lundi 19 octobre 2015

Lockheed avance doucement mais sûrement sur les lasers offensifs

Photo Lockheed Martin

Le numéro 1 mondial de l'armement, l'américain Lockheed Martin a annoncé avoir réalisé 60 vols d’essai avec un avion équipé d'une nouvelle tourelle laser tactique. Il faut voir ici ce que pourrait être l'avion intercepteur du futur. 

60 vols d'essai. C'est ce qu'à réalisé le "démonstrateur" de Lockheed depuis l'année dernière. L'avion, un business jet léger en comparaison des essais du passé (lire plus bas), est "armé" d'une tourelle laser avec une capacité de rotation de 360°. Selon l'industriel, les capacités de l'appareil ont pu être vérifiées. 

Le laser, d'une puissance de 60 kilowatts est le premier d'une nouvelle génération, dont la production commence déjà chez Lockheed Martin, dans l'état de Washington. La gamme de lasers devrait même pouvoir s'étaler de 60 kW à 120 kW, selon l'emploi ou le type de menace auquel on veut répondre.

Alors si le résultat est très différent des lasers de science-fiction bien installés dans l'imaginaire collectif (pas de rayon !!!), les technologies lasers commencent à montrer une réelle utilité tactique. Ici, vitesse de la lumière oblige, le tir et l'impact sont quasiment instantanés ! Pas besoin non plus d'un projectile coûteux et consommable tel le missile guidé.
Problème, à longue portée le laser reste soumis aux aléas climatiques. Ayant besoin d'une ligne de vue dégagée, un simple nuage suffit à annihiler son effet. De même avec les différentes masses d'air, la chaleur, l'humidité, qui influent sur la concentration du faisceau.

Et ce que j'appelle laser offensifs pourraient avant toute chose avoir un grand intérêt défensif. En effet, la défense anti-missile demeure leur vocation première. Pas encore assez puissants pour percer un blindage, ils peuvent percer des plaques de métal et endommager l’électronique d'un missile ou d'un drone par exemple.

A truck is disabled by a Lockheed Martin laser weapon. Photo Lockheed Martin


Le but ? Déployer à terme ce type d'armement sur des jets supersoniques, ainsi capables de jouer le rôle de bouclier anti-missile. Un missile balistique pourrait selon un rapport américain être intercepté à une distance de 300 à 600 Km selon le type de missile.
Du côté de l'US Navy, une tourelle laser anti-missile est même déjà en expérimentation, voire en service... Lockheed Martin toujours, élabore également une version pour véhicules terrestres. 



Ces technologies laser intéressent l'armée américaine depuis les années 1980. Un laser baptisé Airborne Laser Laboratory, fut même monté sur le dos d'un KC-135A spécialement modifié pour démontrer la possibilité d'utiliser un laser à haute énergie embarqué sur un avion contre des cibles aériennes. L'appareil effectua des essais pendant 11 ans, détruisant 5 missiles air-air AIM-9 Sidewinder et un drone cible de la marine BQM-34A.

Dans la foulée, un programme fut lancé en 1994, l'ABL, pour Airborne Laser. Le laser, capable de délivrer une puissance de 1 Megawatt, était monté sur le Boeing 747  "YAL-1", avec lequel il fut testé entre 2002 et 2011.
Ce programme de  6 milliards de dollars fut abandonné en 2011. Une flotte de 7 Boeing était initialement prévue.

Le YAL-1, et son laser de 1 Megawatt sur le nez

En France, et en Aquitaine notamment, nous disposons d'une filière des lasers très prometteuse. Derrière le CEA et son laser mégajoule qui intéresse le domaine nucléaire, c'est tout un monde de la recherche ainsi qu'une industrie (cluster "La route des lasers") qui se structurent, avec des applications possibles, entre autres, dans la santé.

Même si on ne joue pas dans la même catégorie que les USA en terme de budget, peut-être est-il l'heure de commencer à réfléchir à ces armements de demain, en particulier si la doctrine de dissuasion si chère à la France veut perdurer.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire