lundi 8 février 2016

Le Charles de Gaulle accueille des élus. Avant de passer par la Libye ?

En avant première déjà, la photo du mois de février / Marine Nationale

Des parlementaires, dont Marie Récalde, Députée (PS) de la 6ème circonscription de la Gironde,  se sont rendus ce week-end sur le porte-avions français en mission dans le golfe arabo-persique. Un navire symbole de l’engagement français contre Daesh qui pourrait voir un autre théâtre avant son retour au pays.

Le groupe aéronaval (GAN), constitué autour du porte-avions Charles de Gaulle, croise actuellement dans le cadre de la mission Arromanche 2 - partie maritime de Chammal - dans le golfe persique, alors même que le Président de la République a ordonné l’intensification des frappes en Syrie et en Irak contre le groupe Etat Islamique.


C'est dans ce cadre que plusieurs élus, tous socialistes, étaient ce week-end sur le bâtiment de la Marine Nationale pour constater l'ampleur de la tâche des marins français et aussi supporter ces derniers au noms des administrés. Il s'agit de Madame Marie Recalde, Députée de la 6ème circonscription de la Gironde - et que l'on suit donc régulièrement sur ce blog - et membre de la Commission de la Défense Nationale et des Forces Armées à l'Assemblée; de Gwendal Rouillard, Député du Morbihan; et enfin Daniel Reiner, Sénateur de la Meurthe-et-Moselle. 


Ces parlementaires sont tous particulièrement liés au monde de la défense, qu'il s'agisse des forces armées et de leur engagement, ou du monde militaro-industriel: Gwendal Rouillard est très investi en tant que rapporteur du budget de la Marine, Marie Récalde a récemment livré un rapport sur l'impact des OPEX sur le MCO (voir sur Pax Aquitania ICI), et le Sénateur Daniel Reiner est lui spécialiste des questions d'armement.

Outre les personnalités politiques, le Charles a aussi vu passer récemment une partie de la presse française, puis étrangère (anglo-saxonne), ou encore de grands pontes américains, le bâtiment français étant resté le seul porte-avions de la coalition sur zone.


La Libye pour le porte-avions sur le chemin du retour ?

Le porte-avions CDG qui terminera dans quelques semaines sa mission dans le Golfe, qu'il avait entamée fin novembre, en commençant d'ailleurs par lancer des frappes depuis la Méditerranée orientale - souvenez vous, il fallait réagir vite.

Et il se pourrait que le voyage de retour vers Toulon ne soit pas de tout repos, la faute à la situation qui se dégrade en Libye. Depuis la chute de Mouammar Khadafi en 2011 (intervention internationale), la Libye est en proie au chaos, et aucune unité politique proclamée ne semble résister bien longtemps. Pendant ce temps, le groupe Etat Islamique s'installe peu à peu, lorgnant sur les régions riches en pétrole. Il compterait sur place 3000 combattants.

Si j'évoque ici le probable rôle du porte-avions français, c'est car dans les Etats Majors - au moins français, britannique, italien et US - on semble prêt à agir. Pour preuve ces mouvements flagrants des ravitailleurs C-135 de l'Armée de l'air au large de la côte libyenne en janvier. Si les tankers sont de sortie, c'est que les Rafale de reconnaissance ne sont sûrement pas loin.
A Paris, on jure qu'aucune mission offensive n'a été menée, il ne se passera absolument rien sans décision internationale.

Un ravitailleur français non loin de la Syrie le 12/01/2016

Reste une autre question: le porte-avions CDG, navire amiral de la Marine française, va-t-il manquer aux forces de l'opération Chammal ? En effet, dans sa configuration actuelle de guerre de haute intensité (il fallait répondre fort après les attentats du 13 novembre), ce sont 26 chasseurs-bombardiers qui rentrent au pays, 18 Rafale M et 8 Super Etendard.
Sans eux, il ne restera à l'Armée de l'air qu'un grosse douzaine de Mirage (en Jordanie) et Rafale (aux EAU). C'est pourquoi certains se demandent à juste titre si la Marine ne devrait pas laisser quelques avions "à terre", comme cela avait déjà pu être le cas en Afghanistan pendant l'indisponibilité du Charles de Gaulle.

Lire aussi sur le blog: La dernière mission du Super Etendard


Pas nécessairement vital quand on sait que la France n'a mené en Syrie que 17 frappes depuis novembre*....

*Attention cependant, la France a étendu son rayon d'action à la Syrie après les attentats à Paris, mais elle... "manque de cible". Et pour contrebalancer ce faible nombre, on notera qu'elle a frappé en Irak près de 400 fois depuis un an.


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