vendredi 25 septembre 2015

Bordeaux va se doter d'un centre de prévention contre la dérive radicale

Le français membre de Daech Salim Belghalem en février 2015

Dès janvier 2016, le « CAPRI », collectif aquitain de prévention contre la radicalisation islamiste, verra le jour à Bordeaux. Cette association aura pour mission d’aider les proches de personnes enrôlées dans l’islam radical. Et pour faire clair, prévenir les départs vers le Moyen Orient.

Soutenue par la préfecture et la métropole de Bordeaux, CAPRI, qui a le statut d'association, réunira psychologues, spécialistes des dérives sectaires d' "Infos sectes aquitaine" du CCMM (Centre contre les manipulations mentales), représentants de la religion musulmane, issus de l'association des Musulmans de Gironde, des psychiatres et psychologues, ou encore des travailleurs sociaux.
Son secrétaire général est Marik Fetouh, adjoint au maire de Bordeaux en charge de l'égalité et de la citoyenneté.

Il faisait d'ailleurs part de l'état d'avancement du projet cette semaine dans le journal Sud Ouest : « Nous constituons actuellement le comité scientifique de Capri, poursuit Marik Fetouh. Il va rassembler des psychiatres, psychologues, spécialistes en théologie, spécialistes des dérives sectaires, travailleurs sociaux, etc. Il s'agit d'avoir une démarche, jusque-là originale, d'une approche pluridisciplinaire. Dans le domaine de la prévention, il s'agit de construire un discours efficace en opposition à celui développé, particulièrement sur Internet, par ceux qui assurent la promotion des filières jihadistes. »

Le but évident, éviter d'autres "Salim Belghalem", ce petit délinquant de région parisienne ayant intégré en dix ans le Top 10 des terroristes les plus dangereux...


Le Monde de ce 25 septembre publie une enquête sur Salim Belghalem

Outre l'accompagnement des familles et la prévention de la radicalisation, le bureau prendra également en charge des individus radicalisés, dans le but donc d'effectuer un travail de déradicalisation, sur lequel  le conseil scientifique pré-cité effectue justement des recherches.

Contrairement aux services de renseignement comme la DGSI, et la justice, qui ont naturellement un rôle de nature répressive, CAPRI tentera de mener la lutte sur un autre terrain, celui de ces citoyens qui se sentent désemparés face au fléau de la radicalisation qui les frappe au plus près. La partie "soft power" de l'arsenal français anti-terroriste en quelque sorte...

Bordeaux est la 3ème grande ville de province à se doter d'un tel centre, après Strasbourg et Marseille. En Europe (Grande Bretagne, Pays-Bas, Norvège), les initiatives sont en revanche bien plus avancées et servent actuellement d'inspiration en France.

La capitale girondine et sa région sont néanmoins relativement peu touchées par le phénomène. On parle d'une dizaine de départ en Syrie seulement, dont une famille entière (comprenant 4 enfants ) partie en juillet.
En comparaison et selon les chiffres officiels du gouvernement au 15 septembre, il y aurait 491 français combattant sur place avec l'état islamique, et un total de 1880 "impliqués" !

Et si les communautés religieuses cohabitent plutôt sereinement dans l'agglomération bordelaise - pour avoir vécu à Lille je crois pouvoir le confirmer - et dans le respect de la laïcité, des incidents ont toutefois lieu de manière régulière... Des incendies de mosquées après les attentats de janvier, à l'affaire de l'épicerie discriminant hommes et femmes dans le quartier Saint Michel au mois de juillet, en passant par le débat sur une pratique fondamentaliste à Bègles, il convient d'installer une vigilance constante.

Faut il y voir un accroissement des tensions et être pessimiste ? L'avenir le dira mais l'initiative représentée par la CAPRI intervient probablement au bon moment.


A ce titre nous parlerons ici la semaine prochaine d'une autre facette, ces français, ex-soldats de l'armée française, qui partent combattre aux côtés des kurdes en Syrie.


Quelques infos pratiques : 

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