vendredi 18 mars 2016

Les escadrilles de l'Armée de l'air, 100 ans d'Histoire !


C'est un grand moment d'histoire que l'on fêtait hier sur la base aérienne 106 de Bordeaux/Mérignac. En effet, l'Armée de l'air, et plus précisément le Commandement des Forces aériennes, commémorait le centenaire des escadrilles. Et en un siècle, la chasse a bien changé !

Il ne vous a pas échappé que la France a entamé depuis deux ans maintenant un important travail de mémoire autour du centenaire de la Première Guerre Mondiale, la Grande Guerre de "14-18". Et alors que Verdun, plus grande bataille de l'histoire militaire, est à l'honneur cette année, 1916 a également été l'année charnière de l'aviation militaire, qui était alors balbutiante (en réalité les 5 premières escadrilles ont été créées au début de 1912). C'était l’avènement des escadrilles de chasse*.

Lire aussi sur le blog: Après Cazaux, Mont-de-Marsan crée son escadre


Une cérémonie prenait donc place ce 17 mars sur la BA-106, où est basé le CFA depuis 2014, en présence de - très - nombreux officiers, élus, mais également et c'est pour ainsi dire le plus important, de vétérans. Les commandants d’escadre et les commandants d’escadron de l’ensemble de l’aviation de chasse et les fanions des escadrilles en question était présents, avec en arrière plan des appareils de l'Armée de l'air, un Rafale et deux Mirage 2000.

Passage en revue des escadrilles sur la BA-106

Onze escadrilles étaient à l'honneur, je ne les citerai pas toutes, mais on y retrouve par exemple l'emblématique escadrille La Fayette qui voyait l'armée française accueillir les pilotes volontaires américains. Des escadrilles à l'époque baptisées "N 79", ou les fameuses "SPA" ou SAL", en général les premières lettres du nom de l'appareil en service, et qui ont traversé le temps. On retrouve maintenant par exemple les escadrilles F 118 "Hibou" et F 119 "Chauve-Souris"  dans des unités aussi prestigieuses que l'escadron Poitou (Transport des forces spéciales, basé à Orléans) ou le Gascogne qui fait partie des Forces Aériennes Stratégiques (dissuasion nucléaire)avec ses escadrilles SPA 79, BR 66, et SPA 37. Les SPA 57 et SPA 65 sont elles du côté de Cazaux et de l'escadron EE 2/2 "Côte d'Or" sur Alpha Jet. Des escadrons** qui ont chacun repris les traditions de ces unités prestigieuses.

C'est donc pourquoi, en seconde partie de journée avait lieu une conférence dédiée à l'évolution de l'aviation militaire. Un hommage en deux temps, 14/18 d'abord, l'Armée de l'air de 2016 ensuite.

Et en un siècle, nous sommes passés de ceci:


A cela ! 


Et afin d'être exhaustif, voici la liste complète des avions ayant servi depuis un siècle ! Du Breguet 27, en passant par le Spitfire, le P-47, le Fouga Magister, le Jaguar, et bien sûr les Mirage III, IV, et 2000.

Sur le blog: Dassault fête son centenaire avec la "Conquête de l'Air" au Grand Palais



Mais reprenons avec quelques mots sur la première conférence, présentée par l'historien Claude Thollon-Pommerol.
Lorsque débute la Grande Guerre donc,  l'aviation militaire est à peine naissante. De plus, elle est employée à des seules fins de reconnaissance et l'affrontement est proscrit. L'armement des avions est même interdit.... L'aviation est en quelque sorte la nouvelle cavalerie.
Cependant, ces restrictions vont faire long feu et la première mission de guerre (l'avion n'est pas armé, les pilotes oui) sera menée dès le 4 août 1914. La première victoire aérienne remportée en septembre. A partir de là, très vite, les technologies, l'armement embarqué, et surtout les tactiques (la fameuse "méthode de Pau" du nom de l'école de pilotage et de manœuvres de combat) vont évoluer à une vitesse phénoménale !
A la fin de la guerre, la France possédera à elle seule pas moins de 2000 avions de chasse ou de bombardement, et 17 000 pilotes auront été formés. L'aviation aura de plus acquis un rôle décisif dans le sort des batailles, et des concepts comme l’interdiction aérienne ou le bombardement de nuit auront vu le jour.

Entre 1914 et 1918, l'aéronautique militaire française, comme on l'appelait alors, aura tout de même perdu 5500 pilotes et observateurs, soit un tiers de ses effectifs.

Absolument passionnant pour moi qui n'était pas du tout familier de cette époque. Et pour en savoir plus, je vous conseille le site de Monsieur Claude Thollon-Pommerol justement, ainsi que cet autre site faisant l'objet d'une formidable travail d'archivage, toujours en cours.


En seconde partie de conférence, le LCL Mallard, commandant la 30ème escadre de chasse (sur Rafale à Mont-de-Marsan), qui a notamment eu la chance d'être intégré pendant un temps dans un escadron de l'US Air Force sur les terribles A-10 Thunderbolt, dont on parlait il n'y a peu sur ce blog. 
Le lieutenant-colonel nous présentait lui l'aviation de combat moderne: Rafale, drones, pods de désignation, bombes et missiles guidés... et j'en passe.  Je ne m'étends pas plus sur le sujet, vous comme moi en sommes contemporains. 


Et le LCL Mallard de conclure sur la formidable évolution de la chasse durant le siècle passé, alors que l'on pense déjà l'aviation de combat de 2030 avec l'intégration de drones "UCAS", bien malin est celui qui sera capable de prédire quelle sera l'aviation de 2116 ! 

PS: Je remercie le général Soulet et les équipes du CFA pour l’invitation et l'accueil.

__________________
*Mais pas encore de l'Armée de l'air qui ne sera elle "formalisée" que le 2 juillet 1934. On fêtait d'ailleurs ses 80 ans en juin 2014 à Cazaux.

**Escadrille < Escadron < Escadre.


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