mardi 16 février 2016

Des hôpitaux et MSF bombardés... Encore. (MAJ)


Des tirs de missiles ont tué près de cinquante civils dans au moins cinq établissements médicaux et deux écoles à Alep et Idlib, dans le nord de la Syrie lundi 15 février. Médecins Sans Frontières, ONG internationale, a également été visée. Les hôpitaux seraient-ils devenus des cibles militaires ?

De plus, au moins neuf personnes sont mortes dans un hôpital soutenu par Médecins sans frontières à Ma’arat Al Numan, « entièrement détruit par des avions, vraisemblablement russes », selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Il y a encore des disparus. Cet hôpital de 30 lits employait 54 personnes et recensait deux blocs opératoires, un service de consultations externes et une salle d’urgences.
Les Nations unies ont confirmé ces informations et condamnent «des violations flagrantes du droit international »

On peut désormais constater une tendance très claire: les centres de soins et hôpitaux sont aujourd'hui devenus des cibles de guerre en Syrie, délibérément visés notamment par le régime et la Russie (mais pas seulement, voire autre exemple plus bas).
Alors qu'on évoquait auparavant l'erreur et le dommage collatéral, les hôpitaux en zone rebelle sont ouvertement considérés comme faisant parie du camp ennemi. Et il semble que c'était déjà le cas bien avant le début de l'opération militaire russe en septembre 2015.

Une pratique fermement condamnée par la communauté internationale: « Ces attaques meurtrières contre des installations médicales et les écoles à Alep et Idlib dans le nord de la Syrie sont totalement inacceptables » a déclaré le commissaire européen à l’Aide humanitaire, Chrystos Stylianides. De même pour le nouveau ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, pour qui il ne faire guère de doutes qu'il s'agit bien d'un « nouveau bombardement délibéré ».


Federica Mogherini, Haute représentante aux relations extérieures de l’UE soulignait elle que « un tiers des hôpitaux ne fonctionnent plus en Syrie ». Fin janvier, on dénombrait 177 établissements de santé détruits en Syrie, laissant de larges étendues du pays coupées de toute assistance médicale.

Lire aussi sur le blog: Brève histoire du dommage collatéral


Outre des hôpitaux, deux écoles ont été bombardées lundi dans la ville rebelle d'Azaz, près d'Alep. Six enfants ont trouvé la mort selon l'Unicef...


Mise à jour: L’ambassadeur syrien à Moscou, Riad Haddad, a affirmé que les États-Unis étaient derrière le bombardement de cet hôpital…
Bachar Jaafari, un diplomate syrien à l'ONU, a surrenchéri. « Ce prétendu hôpital a été installé sans la permission du gouvernement syrien par le soi-disant réseau français appelé Médecins sans frontières qui est une branche des services de renseignement français opérant en Syrie », a affirmé M. Jaafari.
L’ambassadeur français aux Nations unies, François Delattre, a exprimé « sa condamnation la plus ferme des propos révoltants du représentant du régime de Damas, qui montre une fois de plus son vrai visage. »


MSF aussi bombardé par les Etats-Unis en Afghanistan à l'automne 2015
Et le camp "russo/syrien" n'est pas le seul à viser les hôpitaux. Le 3 octobre dernier, la ville de Kundunz en Afghanistan est envahie par des combattants talibans, et les forces afghanes, appuyées par l'Otan, tentent de la reprendre. Plusieurs frappes aériennes touchent alors l’hôpital de la ville, géré par MSF, entre 02h08 et 03h15 dans la nuit. Le nombre de morts s'élève à 42, dont 24 patients, 14 membres du personnel de MSF et quatre accompagnateurs.



En théorie, cet incident n'aurait jamais dû se produire, l'hôpital étant enregistré auprès de la chaîne de commandement américaine. Chez MSF, on invoque le crime de guerre, avec même le soutien de certaines personnalités de l'ONU qui avancent que ces frappes puissent être « reconnues comme délibérées ». Les forces afghanes auraient volontairement désigné cette cible aux américains comme un poste de commandement taliban.

Plusieurs enquêtes sont en cours, à l'Otan, l'ONU, aux USA...

Un mot sur MSF, qui possède à Bordeaux une importante base logistique. MSF Logistique assure depuis Mérignac l'approvisionnement des programmes MSF (depuis l'achat jusqu'au transport à destination) en matériels et médicaments, pour des programmes courants et des interventions d'urgence (populations déplacées, épidémies, catastrophes naturelles, conflits, etc.). C'est pourquoi vous pouvez vous attendre à entendre encore parler de MSF et de droit international sur Pax Aquitania. 

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