mercredi 12 août 2015

Premier contrat "Ariane 6" pour Airbus Safran Launchers ! Bordeaux toujours en lice pour accueillir le siège ?


La "joint-venture" Airbus Safran Launchers (ASL) a obtenu de l'Agence Spatiale Européenne (ESA) le premier contrat de l'histoire de la future Ariane 6. Un montant de 2,4 milliards d'euros et un objectif: 2020.

Après les discussions sur le format, le calendrier, les décisions politiques européennes, voici que l'aventure industrielle commence pour le futur lanceur Ariane 6. 

En réalité, ce sont trois contrats qui ont été signés par l'ESA ce mercredi 12 août: 
  • 2,4 milliards d’euros pour le maître d'oeuvre donc, Airbus Safran Launchers (ASL). Deux versions du lanceur seront conçues: Ariane-62 et 64 (2 ou 4 boosters). c’est-à-dire à deux ou quatre boosters. Un contrat important qui selon ASL financera « les travaux de développement du lanceur Ariane-6 et son industrialisation »
  • Un second contrat a été conclu avec le CNES. En effet, Ariane 6 bénéficiera à Kourou (Guyane Française) d'un nouveau pas de tir, pour 600 millions d'euros. Un terrain de 200 Ha, un pas de tir donc, et un hangar d'assemblage à l'horizontale (c'est nouveau).
  • Le troisième et dernier contrat concerne le lanceur italien Vega. D'une valeur de 395 millions d’euros, il permettra à European Launch Vehicle (ELV) de développer la nouvelle version - Vega C - de ce lanceur léger qui sera le parfait complément d'Ariane 6.
Le lanceur Ariane 6 aura la lourde tâche de remplacer son illustre prédécesseur et surtout de s'imposer dans un marché devenu hyper concurrentiel avec l'arrivée d'entreprises privées (largement subventionnées par la NASA...) comme SpaceX. Il faudra pour ce faire diviser les coûts de lancement par deux, de 150 à 70 millions d'euros. Récupération des lanceurs, assemblage en série, grande adaptabilité selon le client et la taille des satellites... toutes les pistes sont envisagées.

Le premier vol d’Ariane 6 est prévu pour 2020, et sa pleine capacité opérationnelle pour 2023.


Le siège d'ASL à Bordeaux ?

Pour rappel, Aquitaine et Ile-de-France se battent actuellement pour obtenir le siège social d'ASL. C'est d'ailleurs un objectif majeur du Président de Région Alain Rousset, actuellement en campagne pour présider la "grande" Aquitaine.

Et Bordeaux dispose d'arguments de choix. Le programme Ariane en Aquitaine, ce sont 3400 emplois sur les 6500 en France !
Au Haillan et à Saint-Médard-en-Jalles, Herakles, filiale de Safran, conçoit et fabrique les moteurs à propergol solide et les tuyères. Toujours à Saint-Médard, Airbus pilote le programme des étages d’accélération à poudre d’Ariane 5.
De plus, Snecma (encore une filiale de Safran) a récemment inauguré sur la rive droite bordelaise des bureaux consacrés exclusivement au MCO des moteurs M88 du Rafale, preuve que les grandes entreprises cherchent à se rapprocher de leurs sites de production (un autre exemple, Airbus à Toulouse).

Quoiqu'il en soit, la décision devra avoir été prise avant la fin de l'année.


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