jeudi 11 février 2016

L'Armée de l'air peut enfin faire décoller ses drones Reaper


Enfin ! Les français ont désormais le droit de faire décoller et atterrir les drones Reaper achetés aux américains et déployés actuellement au Niger pour l'opération Barkhane. En effet, ce n'était jusqu'à maintenant pas le cas !

La DGA a annoncé ce mercredi 10 février que les Etats-Unis autorisaient enfin les militaires français de l’Armée de l’air à faire décoller puis atterrir ses drones Reaper. Vous serez peut-être surpris de l'apprendre mais ils n'étaient pas encore habilités à procéder à ces manœuvres.
Des contractuels civils de l'industriel General Atomics s'en chargeaient, et une fois seulement l'appareil en vol, les commandes revenaient aux aviateurs français pour le temps de la mission (jusqu'à 25H !), qui les leur rendaient au retour de l'appareil afin de procéder à l'atterrissage.

Mais ça y est, les équipages français ont été formés aux Etats-Unis à ces phases de décollage et atterrissage. Néanmoins, les civils américains gardent la charge de la maintenance des drones.

L'Armée de l'air aligne un système de 3 drones MALE (moyenne altitude longue endurance) MQ-9 Reaper à Niamey au Niger. Elle attend un nouveau "lot cabine + 3 drones" durant l'année 2016, puis encore 2 autres systèmes d'ici à 2019. Cela portera le nombre de Reaper à 12 dans l'Armée de l'air donc. 


Une première avancée qui ouvre la voie à d'autres

Peu à peu, les pilotes français apprennent à apprivoiser ces appareils qui révolutionnent l'action française. Ne nous le cachons pas, nous avions un train de retard. Quelles sont les prochaines étapes ?

Premièrement, l'armée de l'air souhaiterait installer une charge "ROEM" (pour renseignement d'origine électromagnétique) sur les Reaper, censée leur donner de meilleurs capacités de renseignement. Un sujet délicat quand on sait à quel point les sujets touchant aux technologies de renseignement peuvent être sources de blocages, notamment avec nos alliés américains...

Piloter depuis Cognac ensuite, où est basé l'escadron Belfort qui met en oeuvre ces drones au Sahel. C'est un souhait des militaires et ce ne sera possible qu'avec la version "Block-5" des Reaper, dont nous ne possédons pas encore d'exemplaire. Et l'aval des USA évidemment.
Attention, cette éventualité est censée répondre à d’hypothétiques problèmes de fatigue des équipages sur zone, une solution de repli en quelques sortes. Il est à mon sens risqué de tomber dans une certaine facilité et ne pas localiser des pilotes de drones sur le théâtre d'opérations (voir article en lien ci-dessous), et c'est une problématique dont l'Armée de l'air m'a affirmé être parfaitement consciente.

Lire aussi sur le blog: Pourquoi il ne faut pas baser nos pilotes de drones sur le sol français


Troisièmement, baser des Reaper en France ? Déjà plus compliqué... car en effet, juridiquement la France a signé pour recevoir et mettre en oeuvre des Reaper en Afrique. Et pas en France. Donc il faut l'accord des Etats-Unis si nous voulions les rapatrier.
Et je n'évoque même pas les certifications nécessaires en Europe pour les faire voler.

Enfin, leur armement. Un rappel à ce titre: contrairement à ce qu'aiment avancer les adeptes de la très à la mode théorie du complot, non la France n'emploie pas et n'a jamais employé de drones armés ! Fin de la parenthèse.
Je le répète souvent, les langues se sont déliées ces dernières années en faveur de l'emploi des drones armés en France (comme chez nos voisins allemands ou italiens). Une solution qui arrangerait nombre de nos stratèges. D'autant plus qu'il y a là un savoir faire à acquérir avant l'acquisition d'un drone MALE européen dans les années 2020.

Mais avant d'armer des Reaper, il s'agira - vous le devinez maintenant - d'avoir l'autorisation américaine.


Photos Armée de l'air 2015

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