vendredi 13 novembre 2015

La dernière mission du Super Etendard


C'est officiel le porte-avions Charles de Gaulle va, pour la seconde fois, appareiller pour rejoindre les eaux du Golfe et l'opération Chammal. A son bord des Rafale bien sûr, mais aussi un superbe appareil qui part lui pour sa dernière mission avant son retrait des forces en 2016: le Super Etendard.

Après le Mirage F1 l'an passé, c'est un autre avion mythique qui nous quittera dans quelques mois. Déjà repoussé par deux fois, le retrait des Dassault Super Etendard est prévu pour l'été 2016. Retour sur une très belle carrière dans l'aéronavale.

Véritable couteau suisse de la Marine, le Super Étendard vole depuis 1974, 40 ans donc. L'aéronavale se cherchant un nouvel appareil polyvalent, le programme fut lancé en 1973 par Michel Debré, alors ministre de la Défense, et confié à Dassault Aviation.
A la base prévu pour être une refonte de l'Etendard IV, le Super Etendard s'en éloigna très vite, en terme de capacités notamment.

C'est bien sûr chez Dassault Aviation à Mérignac qu'est assemblé l'appareil, dont les parties du fuselage arrivent de Toulouse, Biarritz, Boulogne, Argenteuil ou même Istres. 85 Super Etendard seront produits jusqu'en 1981.

Il entre en service en 1978 dans la Marine Nationale, au sein de la flottille 11F de Landivisiau.


Avant de faire totalement place au Rafale M, le Super Etendard aura connu en 40 ans plusieurs étapes de modernisation, quatre au total (1992, 1997, 2000, 2006), qui lui valent désormais de porter le nom de "Super Etendard Modernisé" ou "SEM"

L'avion aura participé à toutes les campagnes françaises des trente dernières années: Liban, Guerre du Golfe, ex-Yougoslavie, Kosovo en 1999... les SEM seront même de la première opération du porte-avions Charles de Gaulle en 2001 en Afghanistan, dans la suite directe des attentats du 11 septembre.
Petite anecdote; en Afghanistan , des Super Etendard furent positionnés quelques mois sur la base de Kandahar. Au sol donc, loin de leur porte-avions.

Dès 1985, le Super Etendard est qualifié pour la mission de dissuasion nucléaire. Le premier tir opérationnel d’un missile ASMP est réalisé le le 10 octobre 1988 à partir du porte-avions Foch.


A l'étranger, le Dassault Super Etendard aura fait les belles heures de l'aéronavale argentine, qui en commanda 14 exemplaires. Son couplage redoutable avec le missile antinavire Exocet en fit la terreur des marins britanniques lors de la guerre des Malouines. Ces appareils sont toujours en service et il fut même question ces dernières années d'un rachat des SEM français. L'argentine semble depuis avoir abandonné le dossier par manque de liquidités... 
A noter également que durant sa guerre avec l'Iran dans les années 80, l’Irak loua 5 exemplaires à la France, dont un fut abattu par la chasse ennemie.

Depuis 1978 et leur entrée en service, la Marine française aura perdu 14 appareils accidentellement, dont 5 en version SEM, crash qui auront coûté la vie à 3 pilotes. Le plus spectaculaire accident nous ramène à 2008, le 1er octobre, où 2 SEM se percutent dans la baie de Lannion en Bretagne. Un seul pilote sera retrouvé vivant.


Avec le retrait du SEM, c'est tout un pan de l'histoire aéronavale qui disparaîtra. Pour le côté "romantique" de la chose, le Super Etendard aura réalisé toute sa carrière comme contemporain du légendaire F-14 Tomcat américain, rendu célèbre par le film Top Gun (1986). Il aura même tenu une décennie de plus que le chasseur de Maverick !




Et pour les sensations fortes, RDV sur la chaîne YouTube Chasse Embarquée



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