mercredi 4 novembre 2015

Quelques difficultés de lancement pour Airbus Safran Launchers


Airbus Safran Launchers, la joint-venture des activités lanceurs spatiaux d'Airbus et de Safran, sera elle opérationnelle au 31 janvier comme prévu ? Il semblerait que les négociations traînent le pas.... Cependant le temps presse.

Alors qu'elle s'est vu signifier un contrat de 2,4 milliards d’euros pour la maîtrise d'oeuvre du futur lanceur Ariane 6, Airbus Safran Launchers (ASL), qui existe depuis le 1er janvier 2015, doit encore s'organiser.
La co-entreprise qui n'a intégré pour l'instant que 450 salariés des équipes de développement Airbus et Safran, doit en principe au 31 décembre absorber 16 usines européennes. Cette opération lui vaudra le "recrutement immédiat" de 8000 salariés !

Cependant, pour des raisons fiscales qui pourraient coûter cher à Airbus, les négociations sont ralenties afin de trouver une solution s'agissant de l'équilibrage du capital d'ASL à 50% chacun. Il manque en effet 800 millions d’euros, que Safran doit verser à Airbus. Des solutions sont actuellement envisagées (voir le détail sur le blog "Supersonique" de Vincent Lamigeon).

Autre inquiétude, exprimée cette fois par les syndicats, la répartition de la charge de travail. En effet, qui dit investissements européens, dit principe de "retour géographique", comprendre par là que chaque pays reçoit une part industrielle en proportion de son engagement dans le programme.
Et pour Philippe Gery, délégué syndical central d’Herakles (filiale spécialisée de Safran familière des bordelais), qui regrette cette dispersion de la charge industrielle, « cette JV est un facteur de complexité, avec des relations qui ne sont pas claires... ». 

La crainte d'un leadership italien dans le domaine des propulseurs semble émerger, car outre Ariane, il y aussi le lanceur Vega, petite fierté italienne.

Pour rappel, ASL doit s'atteler à une tâche ambitieuse mais réalisable. Un premier vol fin 2020 pour Ariane 6, et surtout arriver à un coût de lancement inférieur de 50% à ceux d'Ariane 5, et ce dans le but de contrer la nouvelle concurrence du privé, en premier lieu de l'américain SpaceX.
Et c'est bien de SpaceX et de sa structure industrielle "verticale" qu'ASL s'inspire désormais avec un contrôle quasi total du programme, ainsi qu'une large modernisation d'un milliard d'euros des usines existantes et le recours à des technologies éprouvées, mais aussi innovantes comme l'impression 3D qui permettra non seulement d'usiner des pièces plus facilement (278 pièces usinées pourrait être fabriquées avec 3 pièces imprimées en 3D), mais à moindre coût donc.

La confiance est de mise et c'est le PDG Alain Charmeau qui l'affirme: « Nous avons pris un engagement que nous sommes sûrs de tenir »
Aquitaine et Ile-de-France se battent même toujours (à ma connaissance) pour en accueillir le siège social. Toutes ces réponses devraient très vite nous être livrées.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire