jeudi 27 août 2015

Missions et exercices des CPA déployés en Jordanie

Photo EMA
C’est sur la base aérienne projetée (BAP) d'Al-Sawafi, située à une centaine de kilomètres à l'est d'Amman, capitale jordanienne, qu'est déployée une partie des hommes et femmes participant aux frappes contre l’état islamique en Irak, l'opération "Chammal".  Parmi eux, des équipes de commandos parachutistes de l'air, dont le CPA n°30 de Bordeaux/Mérignac.

Depuis maintenant presque un an, l’opération Chammal mobilise 700 militaires, et ça quand le groupe aéronaval du Charles de Gaulle n'y participe pas... Assurant un appui aérien au dessus du territoire irakien (et non syrien comme certains alliés), l'installation de chasseurs-bombardiers en Jordanie a permis de se libérer des contraintes en ravitaillement que des missions depuis la base française d'Al Dhafra aux EAU nécessitaient.
Le dispositif complet est actuellement structuré autour de 12 avions de chasse de l’armée de l’Air: 6 Rafale, 3 Mirage 2000D et 3 Mirage 2000N, ainsi qu'un avion de patrouille Atlantique 2 de la Marine Nationale, qui lui aussi largue désormais des bombes.

Et bien entendu on ne trouve pas que des aviateurs sur la base. En effet, outre les personnels jordaniens, mais aussi américains, les français ont mis en place un "détachement de protection", qui s'appuie sur un un noyau constitué de commandos parachutistes de l'air, les fameux CPA.
Divisés en 3 unités, le «CPA10» (Orléans), le «CPA20» (Dijon, puis bientôt Orange) et le «CPA30» (Mérignac), les commandos parachutistes de l'air assurent des missions communes, comme ici la protection d'une base aérienne projetée, c'est la mesure "RAPACE", mais également des tâches spécialisées. Celles-ci sont par exemple, en ce qui concerne le CPA bordelais dont c'est la spécialité*, la recherche et sauvetage - des pilotes - au combat, la "RESCO".

Aussi, des exercices sont organisés régulièrement par le détachement de protection de la BAP afin d'entraîner les alliés à réagir de façon appropriée en cas de menace extérieure sur les installations.

Voici par exemple le récit d'un exercice qui s'est déroulé le 10 aout (source EMA):

Lorsque la sirène s’est déclenchée, l’ensemble du personnel désigné a instantanément pris les mesures adaptées de réaction contre la menace. Rassemblement du personnel devant le JDOC (Joint Defense Operation Center - c’est le centre névralgique de gestion de crise), distribution des équipements de protection balistique, test des moyens de communication, rappel des consignes, etc., les groupes d’autoprotection se sont préparés en un laps de temps très court, afin de réagir de manière très réactive à une éventuelle agression. Les postes de combat ont été armés, la surveillance statique et les patrouilles dynamiques mises en place, et le dispositif de protection de la BAP a été considérablement renforcé.
Photo EMA
L'Etat Major des armées a d'ailleurs publié récemment plusieurs témoignages (ici) de membres des différents CPA déployés sur l'opération Chammal.

En voici un extrait:
En 2007, le caporal Laurent, baccalauréat d’électrotechnicien en poche, s’est renseigné sur les carrières militaires auprès du CIRFA de Toulouse. Attiré par « l’aventure » il a alors décidé d’intégrer la filière fusilier commando dans l’armée de l’Air. Après sa formation à l’EETAA, il a choisi de servir au sein de l’escadron de protection de Cazaux et, deux mois plus tard, a passé les tests de sélection pour devenir commando de l’Air. Retenu pour la spécialité, il a effectué le stage Matou et fait sa demande d’intégration au CPA 30 de Bordeaux en 2008. Par la suite, il a entamé un nouveau processus de sélection pour, cette fois, intégrer le groupe spécialisé Recherche et Sauvetage au Combat (RESCO/CSAR) du CPA 30, auquel il appartient désormais avec la spécialité tireur d’élite longue distance. « Pour appartenir à un groupe spécialisé, il faut réaliser des stages qualifiants permettant d’acquérir des compétences spécifiques (transmetteur, auxiliaire sanitaire, tireur d’élite, etc.). »
Ce qui lui plaît le plus dans son métier de commando ? « Travailler en groupe réduit avec des personnels hautement qualifiés en qui j’ai une totale confiance, avoir des responsabilités et vivre l’aventure ». Et des aventures il en a vécu… puisqu’il est parti 2 fois en Afghanistan (en 2010 et 2012) mais aussi en Lybie (en 2011), au Mali (en 2013) et au Tchad (en 2014) avec des mandats d’environ 4 mois par OPEX. Le caporal Laurent réalise actuellement sa sixième OPEX et « reconnait que pour faire ce métier il faut être discipliné et avoir l’esprit de sacrifice, puisqu’on exerce un métier à risques où l’éloignement familial est fréquent ».



*Le CPA 30 est le pôle d'excellence RESCo. Il est responsable de la formation et de l'entraînement des équipes dans ce domaine. Il agit de concert avec les hélicoptéristes de l'escadron "Pyrénées" basé à Cazaux.


2 commentaires:

  1. La photo du tireur de précision en haut de page montre une ''bidouillage'' maison sur le silencieux ou c'est réglementaire ?

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    1. Il s'agit d'un accessoire, non d'un bidouillage: un bouclier thermique pour silencieux, qui empêche ce dernier de chauffer, et de ce fait de produire un "mirage" qui pourrait gêner la visée.
      Sur la photo le tireur utilise un élastique, probablement pour sécuriser l'attache en velcro, peut-être mise à mal par le sable...

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