jeudi 21 avril 2016

Accord confirmé pour le Rafale en Inde. Une filière missile délocalisée sur place ?


On en parlait pas plus tard que lundi sur Pax Aquitania. Le parti au pouvoir en Inde, le Bharatiya Janata Party (BJP), a confirmé ce que les médias locaux annonçaient depuis vendredi 15 avril. Il y a bien accord sur le prix du contrat Rafale. La dernière étape avant la signature.

Les rumeurs auront comme souvent précédé l'annonce officielle, mais cette dernière n'a pas trop tardé. Le parti (nationaliste) du Premier Ministre au pouvoir Narendra Modi a officialisé ce mercredi 20 avril l'accord sur le prix du contrat Rafale indien: 36 Rafale fabriqués en France que Dassault Aviation fournira à l'Inde pour exactement 7,74 milliards d'euros (8,8 mds $).

Pour les détails je vous renvoie à l'article posté sur ce blog ce 18 avril (lien ci-dessous).

Lire sur le blog: Le prix du contrat Rafale en Inde serait enfin fixé, à 7,8 milliards d'euros


Et c'est avec cette infographie que le BJP a communiqué l'annonce officiellement. Pour les anglophiles, vous noterez le ton particulier employé par le parti nationaliste BJP, qui s'affaire à bien rappeler à quel point il a réussi à faire baisser le prix du deal de près de 3,2 milliards de dollars.



Une filière missile en Inde ?

S'il fallait un signe supplémentaire, et en attendant LA signature tant attendue par Dassault Aviation et la "Team Rafale" (officiels français + Thales et Safran), on apprenait également ce même jour que le français Sagem (groupe Safran) et l'indien OIS Advanced Technology (OIS-AT) avaient signé un MoU (protocole d'accord) dans le but de former une joint-venture chargée de fabriquer, en Inde, le missile AASM de Sagem. Il s'agit d'un des équipements phares du Rafale justement.

Combat proven, d'une extrême précision, polyvalent et utilisé tant par l'Armée de l'air que par la Marine Nationale, le missile AASM (armement air-sol modulaire) est considéré aujourd'hui comme l'un des plus performants au monde. 
Car il ne faut pas oublier qu'avec le Rafale, la France vend aussi les armements - à proprement parler - de l'appareil, des services de formation ou encore de maintenance. L'Egypte, cliente Rafale, a également opté pour le missile AASM.

Alors si ce premier contrat Rafale ne concerne exclusivement que 36 appareils assemblés à Mérignac en France, il faut voir ici le premier effet "annexe" du deal franco-indien. 
En effet, le but de l'Inde a toujours été dans cette affaire de favoriser sa grande politique du "Make in India". Dans cette optique, on peut légitimement penser qu'elle aura largement échoué puisqu'à ce jour, il n'est prévu qu'aucun Rafale ne soit assemblé sur place. En 2012, l'idée était d'en produire plus d'une centaine ! La filière missile apparaît donc comme un premier compromis*.

Le PDG de Sagem, Martin Sion, s'est bien sûr félicité de cet accord avec OIS-AT. De l'autre côté, on ne ménage pas son plaisir, tout en déclarant que le missile AASM sera la base d'une grande collaboration dans le cadre du "Make in India", probablement amenée à être élargie à moyen terme.

Pour l'Armée de l'air indienne, c'est un véritable bon en avant technologique dont on parle.

Le missile AASM de Sagem (Safran) - Ministère de la Défense

* Les AASM sont habituellement produits en France dans l'usine Sagem de Montluçon.


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