mardi 26 avril 2016

Dassault peut s'avancer en Finlande... et ne craint pas le F-35


La Finlande s'apprête à lancer le programme de renouvellement de ses avions de combat F-18. Les candidats habituels sont appelés à se déclarer, y compris notre champion national, Dassault Aviation, qui a fait le plein de confiance.

Photo: des Rafale français sur le cercle arctique en Norvège lors de l'exercice Arctic Thunder en 2014. Crédits O.Ravenel/Armée de l'air.

La carrière du Rafale à l'export étant bien lancée (Egypte, Qatar, Inde), il s'agirait maintenant d'imposer l'appareil "à l'ouest" , ce qui serait un signe fort avouons le - ce que vient par exemple de réaliser DCNS avec ce "contrat du siècle" de 34 milliards d'euros pour 12 sous-marins en Australie.
On a déja évoqué ici le Canada, la Belgique ou la Suisse. Et voilà que la Finlande engage le renouvellement de sa flotte d'avions de combat, à ce jour composée de 61 F-18C/D soit trois escadrons. Il est prévu de les retirer du service à partir de 2025.

Alors on prend les mêmes.... en effet comme à l'habitude les avionneurs occidentaux ont tous reçu une demande d'informations de la part d'Helsinki: le consortium Eurofighter pour son Typhoon, le suédois Saab pour son Gripen, Dassault Aviation chez nous pour le Rafale évidemment, et bien sûr aux USA Lockheed martin et Boeing pour les chasseurs F-35, F-18, F-16 et F-15.

Les industriels devront fournir une réponse d'ici l'automne 2016, et patienter jusqu'à l'appel d'offres prévu par les finlandais pour le début d'année 2018. Enfin la décision finale devrait tomber en 2021.
On est proche des calendriers belges et surtout suisses.

Si l'on analyse rapidement les chances des divers protagonistes, il apparaît difficile de trouver un favori. Qui en effet du voisin suédois, du traditionnel allié américain face à la Russie frontalière, ou des européens avec qui la Finlande désire une coopération industrielle, est-il aujourd'hui le mieux placé ?
Cependant, sur le plan (géo)politique, acheter américain - et furtif surtout - comme en 1992 passerait mal du côté de Moscou, qui a repris du poids stratégique depuis la chute du Mur. D'autre part, F-15, F-16 et F-18 sont clairement en fin de carrière et le F-35 n'offre pas les capacités de défense aérienne d'un Rafale ou même d'un Typhoon... C'est pourquoi à mon sens, les européens ont tous ici une excellente carte à jouer.

En attendant, on se gargarisera côté français en contemplant ce "selfie" du chef d'état-major des armées finlandais à bord du Rafale en avril 2015 lors d'une visite à Saint-Dizier.




Pour Eric Trappier, le F-35 n'est « pas au niveau »

Dans une étonnante interview toute en "punchlines" pour Challenges publiée ce 25 avril, le PDG du groupe Eric Trappier se montre plutôt confiant quand à l'avenir. Et particulièrement s'agissant d'une hypothétique concurrence entre le Rafale et le chasseur de 5ème génération américain JSF F-35.

Le dirigeant y parle de ses grands espoirs concernant 90 Rafale supplémentaires en Inde, le contrat pour une soixantaine de Rafale aux EAU, où le « le calendrier sera celui du client », mais aussi de l'opportunité canadienne ou du dévelloppement d'un système de drone de combat  sur lequel « nous sommes capables d'être aussi bons, voire meilleurs que les américains ».

Surtout, c'est le F-35 et ses prédécesseurs qui en prennent pour leur grade. Et de citer l'audit canadien qui jugeait en décembre 2014 que le JSF n'était pas un bon avion (et par ailleurs que le Rafale était tout aussi capable).
Eric Trappier souligne surtout - et à raison - qu'avec largement moins de moyens, Dassault Aviation a toujours su faire de bons choix concernant ses chasseurs, en particulier sur le côté omni-rôle, là où « pour faire ce que fait le Rafale, ils (les USA) auront besoin de trois appareils : le F-22, le F-35 et l’avion d’attaque au sol A-10 ou son remplaçant.»

Sur la coopération industrielle enfin, Eric Trappier compte sur un réveil européen: « Beaucoup de pays sont en train de se rendre compte de la stratégie américaine : vous cotisez auprès de l’Otan, et le retour industriel passe intégralement aux Etats-Unis. Les Européens embarqués dans le F-35 travaillent sur le programme, admis comme sous-traitants. C’est un cercle vicieux : les Etats-Unis ne transfèrent pas de technologie, et vous vous retrouvez dépendants d’eux, car vous n’avez plus les moyens technologiques de développer vos propres matériels. Vous ne pouvez donc plus être présents sur le coup d’après. »


En tout état de cause, le Rafale est aujourd'hui un avion qui compte réellement, on le retrouve même presque quotidiennement à l'affiche  des rapports de missions du commandement de la coalition contre l'OEI en Irak/Syrie, à l'égal des américains.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire