vendredi 4 septembre 2015

Décevant retour d'Asie pour l'armement tricolore

AFP

On en parlait au début de la semaine, la tournée asiatique du Ministre de la Défense, accompagné d'une délégation de haut niveau comportant parlementaires et industriels, s'annonçait prometteuse. Eh bien pour une fois en 2015, elle s'est avérée globalement décevante !

Il aura donc fallu attendre le mois de septembre de cette année fastueuse pour l'armement français (qui triple pour l'instant son chiffre de 2014), pour qu'un premier couac surgisse. En réalité, c'est surtout de New Delhi, où la délégation devait se rendre après Kuala Lumpur, que le camouflet survient.

On avait annoncé un peu hâtivement la signature du contrat Rafale promis par l'Inde en avril dernier, et même un intérêt soudain de celle-ci pour un des BPC Mistral "russes", qui sont de nouveau à vendre.
Or, les négociations semblent tarder - comme d'habitude - s'agissant des 36 Rafale achetés sur étagère, et la visite française a purement et simplement été... annulée !

Pas de conclusions hâtives cependant. Si cette opportunité médiatique n'a pu être saisie, nul doute que le dossier avance et que nous en saurons plus dans quelques semaines.


18 Rafale pour la Malaisie ? Pas pour tout de suite.

S'il fallait retenir une bonne nouvelle, ou au moins un espoir, ce serait du côté de la Malaisie, grand partenaire stratégique et - surtout - client de la France. Jean-Yves Le Drian a en effet confirmé la remise d'une proposition française dans le cadre de l'appel d'offres portant sur l'acquisition de 18 avions de combat qui remplaceront des MIG-29 russes partant à la retraite cette année.
Cette proposition, pour 18 Rafale de Dassault donc, a reçu un avis très favorable, dans ce pays ou l'appareil profite déjà d'une côte énorme.

Une décision malaisienne est attendue pour la fin de l'année, mais attention à la conjoncture (pétrole, monnaie), qui provoque quelques remous dans ce pays, entre difficultés budgétaires et soubresauts populaires (la Malaisie est marquée ces derniers temps par de grandes manifestations qui suivent plusieurs scandales politiques).
D'autant plus qu'appel d'offres oblige, le Rafale devra se défaire de ses concurrents habituels, à savoir le l'Eurofigter Typhoon de BAE/Airbus, le Gripen de Saab, ou encore le F-18 américain, s'il ambitionne de venir rejoindre la seule flotte d'Airbus A400M hors continent européen (Photo ci-dessous).

Enfin, face aux questions incessantes et insistantes de la presse, le Ministre français s'est montré quelque peu irrité : « J'ai en ce moment une grosse difficulté personnelle. Dès que je me déplace, il y a quelqu'un qui dit "il va signer un Rafale". Il m'arrive de me déplacer pour autre chose ».
Accessoirement en effet, on célébrait aussi la bonne entente et le partenariat entre les deux nations...

© Arnaud Roine

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