mardi 17 novembre 2015

Défense & sécurité, la nouvelle donne.


Si vous connaissez un peu l'Etat et son fonctionnement, vous devez comme moi mesurer à quel point nous vivons des moments historiques. Rassemblé en congrès à Versailles, le Parlement, réunion de l'Assemblée Nationale et du Sénat, écoutait hier le discours du Président de la République François Hollande. Un discours martial, qui annonce une nouvelle donne en matière sécuritaire.

Pas besoin de faire un dessin: Etat d'urgence national, le mot "guerre" ou "France en guerre" qui revient continuellement... Nous subissons une série d'attaques sans précédent et le pouvoir a décidé d'y répondre par la fermeté. Avec semble t-il pour le moment un large consensus national derrière lui.
C'est ainsi que l'état d'urgence national et ses mesures exceptionnelles vont être prolongés pour 3 mois, que police, gendarmerie, justice et forces armées auront des moyens supplémentaires... que - surtout - la Constitution de 1958 sera révisée afin d'y inclure un nouveau régime de crise.

Tout simplement sans précédent.

Eludons directement la question des financements. Nous n'avons encore ni les détails, ni donc les chiffres qui iront avec. Seul certitude, le Président a lancé un signal fort en annonçant que le "pacte de sécurité" primait maintenant sur le pacte de stabilité. C'est on ne peut plus clair, et c'est "un surcroît de dépenses que j'assume", a t-il signifié.
L'Europe devra donc plier face à la souveraineté française, que cela plaise ou non à Berlin (qui pour l'instant acquiesce).
 
Europe qui est de toute manière appelée à l'aide, la France faisant jouer la close de l'Article 42.7 du Traité UE. Une première ! Aujourd'hui, devant le Ministre de la Défense, tous les pays de l'Union ont répondu par l'affirmative. 


Sécurité intérieure et justice: les grands moyens

Point de détails sur l'effort financier donc mais les renforts humains ont été donnés par François Hollande.
  • Police et gendarmerie: 5 000 postes. Dans les deux années à venir.
  • Douanes: 1 000, pour le contrôle des frontières. Schengen est clairement visé.
  • Justice: 2 500 personnels, notamment dans le secteur pénitentiaire.

Ces créations de postes "s'accompagneront des moyens d'équipement et d'investissement nécessaires à l'accomplissement des missions de ces forces". On peut ici commencer à rêver d'équipements modernes pour les forces de police. Notamment mitraillettes (calibre 9mm) et fusils d'assaut (5.56). Il y a encore trop de matériels obsolètes et surtout aucunement adaptés face à des armes de guerre type AK-47 ou lance roquettes.

De plus une mesure fortement réclamée dans le milieu, et qui a le mérite d'être gratuite, est le port d'arme de service autorisé en continu pour les policiers et gendarmes, y compris donc en dehors du service. Il ne serait pas étonnant qu'on y vienne.

Côté renseignement, la loi préparée et votée cette année vient à peine de rentrer en vigueur.


Armée: la fin des suppressions de postes et une Garde Nationale ?

Et dans la Défense alors ? Il est presque incroyable de constater comme en un an, la conjoncture a changé. Budget déjà réévalué et une partie de la déflation des effectifs annulée après les attaques de Janvier, c'est maintenant toutes les suppressions de poste qui sont annulées d’ici 2019, fin de la loi de programmation militaire.

9 218 postes devaient encore être supprimés dans la Défense. C'est désormais du passé.

Comme prévu, les unités opérationnelles, la cyberdéfense et le renseignement seront renforcés en priorité.
Mais face à cette offensive intensive que veut mener la France, le matériel va t-il suivre ? Il faudra vraiment injecter massivement des moyens dans le MCO de nos aéronefs notamment.

Mais revenons au territoire national. Sentinelle est revenue depuis vendredi à son niveau maximum, soit plus de 10 000 hommes, essentiellement de l'Armée de Terre.
C'est pourquoi François Hollande souhaite revoir le fonctionnement de la réserve opérationnelle afin de "mieux tirer parti des potentialités" de cette dernière. Là encore, il y a énormément de travail à réaliser quand on connaît les difficultés actuelles du dispositif. Pour faire simple il fonctionne au ralenti...

Et pourquoi pas carrément une garde nationale !? "Les réservistes sont un élément fort du lien entre l’armée et la Nation, ils constituent les éléments qui peuvent demain former une garde nationale encadrée et disponible". L'idée est déjà plus séduisante et crédible que le retour du service militaire.


Je ne fais ici que survoler les annonces faites à Versailles par le PR. Mais nul doute que les décisions et détails qui suivront viendront confirmer que nous sommes passés à un stade complètement nouveau, et je pèse mes mots. Quelques chose d'unique et encore inimaginable il y a quelques jours pour ma génération. 


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