vendredi 20 novembre 2015

Comment vivre avec la menace ? Quelques conseils pratiques

Paris, devant le Bataclan, le 13 novembre 2015

Comment vivre sous la menace d'attentats ? Il n'est pas peu dire que nous étions, nous les citoyens, mal préparés à ce qui nous a frappé vendredi. C'est pourquoi il est temps d’acquérir quelques réflexes dont voici une liste non-exhaustive.

Il était question pour moi à la base de faire une dichotomie entre "Pendant l'attaque" et "Après l'attaque" mais étant donné la nature de la menace, ce post sera divisé en 3 parties; Avant/Pendant/Après.
Oui car le risque est fort que cela se reproduise malheureusement, tant que nous serons des cibles prioritaires pour ces terroristes. Pour rappel, outre les attentats réussis il y a eu les attaques tentées mais avortées (Thalys), et pas moins de 6 attentats empêchés par les services de renseignement en 2015 en France. Il est donc du devoir de chacun d'y être préparé. 

Bien évidemment, cette intrusion violente "d' actes de guerre" dans notre mode de vie, nous ne l'avons pas demandé, mais nous sommes pourtant forcés de faire avec, nous les civils.

REMARQUE: la liste qui suit est susceptible d'évoluer au fil du temps.


- AVANT. LA MENACE AU QUOTIDIEN -


Il est impératif désormais d'être bien préparé, plusieurs initiatives et comportement permettront en cas de crise de faciliter le déroulement des opérations de secours.

  • Etre formé aux premiers secours

Seuls 15% des Français sont initiés aux premiers secours contre 95% des Norvégiens et 80% des Autrichiens ! #PremiersSecours
— On est fait pour... (@oefpseRTL) 18 Novembre 2015

Un problème français qui risque fort d'être réglé à court terme puisqu'on apprend que les demandes de formation ont explosé. C'est un bon réflexe.

  • Le don du sang, une habitude à prendre



Pour toutes les informations, rendez-vous sur www.dondusang.net

  • Enregistrer les numéros d'urgence sur son téléphone portable

En général, on connait ces numéros, mais dans la panique, rien de mieux que de les avoir rapidement à disposition.


(Remarque sans doute idiote: le 911 c'est à la télé ou aux USA seulement !!! La réflexion sur un numéro unique en France est néanmoins engagée)

De même pour l'enregistrement d'un numéro ICE (In Case of Emergency) sur votre téléphone personnel, cela aidera les services de secours
.
Pourquoi également ne pas mettre au point avec vos proches des systèmes de communication simples et rapides (une phrase type, quelques mots) pour les informer au plus vite d'un situation de crise.

Sur les réseaux sociaux également, les préfectures, services de sécurité, de transport et de secours disposent de comptes publics. Les suivre est une bonne façon de rester informé si une crise se déclenche, que ce soit un acte terroriste ou une grave accident routier par exemple.

  • Être vigilant, tous les jours

Je parle ici de pratiques qui doivent devenir des réflexes ! Oui nous n'y sommes pas habitués, peu de français aujourd'hui ont connu les affres de la guerre. Pour les plus jeunes, c'était même de la science-fiction.

Mais repérer un colis suspect, un comportement inhabituel, être à l'écoute de son environnement... sont des habitudes qui pourront peut être un jour vous sauver la vie et celle des autres.
Un exemple: marcher dans la rue avec des écouteurs et le son au maximum n'est pas quelques chose, d'une part à faire en temps normal en raison de la circulation routière par exemple, et pire en temps de crise vous l'aurez compris.

Enfin le milieu professionnel. Certains secteurs sensibles peuvent être particulièrement sujets à devenir des cibles terroristes.

Connaissez vous le plan d'évacuation de votre lieu de travail, de votre école, du cinéma ou boîte de nuit que vous fréquentez ?


- DURANT UNE ATTAQUE -


Comme vendredi 13, lorsqu'une attaque survient, c'est tout d'abord la confusion. Il convient de rapidement analyser si vous êtes dans la zone de danger ou non. Se mettre à l'abri au plus vite.

  • Se baisser, se mettre à terre

C'est LE premier réflexe à avoir, surtout si vous ne savez pas encore d'où vient l'attaque. Vous éviterez tous les projectiles, que ce soit les balles ou les débris d'explosion.
De plus, vous avez là une chance de sortir du champ de vision d'un tireur, et donc, de ne plus être une cible qui attire son attention.

  • « Courez, cachez vous, prévenez. »

Si vous êtes dans le rayon d'action de terroristes, pas de doute à avoir, fuyez. On ne joue pas au héros sans formation policière ou militaire. On ne risque pas sa vie pour une vidéo ou une photo. On court, on aide ses semblables à se mettre à l'abri, et ensuite on communique. Abandonnez vos objets personnels s'il le faut !

REMARQUE: Ne pas faire le mort ! Si vous pouvez voir les assaillants, il peuvent aussi vous voir.

