jeudi 21 janvier 2016

Ventes, emplois... Tout roule pour l'armement "made in France"

Les premiers Rafale égyptiens, livrés en juillet 2015

Le secteur français de l'armement a engrangé près de 16 milliards d'euros de commandes en 2015. Un record ! Des chiffres qui permettent de voir venir sereinement, et même d'embaucher massivement dans les prochaines années.

Voilà la France sur la 3ème marche du podium des vendeurs d'armes, juste derrière la Russie - mais loin derrières les USA. 16 milliards donc, soit le double de l'année précédente.
Quand on se rappelle le vent de panique qui régnait en 2013 chez les industriels lors des débats autour du Livre Blanc et de la LPM...

Sur ces 16 milliards, on peut en compter - et c'est exceptionnel - 14 rien que pour l'aéronautique de défense ! Evidemment, la star de cette année restera le Rafale et ses premiers contrats export en Egypte (24), au Qatar (24), puis en Inde (36).

Les espérances ont même été dépassées en 2015 !

La clientèle venait principalement du Proche et Moyen Orient en 2015, avec les 3/4 des commandes. Parallèlement, les grands gagnants furent Dassault Aviation, MBDA, DCNS, et Airbus. 

A noter que des gros contrats emblématiques comme les Rafale en Inde (36 appareils, signature début 2016) les BPC Mistral pour l'Egypte ne sont pas pris en compte pour 2015, et viendront donc garnir un tableau de chasse 2016 déjà très prometteur où l'on espère vendre des satellites (Arabie Saoudite), des Rafale toujours (EAU), des hélicoptères (Caracal en Pologne), des sous-marins (Australie, Inde ?)... et même des chars Leclerc (Arabie) !

Lire aussi sur le blog: L'Arabie Saoudite s’intéresserait au Rafale. Faut-il y croire ?



Cap sur le recrutement

Alors bien sûr ces chiffres peuvent impressionner, mais surtout, ils rassurent un secteur qui vivait dans la crainte d'une chute des dépenses militaires de l'Etat français (enfin ça c'était "avant"). Avec de tels carnets de commandes, c'est tout une industrie et sa myriade de PME sous-traitantes qui voit son activité pérennisée à moyen voire long terme.

De quoi envisager le recrutement de 40 000 salariés dans l'armement !  En effet, on pense que d'ici 2018, le secteur emploiera plus de 200 000 personnes, contre environ 165 000 aujourd'hui.

Pour la région Aquitaine (nouvelle version), championne de l'ASD (aéronautique/spatial/défense), c'est évidemment une aubaine d'autant plus que les postes créés demeurent difficiles à pourvoir en raison de leur haute technicité. Or, la formation est justement un point fort dans le sud-ouest, avec Aerocampus par exemple.
Du côté de Dassault Mérignac et de la chaîne d'assemblage du Rafale, la cadence de production aura triplé en 2018. Avec les conséquences que vous imaginez sur l'emploi, y compris au sein des PME qui contribuent à l'aventure Rafale.

Lire aussi sur le blog: Aéronautique et spatial tirent toujours plus le Sud-Ouest vers le haut


Enfin un mot sur le plan intérieur: notons que le contexte sécuritaire de 2015 a amené une réactualisation de la LPM, impliquant des hélicoptères supplémentaires, ou encore des moyens importants pour les forces spéciales.
Aussi, la Défense a prévu d'accroître ses investissements de 2 milliards d'ici à 2019, et des parlementaires réclament même désormais un budget à 2% du PIB (soit environ 34 milliards €/an contre 31,4 aujourd'hui).


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