jeudi 19 mai 2016

Le drone de combat NEURON débute ses essais en mer



La Direction générale de l’armement annonce qu'elle vient de lancer la réalisation d’une nouvelle campagne nationale d’essais en vol du démonstrateur technologique de drone de combat NEURON. Il s'agit cette fois d'essais dans un environnement marin, avec le porte-avions Charles de Gaulle.

Depuis mardi, le "nEUROn" vole de nouveau à Istres. Ce démonstrateur d'un programme de recherche sur les drones de combats furtifs mené par six pays européens et dont le maître d'oeuvre est Dassault Aviation, entame ici sa quatrième campagne d'essais.

En effet, depuis ses premiers vol à Istres en décembre 2012 (123 vols depuis), le NEURON a aussi mené des essais dans des pays partenaires du programme l'année dernière, comme en Italie concernant la furtivité, et en Suède avec de l'armement embarqué. La légende veut qu'il ait aussi volé en Gironde entre 2012 et 2015, mais j’avoue n'avoir aucune confirmation de cette information...
Dans sa courte carrière, le drone aura pu côtoyer les Falcon et Rafale de Dassault, mais aussi le Gripen suédois de Saab et l'Eurofighter.

De retour en France, le centre DGA Essais en vol, qui supervise cette campagne, a cette fois pour but de tester et d'étudier l’utilisation d’un drone de combat dans un contexte naval.



Quelques mots qui changent tout...

Attention ! Oui la DGA a annoncé que la campagne du NEURON comprendrait des essais à la mer avec le porte-avions Charles de Gaulle. Mais il me semble important de bien rappeler que non, le démonstrateur n'a pas été conçu pour l'appontage ou le catapultage depuis un porte-avions, chose qui demanderait une conception autrement plus... renforcée.
Masse, structure, poussée, train d’atterrissage... On ne "navalise" pas un aéronef si facilement ! Dans le futur peut-être... Français et britanniques ayant pour projet de faire un drone de combat (le FCAS) particulièrement autonome et polyvalent.

Pour ce qui est de cette campagne en mer, un simple "touch and go" sur le Charles de Gaulle serait déjà une prouesse. Et surtout une belle surprise !

En revanche, l'intérêt est grand concernant l'évolution de ce système de combat dans un environnement naval, coordination avec le porte-avions ou les frégates par exemple.

Si je précise cela, c'est que certains médias généralistes - y compris américains ! - annoncent déjà que la France va développer cette capacité dans les prochains jours. C'est une erreur.
Le seule prototype de drone de combat ayant jamais réussi une telle manœuvre étant le X-47B américain de Northrop Grumman, qui dans une version navalisée (photos ci-dessous), a réussi en 2013 deux appontages sur l'USS Harry S. Truman, en quatre tentatives. L'US Navy ne tablait que sur une réussite seulement.


Le X-47B sur l'USS Harry Truman en 2013 (Cliquer pour agrandir)






Cette campagne, positive donc, menée par les USA en 2013 font de cette nation la seule aujourd'hui à avoir pu opérer un drone de combat furtif depuis un porte-avions.  


Dès l'automne, le NEURON prendra la direction de la Bretagne (DGA Maîtrise de l’information) pour une campagne de mesures de signature électromagnétique qui l'occupera jusqu'à la fin de l'année. Peut-être la fin de sa carrière - à ce stade le démonstrateur a déjà donné plus que prévu - qui aura été non seulement une grand bon en avant européen, mais aussi une formidable vitrine du savoir faire français.


Photos: Dassault Aviation pour le nEUROn, US Navy pour le X-47B.


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