence de production rehaussée, une inquiétude persiste sur la capacité des très nombreuses PME sous traitantes à pouvoir suivre le rythme. Heureusement, la Région Aquitaine devrait les accompagner.

Malgré le couac indien de ce week-end (voir article précédent), ce sont pour le moment 84 Rafale destinés à la clientèle étrangère (24 pour l'Egypte, 24 pour le Qatar, 36 pour l'Inde) qui vont devoir être assemblés du côté de Mérignac, s'ajoutant à ceux déjà commandés par la France pour son Armée de l'air et son aéronavale.

Au rythme actuel de 11 appareils produits à l'année, cela laisse une bonne décennie d'activité me direz vous. Seulement qui dit multiplicité des clients dit multiplicité des calendriers de livraison. D'autant plus que ces clients en particulier, l'Egypte surtout, espèrent pouvoir bénéficier du chasseur multirôle dans des délais plutôt brefs...
Dassault Aviation compte donc bien enclencher la vitesse supérieure et doubler, peut être même tripler la cadence. Cette opération devrait être réalisée sur un ou deux ans.

C'est ici qu'une inquiétude survient. Le Rafale fait travailler un impressionnant tissu de PME, chacune faisant honneur à l'aéronautique de pointe française. Agnès Paillard, la présidente d'Aerospace Valley, a d'ailleurs déjà tiré la sonnette d'alarme, il va falloir soutenir la fourmilière, ces petites structures n'ayant souvent ni la trésorerie, ni le vivier nécessaire pour grandir très (trop) rapidement. Le même problème est par ailleurs à constater avec Airbus.

C'est pourquoi en Aquitaine, Alain Rousset, le président de Région, assure qu'il faut "profiter de cette opportunité pour restructurer la supply chain et rapprocher des entreprises, qui sont trop petites, entre elles. Cela permettra de faire émerger des sous-traitants de rang 1, ainsi que des ETI (Entreprise de taille intermédiaire) et de créer des emplois" comme il l'a déclaré dans Sud Ouest.

Ainsi, dès le mois de juin, la Région et Dassault, tenteront d'identifier les besoins prioritaires. Ensuite, trois dispositifs seront mis en place par le Conseil Régional afin... 

  1. D'encourager la formation du personnel, mais aussi de chômeurs qui pourraient être recrutés. Aerocampus Aquitaine, la belle réussite de la Région, pourrait y jouer un rôle majeur.
  2. D'aider les PME à investir dans du nouveau matériel
  3. Enfin, de renforcer les fonds propres et donc la capacité d'emprunt de ces entreprises, avec le soutien de la BPI.

Selon Alain Rousset, qui fait campagne pour présider la futur grande Aquitaine, 5 à 10 millions d'euros pendant trois ans pourraient être dégagés pour ce plan d'accompagnement.


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