Si jamais vous vous retrouvez pris au piège, il est  très important que la surface qui vous sépare des assaillants soit la plus épaisse possible, car les balles traversent le verre, les briques, le bois et le métal. Assurez vous également que votre téléphone ne fera pas de bruits.

Dans tous les cas, on ne pourra jamais prévoir ce qu'il se passe dans la panique, les comportements de chacun, ou même le vôtre.


  • Ne relayez pas d'informations non vérifiées qui favoriseront la panique

Si vous êtes témoins d’événements, ne traînez pas dans la zone de danger, cela complique la tâche des autorités et vous met en danger. Respectez les consignes.

La sécurité est plus importante que le buzz. Si vous tenez à vous rendre utile, ne relayez sur les réseaux sociaux que les messages officiels des autorités. Activités des transports, "safe-zone", tout ce qui pourra aider les personnes à se mettre en sécurité est utile.


Ne pas négliger non plus les initiatives populaires qui vous semblent déterminantes: Vendredi soir, le hashtag #PorteOuverte a peut-être non seulement permis de mettre un nombre incalculable de personnes en sécurité, certaines gravement blessées par balle, mais combien en a-t-il tout simplement permis de rassurer, de reprendre leur calme, leur souffle.

  • N'encombrez pas les lignes d'urgence sans nécessité vitale



Pas de nouvelles de vos proches? C'est dur mais soyez patient. Ne monopolisez pas les lignes d'urgence vitales pour le travail de secours.
Il y a de plus des outils qui se développent comme l'application "Facebook Security Check", déployée avec succès vendredi, et qui permettent de se rassurer mutuellement.

  • Restez chez vous. Vous êtes en sécurité ? Restez-y !


  • Ne relayez pas infos sur les actions des forces de sécurité


Oui c'est inhabituel, oui c'est impressionnant. Mais n'en faites pas l'étalage. Les assaillants sont peut être à l'écoute de tout indice qui les aidera dans leur carnage.

Cela vaut bien évidemment pour les médias, dont le comportement a été irresponsable en janvier (ils avaient révélé qu'un employé était encore avec les frères Kouachi à Dammartin, alors que celui-ci était caché dans les locaux de son entreprise). Cette fois ci, toutes les mesures ont été prises semble-t-il.



Autre vidéo: Comment sortir vivant d'une fusillade ?

Et quelques conseils puisque je n'ai pas tout dit....

Globalement, vendredi dernier, les parisiens se sont comportés avec raison, et les secours avec la meilleure efficacité possible. Les hôpitaux ressemblaient plus à ceux de zone de guerre qu'à ceux de la capitale d'une démocratie européenne.
- APRES. VIVRE AVEC LE TRAUMATISME -


Suite à une attaque, c'est l'état d'urgence, au propre comme au figuré. Les préfectures peuvent décider d'annuler des manifestations, de fermer des établissements publics tels les bibliothèques, les gymnases, les écoles et universités. De même pour les lieux de culte ou de loisirs. Restez avant tout informés ! 

Voici d'autres conseils:


  • Retrouver des proches


Si malheureusement vous êtes personnellement touché par l'événement, un numéro d'urgence viendra vous aider. A Paris, la Préfecture de police a mis en place une plateforme, sur laquelle chaque personne peut déclarer une disparition, la déclaration se faisant de manière anonyme. En plus de cette plateforme numérique, un numéro d’information et d’assistance aux victimes a été mis en place. C'est la procédure habituelle.

De plus, des initiatives citoyennes peuvent voir le jour, comme #RechercheParis, afin qu' internautes puissent aider familles et amis des victimes à obtenir des renseignement sur le sort de leurs proches.

  • Le don du sang (reconstituer les stocks)

Je ne reviens pas sur le principe, mais après une telle effervescence et surtout de telles blessures, il faut reconstituer les stocks. 

  • Ne pas négliger son traumatisme et consulter les cellules psychologiques

Si des cellules de soutien psychologique sont déployées depuis plusieurs années, même lors d'événements de taille limitée, ce n'est pas anodin. N’hésitez en aucun cas à parler du drame avec des professionnel.

Même si vous pensez en être sorti indemne, le traumatisme est peut-être latent. « Vous n’êtes pas obligé d’aller bien » !

  • Comment en parler aux enfants ?

Enfin les enfants, question sensible s'il en est... Etat totalement incompétent en la matière je ne peux que vous conseiller ces lectures: ICI et surtout ICI.

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Je m'arrête ici, et j'ose espérer avoir répondu à quelques interrogations et avoir aidé le plus grand nombre à se préparer. Cette liste n'est bien sûr pas exhaustive... et ne remplacera pas une vraie formation donnée par des professionnels ! On pourra par exemple penser aux cours de self defense...
En espérant surtout que nous pourrons tous reprendre une vie normale le plus tôt possible.


PS: Merci à Orianne, qui vit actuellement en Israël, pour ses quelques conseils.


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