vendredi 4 mars 2016

Deux milliards d'euros pour le futur drone de combat franco/britannique


Nouvelle étape pour le programme FCAS (Futur Combat Air System) ! Lors de la rencontre hier entre le Président français François Hollande et le Premier Ministre du Royaume-Uni David Cameron, on a pu apprendre que ministères de la défense britanniques et français allaient débloquer près de 2 milliards d'euros afin de concevoir un démonstrateur d'ici 2025.

Illustration: David Cameron et François Hollande lors du lancement du programme FCAS en 2014.

Le programme de drone de combat furtif franco-britannique, lancé officiellement en 2014, commence à prendre de l'ampleur.
Actuellement en pleine phase d'étude de faisabilité commune (budget de 150 M€), qui devrait s'achever en 2017, les dirigeants de deux moteurs militaires en Europe ont voulu passer à la vitesse supérieure. C'est donc un prototype qui va être développé, et qui devra voler d'ici 2025. Sachant que la production et l'emploi dans les forces est prévu pour les années 2030.

Le planning semble raisonnable, pour le moment. Un bilan technique sera réalisé d'ici 2020.

Lire aussi sur le blog: Le jour où la France armera ses drones


Le programme FCAS (ou SCAF en français) est piloté par les avionneurs militaires Dassault Aviation et BAE Systems, qui ont tous les deux ces dernières années développé leur propre démonstrateur, le NEURON chez Dassault, et le Taranis chez BAE. Ces deux appareils étaient avant tout destinés à prouver que l'industrie européenne ne raterait pas le wagon des drones furtifs de combat, comme elle a totalement raté celui des drones MALE*.

Thales et Selex ES sont associés pour l'électronique embarquée, Rolls-Royce et Snecma (Safran) sur la propulsion. Ce qui nous fait 6 industriels de renom embarqués dans l'aventure... tout cela supervisé par la DGA et son homologue britannique. Espérons que la coopération demeurera efficace. L'entente cordiale vous savez.  


Le projet est bilatéral mais peut-être d'autres pays voudront s'y joindre, comme ce fut le cas pour NEURON. Et si le drone de combat doit devenir une pièce stratégique pour la France et le Royaume-Uni, il faut également réfléchir en terme de marchés, et ne pas refaire les mêmes erreurs qui ont amené à dissocier dans les années 80 les programmes Rafale et Eurofighter. Une concurrence qui a pénalisé les deux avions de chasse européens.
Cette coopération sur le FCAS pourrait d'ailleurs se révéler être un test déterminant dans l'émergence d'un chasseur commun de nouvelle génération*.

A ce titre, quelles retombées industrielles ? Difficile à dire avant un - long - moment. Il s'agira surtout de prendre son temps afin d'éviter une cohue pleine d'illusions comme c'est le cas actuellement sur le marché des drones civils, où deux salons viennent d'être annulés à Lyon et Paris. On n'y parle cependant pas de programmes à 2 milliards d'euros, loin de là.
Reste que l'Aquitaine et Bordeaux semblent bien positionnés. Un indice: une première maquette du FCAS était visible sur le stand de Dassault lors du salon UAV SHOW 2014 sur la base aérienne 106 de Bordeaux-Mérignac, dont la prochaine édition se déroulera en octobre 2016. L'occasion d'avoir des nouvelles... ou de rêver un peu !



Des missiles Brimstone pour équiper les Tigre français ?

En marge de cette annonce, d'autres détails concernent la défense, ce qui n'est pas étonnant puisque britanniques et français sont engagés depuis 2010 et le traité de Lancaster House dans un processus de rapprochement stratégique sans précédent. BREXIT ou pas.

Ainsi on apprend que la Grande Bretagne entend venir soutenir la France dans l'opération Barkhane au Sahel, ainsi que dans l'opération européenne de formation de l'armée malienne EUTM MALI. Aucun détail toutefois, ces "modalités" sont en cours de discussions.

J'ai pu noter également la volonté de nos alliés outre-Manche de voir les hélicoptères de combat français Tigre se doter du missile Brimstone (ils sont pour le moment équipés du Hellfire américain). L'avenir dira si cette piste est sérieuse mais cela ressemblerait très fort à une contrepartie accordée par la France après que cette dernière ait choisi contre toute attente, et au grand dam des anglais, le drone tactique Patroller de Sagem en lieu et place du Watchkeeper de Thales, fabriqué en Grande Bretagne.

Lire aussi sur le blog: Le choix du drone Patroller profitera à Poitiers, mais...


Voir les conclusions du sommet franco-britannique d'Amiens du 3 mars 2016 ICI (en anglais).


*Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation, en parlait récemment dans le Journal de l'Aviation.

**Ce n'est pas comme si nous avions le choix, qui peut se permettre aujourd'hui le coût d'un tel programme...?


2 commentaires:

  1. Méfiance avec les anglais en ce qui concerne les futurs accord sur les programme militaire, en général cele se termine en eau de boudin. Le futur ACF avec les anglais et les Allemands, ce qui donna plutar du côté français au superbe Rafale et de l'autre côté Anglais, Allemand, Italien et Espagnol au médiocre avion Typhoon sans oublier les 200 millions € dépenser en pur perte sur les futurs porte avion que la france et l'Angleterre devaient construire ensemble.

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  2. Méfiance avec les anglais en ce qui concerne les futurs accord sur les programme militaire, en général cele se termine en eau de boudin. Le futur ACF avec les anglais et les Allemands, ce qui donna plutar du côté français au superbe Rafale et de l'autre côté Anglais, Allemand, Italien et Espagnol au médiocre avion Typhoon sans oublier les 200 millions € dépenser en pur perte sur les futurs porte avion que la france et l'Angleterre devaient construire ensemble.

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