lundi 11 avril 2016

Exploit, SpaceX récupère son lanceur ! Pendant ce temps, Ariane 6...


Première mondiale, et peut être une petite révolution dans l'aventure spatiale ! L'américain SpaceX a enfin réussi à récupérer en mer, et quasiment intact son lanceur Falcon9 après un lancement. Des images impressionnantes.

Vendredi en fin de soirée, heure française, lancement déterminant pour l'opérateur privé SpaceX depuis Cap Canaveral en Floride. La société du milliardaire Elon Musk a en effet pour tâche d'assurer le lancement du module Dragon, qui doit ravitailler la Station Spatiale Internationale. Et la pression est là, puisque la dernière mission avait été un échec il y a neuf mois.
Le lancement se déroule sans accroc, mais le meilleur est à venir. Environ 10 minutes plus tard, seulement 2 minutes après le largage, le premier étage de Falcon 9 (70 mètres tout de même), vient délicatement se poser sur une barge à 200 km de la côte américaine. 

C'était la cinquième tentative de ce type. Enfin la bonne. Le centre de commande ne cache alors pas sa joie, et les ingénieurs entonnement le fameux "USA, USA, USA !".
A vrai dire, pour avoir suivi l'événement en direct sur le site de SpaceX, les images sont absolument impressionnantes, et l'on sent bien à cet instant qu'une étape importante a été franchie.


Même le président des USA, Barack Obama a félicité SpaceX pour ce succès dans un message sur Twitter : "Félicitations à SpaceX pour avoir posé une fusée en mer. C'est grâce à des innovateurs comme vous et la Nasa que l'Amérique continue à dominer l'exploration spatiale". Justement nous allons y revenir.

De son côté, Elon Musk, patron de SpaceX, se réjouit bien évidemment du succès, mais l'envisage seulement comme une étape vers une réduction des coûts de lancement par... cent ! "Je pense que c'est une bonne étape pour l'avenir des vols spatiaux car cela réduira les coûts (...) On a prouvé que ça pouvait marcher".
Le premier étage Falcon 9, après reconditionnement, pourrait de nouveau être opérationnel en 3 mois. Cependant, dans le meilleur des cas, la société espère pouvoir réutiliser un même lanceur "usagé" avec des délais réduits à quelques semaines. SpaceX avait déjà récupéré un lanceur, mais sur terre, et donc dans des conditions bien moins compliquées vous l'imaginez.

Lire aussi sur le blog: SpaceX frappe fort en récupérant son lanceur. Quid des européens ?


S'agissant de la mission initiale, la capsule Dragon, importante pour l'ISS (3,1 tonnes d'approvisionnement et un nouveau module habitable gonflable de 1,4 tonne),  s'est amarrée comme prévu ce dimanche soir.


Pendant ce temps, Ariane 6...

Outre son caractère passionnant, le domaine aérospatial est aussi tout particulièrement déterminant pour l'Europe, la France, et en particulier notre Région. Et quand on sait qu'un programme comme Ariane 6 emploiera près 6 000 personnes, il s'agit de ne pas faire d'erreur stratégique dans le développement de ce lanceur. 

Et trois jours à peine avant l'exploit de SpaceX, l'ambiance était à l'inspection générale du côté d'Airbus Safran Launchers (ASL) sur le site des Mureaux (78), où est assemblé Ariane 5, et où le sera également son successeur. La nouveauté en revanche, c'est qu'Ariane 6 sera monté à l'horizontal dans une future usine de 20 000 m².


L'objectif est pour Ariane 6 de décoller en 2020, pour débuter sa carrière commerciale un an plus tard et atteindre son plein potentiel en 2023. A des prix deux fois moindres qu'avec l'actuel Ariane 5. Et selon le directeur du programme Patrick Bonguet, "Ariane 6 offrira deux fois plus de masse et de volume que le Falcon 9 pour au moins deux fois moins cher". Ambitieux...

Si tout semble en ordre de marche pour atteindre les objectifs industriels, Ariane 6 aura d'une part besoin de l'approbation de l'Agence Spatiale Européenne, l'ESA, mais surtout d'être "débarrassé" de l'enquête de la Commission Européenne sur la libre concurrence (rapport à la joint-venture Airbus Safran Launchers) qui pourrait éventuellement, dans le pire des cas surtout, ralentir les processus. Un excès de zèle de Bruxelles qui en off, a le mérite d'irriter certains hauts dirigeants...

Quoiqu'on en dise à cet instant T, et malgré les ambitions européennes affichées, on ne pourra pas nier que le secteur privé américain possède quelques jolis coups d'avance, et également aussi un grand mérite: celui de faire rêver le grand public.


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